‹ Les Hommes illustres de l'Orléanais (volume 3)Chapitre 6 sur 51 · GB.-F. L · texte numérisé non relu

GB.-F. L

GAUTRUCHE (Piereb), jésuite.

Hé k Orléans en 160S, baptisé sous le nom de Pierre , bien qu'il prit quelquefois dans ses ouvrages celui de D^s, ce savant théologien entra dans la société des Jésuites, contre le vœu de sa &mille. Suivant l'usage de son institut , il professa successivement les humanités, la phiIo6(^hie, la théologie et spécialement les mathématiques, dans lesqudies il fit des progrès remarquables.

Ayant é(é envoyé à Ca^ , pour enseigner, il se lia avec Huet., évéque d'Avranches. Ce savan^t prélat, tout en rendant justice k ses travaux, le caiçaetérise cependanten lui donnant le titre de vir diffusœ erudùionis.

Le P. Gantruche eut un instant la velléité de se livrer au ministère de la chaire; mais il eut la bonne foi de reconnaître qu'il ne pourrait y obtenir de grands succès , et renonça pour toujours à marcher sur les traces des Delarue et des Cheminais. Son grand mérite fut de connaître sa mesure en se livrant presque exclusivement k la composition des livres élémentaires, alors assez rares, et cependant nécessaires aux collèges de son ordre. Ce religieux, qui avait blanchi près de quarante ans dans la poussière «des classes, s'était tellement formé au^ exercices littéraires et aux différents emplois des collèges qu'il semblait n'être propre k aucun autre; il sortait de sa sphère lorsqu'il voirait s'en écarter. Ses cours de mathématiques et de philosop|>ie eurent un certain débit, s'il faut en juger par le grand nombre des éditions. D paraît qu'on n'avait alors en France rien de meilleur en ce genre que V Histoire sainte et V Histoire poétique , du P. (^autruche. Depuis que les connaissances relatives aux études préliminaires ont acquis plus de précision et de clarté, ses ouvrages ont cessé d'avoir de la valeur. La treizième édition de V Histoire sainte est de 1706. Ce laborieux écrivain mourut en 1681 , préfet des classes au collège de Caen. On^ de lui, outre les ouvrages que nous avons cités : Y Histoire poétique pour Vintelligence des poètes et des auteurs anciens ^ précis méthodique de toute la mythologie, adopté dans les collèges avant VAppendix, du P. Jouvenci. L'abbé Bellegarde fit paraître une dix-huitième et dernière édition de VHistoire poétique, de Gautruche. C'est un succès que très-peu d'historiens ont obtenu.

L^abbé PATAim (». «}.

LEFÈVRE (Nicolas), de Vordre des Frères Prêcheurs, docteur en théologie.

Le P. LeCèvre , qui a fait beaucoup d'honneur k son ordre par sa piété, sa science et ses ouvrages, naquit dans le XSb siècle, k Mont-

32 LES HOIDfBS ILLUSTRES DB L'ORLÉANAIS.

fiMTt PAmanry , d'une famUle qui ét^t originaire de Chartres « où ses ancêtres avaient vécu.

Sa famille était alliée k celle desd'AHgre. Il fut élev^ à Chartres et y lit ses premières études. H y reçut Thabit de frère Prêcheur des mains du P. Jean Breton, et prononça ses vœux dans le couvent de Saint- Jacques, l'an 1604,àr&gede 16 ans. D en sortit alors pour aller k Paris étudier là philosophie, sous le père Sébastien Dominique. Sa thèse de tentative fut dédiée par lui au chapitre de Chartres. Enfin il reçut le bonnet de docteur de la Faculté de Bourges. L'an 1624, il était prieur du couvent d'Angers et assista en cette quahté au chapitre de la province de France, qui fut tenu à Chartres. U fut un des six prédicateurs et un des présidents des. disputer. Il présida aussi aux processions et célébra les messes solennelles. Le jour qu'il présida k la dispute , la thèse de son répondant était dédiée aux chanoines de J'église cathédrale. Comme cette assemblée fut fort célèbredans l'ordre des frères Prêcheurs, par le grand nombre des religieux qui s'y trouvèrent (ils étaient environ 260) , par leur piété, leur science^ leur mérite et par les règlements qui y furent faits, les supérieurs ordonnèrent au P. Lefèvre d'en écrire l'histoire , ce qu'il exécutif en peu de temps. ^

U fit imprimer son ouvrage sous ce titre : Agematologie, c'est^^ dire discours de l'assemblée du 'chapitre provincial de la province de France, de l'ordre des frères Prescheurs, dressé parFr. Nicohs Lefèvre, docteur en théologie et religieux duméme cout?«ne.(Angers,in-8«, 1625.)

L'auteur, par reconnaissance, dédia ce livre k MM. les maire et échevins de la noble ville de Chartres.

D. Liron remarque que le P. Lefèvre est très-diffus dans ce Uvre. a n emploie la moitié , dit-il , k des matières qui ne regardent pas a directement son sujet. Il ne parait pas fort exact, rapportant quel- <v quefois les mêmes faits différemment. Il s'est beaucoup étendu, sans f( nécessité , sur la dévotion du rosaire. »

Le P. Lefèvre eut une vie très-active, et remplit successivement presque tous les emplois de son ordre.

n fut fait prieur du couvent de Chartres en 1625 et fut continué plusieurs fois dans son triennal. Ayant été établi prieur k la Rochelle,

il y fit rebâtir le coayeot de son ordre, qui avait été détruit par les hérétiques. En 1650 , il fut député comme définiieur, pour la province de France, au chapitre général tenu k Rome. Il revint enfin à la Rodidle, où il mourut , en 1655 , âgé de 65 ans.

Le P. Lefèvre a composé un grand nombre d'ouvrages. Le long séjour qu'il fit â Chartres lui permit d'examiner les archives et les manuscrits du couvent de Saint-Jacques, dont il publia les annales chez Claude Peigné , imprimeur de Chartres (1657, m-8o).

D dédia ce*livre â Léonor d'Etampes, alors évêque de cette ville. D. Liron critique cet ouvrage, dont il relève les erreurs et les inexactitudes avec une sévérité où perce peut-être un peu de jalousie contre un ordre rival. Il parait ne faire aucun cas des deux premiers ouvrages du P. Lefèvre et ne se donne pas la peine d'apprécier ses Traités théologiques, son livre des Guérisons tniraciUeuses opérées dans régltse de Chartres, sa Défense du rosaire, non plus que sou Manuel d'histoire ecclésiastique. U reconnaît cependant au P. Lefèvre un talent remarquable pour la prédication , et mentionne les succès qu'il a obtenus dans plusieurs grandes villes du royaume.

THIERS (Jean-Baptiste), théologien.

Né à Chartres, en 1656, de parents peu favorisés de la fortune, Thiers commença ses études au collège de sa ville natale; il alla aisuite les continuer k Paris , où il se distingua tellement dans les humanités et dans la philosophie , qu'k l'âge de vingt-deux ans il était professeur de seconde au collège du Plessis. H fut bientôt maitre-ès-arts et obtint ensuite le degré de bachelier en théologie. Ses talents et son immense érudition eussent pu l'élever aux premières dignités ecclésiastiques; mais il ne posséda jamais d'autre bénéfice que la cure de Champrond-en-Gastine, au diocèse de Chartres , qu'il permuta ensuite avec celle de Vibraye, diocèse du Mans. Ce fut Ik qu'il mourut, en 1705, à l'âge de soixante-six ans.

Thiers vécut, pour ainsi dire, étranger au monde, et ne fut guère connu que par sa passion pour l'étude et pour la science. Sa vie présente peu de faits remarquables; elle est tout entière dans les livres

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