MONDORI
Né à Orléans, dans le XVII e siècle, il était à la fois le directeur et le plus célèbre comédien de la troupe du Marais; c'était lui qui faisait les annonces et les petits discours dont on les accompagnait. Le véritable goût de la déclamation était encore ignoré; on brillait au théâtre par un jeu forcé, des éclats de voix ridicules et des efforts violents du poumon. Il parait que Mondori, qui tenait le premier rang parmi les acteurs tragiques, avait outré ces défauts. Il mourut d'une attaque d'apoplexie en exprimant d'une manière exagérée, sans doute, les fureurs d'Hérode, dans la tragédie de Marianne, par Tristan.
Mondori était de moyenne taille, mais bien prise ; il avait la mine haute, le visage agréable et portait de petits cheveux coupés, avec lesquels il jouait les rôles de héros sans avoir jamais voulu mettre de perruque. Scarron, dans son Roman comique, fait dire a la Rancune que BeUerose était trop alTecté, Mondori trop rude et Floridor trop froid. Le prince de Guéménée disait de lui : Homo non periit, sed periit artifex.
Il faisait aussi des vers, et a composé d'assez jolies épigrammes sur la tragi-comédie du Trompeur puni, de Scudéry. Il fut beaucoup regretté, et l'abbé de Marolles dit qu'il s'abstint d'aller voir les acteurs, depuis que Mondori a fini ses actions qui charmèrent tout le monde.
M. Jarry, d'Orléans, possède, dans sa riche collection, une lithographie d'Hippolyte L..., représentant cet acteur dans le costume de Tristan.
Ciu-P. L.
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