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(2) Voir notamment : Mochi (A,), Nota preventiva sut Diprothomo ( Revista del Museo de La Plata , XVII, 1910). — Appunti suiJa Palæontologia argentma (Arah, per l’Antrop. e l'EtnoL, XI, 1910).
TETRAPROTHOMO. H me reste à dire un mot de trou¬
vailles plus extraordinaires encore et qui dateraient de l’Hermoséen (Miocène pour Ameghino). Le Musée de La Plata possédait depuis longtemps un atlas ressemblant à un atlas humain, mais de petite taille et de forme trapue. Cet os aurait été extrait de la falaise du monte Hermoso. En 1908, Ameghmo (1) le décrivit longuement et en fit le type de son Tetra prothomo argentinus. Il y avait été incité à la vue d’un petit fémur provenant de la même localité et qu’il rapportait également au genre Tetraprothomo enfin retrouvé.
C’était un nouveau rêve ! Lehmann-Nitsche reconnut immédiatement que l’atlas est plus humain que simien et il l’attribua à un Homme primitif, d’âge tertiaire, V Homo neogeus , Vint ensuite Hrdlicka, qui montra clairement, au moyen de nombreuses comparaisons, que toutes les particularités offertes par l’atlas du monte Hermoso l’éloignent considérablement des atlas de Singes et ne s’écartent pas des limites de variations qu’on peut observer sur des atlas d’indiens modernes.
Quant au fémur, on ne saurait l'attribuer ni à un Homme, ni à un Primate, mais à un Carnassier et probablement à un Félidé,
Il est vraiment pénible de voir un naturaliste de la valeur d’Ameghino terminer sa carrière scientifique, si méritoire à divers égards, par une série de travaux où se révèlent à la fois une imagination déréglée et une interprétation tout à fait bizarre des données de la morphologie.
CONCLUSIONS. Que conclure de la masse de faits
que j’ai cru devoir exposer assez longuement? Une première réponse est facile : les théories générales d’Ameghino sont radicalement fausses et l’on n’a jamais trouvé dans l’Amérique du Sud le moindre débris d’un Hominien fossile différant des Hommes actuels. Peut-on nier également l’existence, à l’époque pléistocène, d’Hommes fossiles iincêtres directs de ces Hommes actuels? Oui, répondent énergiquement beaucoup de savants, notamment Hrdlicka et ses collaborateurs des Etats-Unis. Pour eux, rien, absolument rien, ne permet, à l’heure
(1) Ameghino (F.), Notas préliminaires sobre el Tetraprothomo argentinus , un precursor del Nombre (Anales del Museo de Buenos Aires , XVI, 1908).
actuelle, de proclamer l’existence de l’homme fossile sud-américain, La preuve n’est pas plus faite ici que dans l’Amérique du Nord,
Cette opinion me paraît trop absolue. Il est permis d’être moins catégorique en présence d’arguments si contradictoires. D’une part, en effet, comment ne pas être frappé par le contraste de l’abondance des squelettes humains dans les terrains pampéens et de la' pénurie des trouvailles archéologiques en place dans ces mêmes terrains? C’est exactement le contraire de ce qui a lieu en Europe, o ii les ossements humains vraiment fossiles sont rarissimes par rapport aux innombrables documents archéologiques. Et comment ne pas être impressionné défavorablement par cette constatation qu’en dehors de quelques cailloux cassés ou éclatés, de quelques os fendus ou striés, sans valeur démonstrative, l’industrie des prétendus Hommes fossiles est identique à celle des Indiens modernes? Le fait paraît incompatible avec ce que nous apprennent les autres régions du globe les mieux étudiées, et où révolution industrielle dans le temps nous apparaît comme une loi générale.
Mais, d’un autre côté, parmi tant de trouvailles, il en est dont la critique n’est pas facile et qui ont pour elles les témoignages de véritables savants. Comment les rejeter de parti pris, parce qu’elles ne paraissent pas conformes à des idées a priori ?
Que restera-t-il de toutes les « découvertes » d’Ameghino? Beaucoup moins certainement que ne le croient quelques fervents admirateurs, plus probablement qxie ne disent ses impitoyables détracteurs. Il est à souhaiter que les jeunes naturalistes de l’Amérique du Sud. apportent un esprit nouveau, dégagé de tous liens antérieurs, à la solution des problèmes si intéressants qui se posent dans leur pays.
Pour le moment, et pour dire le fond de ma pensée, il semble bien que dans l’Amérique du Sud, comme dans T Amérique du Nord, l’Homme est beaucoup plus ancien que ne le croient beaucoup d’anthropologistes et qu’il faut faire remonter le peuplement du Nouveau Monde au moins à l’aurore des temps géologiques actuels.