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RACE NORDIQUE

Le premier de ces types est caractérisé par un crâne allongé , dolichocéphale , une face longue, étroite, un nez droit, mince, aquilin, une grande taille, des yeux bleus, des cheveux blonds, une peau rosée.

(1) Voir, pour la bibliographie : Deniker (J.), Races etpeuples de la terre. Paris, 1900, — et surtout : Ripley (W. Z.), The Races of Europe, Londres, 1900.

(2) Tous les Européens sont des Blancs, sauf les Lapons ; ils appartiennent tous à Y Homo sapiens albus (voir p. 73). C’est ce groupement, espèce ou race, peu importe, qu’il s’agit de subdiviser en races ou sous-races.

DES HOMMES FOSSILES AUX HOMMES ACTUELS

Fig. 202. — Représentants des trois types physiques européens,

vus de face et de profil.

En haut, race nordique (Norvégien). Au milieu, rac e alpine (Autrichien). En bas, race méditerranéenne (Sicilien). (D’après Ripley.)

DES HOMMES FOSSILES AUX HOMMES ACTUELS

Il est répandu actuellement dans le Nord de l’Europe, autour de la mer du Nord et delà Baltique, en Ecosse, dans le Nord et l’Est de l’Angleterre, l’Est de l’Irlande, dans les Flandres, en Hollande, au Danemark, dans l’Allemagne du Nord, les provinces baltiques de la Russie, le littoral finlandais, et surtout en Norvège et en Suède. On le rencontre également, moins pur ou à l’état d’îlots sporadiques, sur une large bande entourant extérieurement l’aire précédente, notamment, en ce qui concerne notre pays, dans le bassin de la Seine, en Normandie, dans le Sud-Ouest.

Ce type est celui que le grand naturaliste suédois, Linné, avait sous les yeux quand il a parlé de son Homo Europaeus. On pourrait, avec certains anthropologistes, conserver cette expression en la limitant à la fraction humaine que je viens de définir. Mieux vaut, je crois, pour diverses raisons, se servir du terme nordicus de Deniker. Et, si l’on voulait désigner correctement ce premier type, dans le sens monogéniste, il faudrait dire : Homo sapiens albus nordicus. Pour la commodité du langage, et sans rien préjuger en matière de monogénisme ou de polygénisme, nous dirons simplement : Homo nordicus. Mais il est utile de savoir que correspondent plus ou moins bien à cette désignation : la race Scandinave , la race teutonique de Ripley, ou germanique de nombreux auteurs, la race kymrique de Broca, Y Homo Indo-europaeus dolichomorphus nordicus de Giuffrida-Ruggeri, etc.

RACE Le second type est également carac-

MEDITERRANÉENNE. térisé par un crâne dolichocéphale,

une face longue et étroite, mais ici la taille est petite ou moyenne, le corps grêle, le nez plus large, souvent retroussé ; les yeux sont très foncés, les cheveux noirs ou bruns; la peau est basanée.

Il occupe actuellement tout le pourtour et les îles de la Méditerranée : Péninsule ibérique, Sud de la France, Provence, Corse, Sardaigne, Italie au Sud de Rome, Sicile, littoral de la mer Egée, Afrique du Nord. On le trouve, mélangé ou à l’état sporadique, sur le littoral océanique français et dans l’Ouest des Iles Britanniques, notamment dans le pays de Galles.

On le désigne souvent sous le nom très expressif d'Homo medi terraneus , correspondant au rameau méditerranéen de Sergi, à VH. meridionalis de Wilser, à Y Homo Indo-europaeus dolichomor-

phus mediterraneus de Giuffrida-Ruggeri, à la race ibéro-insulaire de Deniker, aux Ibères des historiens (1).

RACE ALPINE. Le troisième type est aussi de taille

petite ou moyenne, mais trapu et à tête ronde ; la face est large, arrondie ; le nez est plutôt large, les yeux sont brun clair ou foncé, les cheveux noirs ou châtains. Pénétrant comme un coin entre les deux autres, il occupe aujour-

Fig. 203. — Carte très schématique de la distribution des trois principaux types humains européens. (D’après Ripley et Madison Grant.)

d’hui la plus grande partie de la Russie, de l’Asie mineure, des Balkans, de la Bohême, de la Suisse, les Alpes occidentales, le Massif central de la France, la Bretagne, le Sud-Ouest et la côte cantabrique, l’Italie du Nord.

C’est V Homo alpinus des anthropologistes modernes, ou Y Homo Indo-europaeus brachymorphus alpinus de Giuffrida-Ruggeri, la

(1) On peut distinguer, avec Deniker, au titre de sous-race ou de sous-type, un groupement atlanto-mécLd erranéen, mésocéphale et de grande taille, localisé sur quelques points du littoral atlantique et méditerranéen de la France, de l’Espagne et de l’Italie du Nord. Je le mentionne ici, parce qu’on a voulu y voir une persistance de la race de Cro-Magnon.

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race occidentale ou cévenole de Deniker, les races celtique ou rhétienne , celto-slave , arverne , laponoïde, arménoïde , de divers auteurs .

11 va sans dire que cette distribution géographique actuelle des trois principaux types physiques, qu’on est parvenu à dégager du bariolage ethnique européen, n’est que schématique. Leurs limites sont loin d’être tranchées ; il y a des transitions insensibles d’une région à la région voisine ; il y a aussi des pénétrations de toutes sortes, des îlots noyés dans une masse différente. Il y a surtout d’innombrables combinaisons de caractères, produisant des passages graduels d’un type à l’autre, et nous avons vu qu’il ne saurait en être autrement. Mais, pour le but que nous cherchons à atteindre, il faut prendre les choses en grand. A cet égard, j’estime que le dégagement et la mise en lumière de ces trois principaux types physiques constituent une réelle conquête de l’anthropologie européenne.

En somme, comme le montre la carte ci-jointe (fig. 203), leur répartition suit les grandes lignes de la géographie physique de notre continent, tandis qu’elle est tout à fait indépendante de la géographie politique. Les trois dénominations que nous adoptons : nordique , méditerranéenne , alpine , traduisent bien cette répartition. Le Nordique est l’Homme des contrées septentrionales, au climat rude, aux horizons embrumés, aux pâles et longues nuits ; le Méditerranéen, des contrées méridionales, est aussi le produit de son milieu au climat chaud, au soleil brillant, à la vie facile ; l’Alpin est le résultat d’une adaptation très ancienne aux régions montagneuses ou ingrates. Chacun de ces trois types physiques présente également des caractères psychiques sur lesquels il n’y a pas lieu d’insister ici et qui ressortiront de la suite de cet exposé.

Après cette digression, dont le lecteur ne tardera pas à comprendre toute l’utilité, revenons à notre principal sujet.

PÉRIODE HOLOCÈNE. La période holocène, à laquelle nous

SES DIVISIONS. sommes arrivés, mérite bien l’épithète

d'actuelle que les géologues lui donnent également. C’est la même topographie qu’ aujourd’hui ; ce sont les mêmes animaux et les mêmes plantes sauvages, auxquels s’ajoutent

maintenant les animaux domestiques et des plantes cultivées. La civilisation nouvelle est vraiment l’aurore des civilisations historiques. Elle coïncide avec l’arrivée en Europe des premiers Hommes à tête ronde, des Brachycéphales.

Les coupures géologiques, paléontologiques et anthropologiques concordent parfaitement et, dès les débuts des études préhistoriques, nous l’avons vu, elles furent comprises et nettement établies. Le Pléistocène des géologues, c’est le Paléolithique des préhistoriens; l’Holocène des géologues commence exactement avec le Néolithique des archéologues. On le divise de la manière suivante :

j Temps historiques.... textes.

Holocène ou Actuel. J Époque 1 c^u FERl

((, ,, ' A^e du BRONZE.

vdes métaux. *

... . ' A£e du CUIVRE.

Temps préhistoriques. ; &

jÉpoque NÉOLITHIQUE ou de la

\ pierre polie.

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