DE L’EUROPE
Il semblerait qu’après avoir traité des Hommes fossiles de l’Europe, la plus grande tâche restât à accomplir, puisque la superficie de notre continent est bien petite par rapport à la surface totale de la terre ferme. La vérité, c’est qu’en dehors de notre pays et des pays voisins, la Paléontologie humaine est d’une lamentable pauvreté.
Certes, dans le monde entier, on a recueilli les témoignages archéologiques d’un passé antérieur à l’histoire et remontant souvent aux temps géologiques ; mais, en dehors de l’Europe, aucune contrée ne nous a livré un ensemble de faits comparable à celui que je viens d’exposer. La plupart des documents archéologiques consistent maintenant en trouvailles isolées, éparses; ils proviennent de gisements peu étudiés au point de vue stratigraphique ; leur chronologie relative est donc loin d’être établie, sauf dans quelques rares localités. Et c’est ici qu’il y a lieu de redoubler de prudence dans l’interprétation des faits ethnographiques et de se rappeler que ressemblance ne veut pas toujours dire synchronisme ou descendance. Sur certains points d’un continent, l’âge de la Pierre paraît remonter dans le passé aussi loin qu’en Europe ; sur d’autres points du même continent, cet âge s’est continué jusqu’à nos jours.
La documentation paléontologique est encore plus réduite que la documentation archéologique. Nous ne possédons presque rien en fait d’Hommes fossiles. D’assez nombreuses découvertes de crânes ou de squelettes ont été faites, notamment dans les deux Amériques. Elles n’ont pas la haute antiquité et l’importance qu’on
avait cru pouvoir leur attribuer : la plupart n’ont pas résisté à la critique, de sorte que l’inventaire de la Paléontologie humaine nous apparaît, en dehors de l’Europe, comme des plus misérable.
Je vais le présenter à grands traits, en examinant successivement l’Asie, l’Australie, l’Afrique et l’Amérique.