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SEURRAT DE LA BOULA YE

Entre les hommes distingués que les Etats-généraux de 1789 tirèrent du fond de leur province , l’Orléanais compte plusieurs de ces savants parlementaires qui ont aidé l’assemblée nouvelle dans ses ébauches législatives.

Né à Orléans, le 22 août 1728, d’une ancienne famille originaire du Rerri, Seurrat de La Boulaye conçut dès sa jeunesse un goût décidé pour l’étude des lois. En 1757, il fut nommé conseiller au présidial d’Orléans et s’y distingua par ses lumières et une haute probité. Aux mœurs les plus douces , il joignait une fermeté de caractère remarquable dont il eut l’occasion de donner des preuves dans le poste d’honneur et de confiance auquel il fut élevé par les suffrages de ses concitoyens. Vivant à une époque où le besoin d’utiles réformes se faisait généralement sentir, il entra dans les vues d’amélioration dont Louis XVI avait pris l’initiative; mais , convaincu que le progrès ne pouvait se faire que par le pouvoir , il se

mollira toujours hostile aux. propositions des novateurs impatients; il eut le courage de ses opinions et ne se para pas d’un faux masque de patriotisme. Il débuta dans l’assemblée par différentes motions conservatrices, entre autres sur le droit de gtuerie , qui grevait les propriétaires de bois.

Lorsque l’assemblée rendit le décret qui anéantissait la noblesse héréditaire, M. de La Boulaye, s’éleva contre un arrêt qui brisait la chaîne traditionnelle de sa famille , et n’accepta pas une décision prise par des réformateurs qui, pour la plupart, n’avaient pas grand chose h perdre. Il réclama aussi contre le décret du 28 mars 1791, comme renfermant une disposition pénale destructive de l’inviolabilité de la personne du roi et de l’hérédité du trône. Selon lui , attaquer la personne du roi , c’était anéantir la monarchie. Lorsque le roi consentit Y acte constitutionnel , M. de La Boulaye déclara cette acceptation entachée de violence.

Ses votes courageux lui valurent, sous le régime de la Terreur, les honneurs de l’incarcération. Rendu enfin à la liberté, il ne se livra plus qu’à des œuvres de bienfaisance et de charité, et mourut à Orléans le 14 février 1805, laissant pour modèle à sa famille la noble conduite de toute sa vie. Son frère, M. Seorrat de Guilleville, a laissé, comme maire d’Orléans, le souvenir d’un administrateur habile et intègre.

LE TROSNE (Guillaume-François).

Parmi les élèves du célèbre Pothier, quelques-uns apportèrent dans l’étude du droit et la pratique des lois des vues philosophiques beaucoup plus élevées que celles de leur illustre maître. De ce nombre fut Le Trosne, un des créateurs de f économie politique eu France , esprit calme et sage , qui , au lieu de s’égarer , avec les novateurs de son temps, dans le labyrinthe sans issue de la métaphysique, ou dans le champ sans limites de la science politique et sociale , sut conquérir une place honorable parmi les vrais réformateurs , à côté des Quesnay, des Dupont de Nemours et des Turgot.

Il était né à Orléans le 15 octobre 1728. Son père, juge au bailliage de cette ville, le destina à la magistrature, mais loin de voir

dans la jurisprudence la lettre qui tue , le jeune avocat s’attacha surtout à l'esprit qui vivifie , et, pénétré de cette maxime éclectique : summum jus, summa injuria , il s’efforça toujours de ramener, autant que les circonstances pouvaient le permettre, l’arbitraire des lois positives aux règles immuables de la raison et du juste. Dès l’âge de vingt-deux ans, il écrivait sa Melhodicœ juris naturalis cum jure civili collaiio, engageant ainsi la science du droit dans ces voies neuves et rationnelles que frayèrent plus tard Beccaria, Servan, Dupaty et plusieurs autres jurisconsultes. Il fut nommé, en 1753, avocat du roi au présidial d’Orléans, et y remplit ces fonctions pendant vingt années de la manière la plus brillante. Dans un de ses plus remarquables discours, sur la justice criminelle , il traça un noble tableau des devoirs du ministère public , esquissa rapidement les vices principaux de la législation pénale de l’époque, et s’éleva, d’une voix éloquente , contre l’horrible iniquité de la torture.

Le Trosne se lia de bonne heure avec les économistes. Toutes les spéculations de ces philosophes , sur la production et la distribution de la richesse, tendaient à l’établissement de ce principe, que, pour les sociétés, il n’existe pas de séparation entre le juste et Y utile; en d’autres termes , que les atteintçs de celles-ci h l’ordre moral engendrent d’elles-mémes leur châtiment , parce que cet ordre ne saurait être troublé sans que, par contre-coup, il y ait perturbation dans les lois physiques auxquelles sont soumis la conservation et le développement de l’espèce humaine. Antérieurement aux physiocrates , ces principes étaient des lieux communs de morale dont personne ne tenait compte dans l’application. Montaigne croyait sincèrement que le dommage de Vun pouvait constamment faire le profit de Vautre , et Voltaire imprimait , peut-être de bonne foi , que « souhaiter la granit deur de son pays, c’était souhaiter du mal à ses voisins, et qu’un « pays ne peut gagner sans qu’un autre perde (i). »

Le Trosne embrassa avec ardeur les principes de l’école de Quesnay, qui, au contraire, démontrait scientifiquement que la ruse, la violence et tous les procédés ayant pour fin le mal d’autrui , ne sont, entre les mains des peuples ou des individus, qu’une arme dangereuse qui se retourne contre ceux qui ont le malheur de s’en servir. L’avo-

(!) Voy. Dictionnaire philosophique , art. Patrie.

cat du roi au bailliage d’Orléans mit sa parôle et sa plume au service de cette doctrine nouvelle. Le Journal de V Agriculture , du Commerce et des Finances , fondé en 1765, servait de champ de bataille aux partisans et aux adversaires du système mercantile. Le Trosne y soutint une polémique animée contre l’abbé Baudeau , et conquit cet économiste distingué à la cause des physioerates.

Lorsque les intérêts menacés par les progrès de la science nouvelle furent parvenus à éloigner Dupont de Nemours de la rédaction en chef du Journal de ï Agriculture , le marquis de Mirabeau ouvrit h Le Trosne et h ses collaborateurs les colonnes des Ephémèrides du Citoyen , qui prirent le titre de Bibliothèque raisonnée des sciences morales et politiques. La mendicité, l’impôt indirect, la monnaie, furent les questions que Le Trosne aborda de préférence , soit dans ce recueil, soit dans des brochures publiées séparément. Mais la question que les disciples de Quesnay regardaient comme capitale était celle de la liberté du commerce des grains, problème que l'Angleterre discute encore , et qui semble avoir acquis une nouvelle importance h la lumière des arguments nouveaux fournis par les économistes de notre temps. Le Trosne, après avoir quelque temps discuté sérieusement la question , finit par se moquer de ses adversaires dans un opuscule intitulé : Requête des rouliers d'Orléans , à l'effet d'obtenir le privilège exclusif de la voiture des vins de l’Orléanais.

Vers 4775, les difiicultés toujours croissantes de la perception de Timpôt et l’insuffisance des ressources qu’il fournissait au gouvernement ramenèrent l’attention publique vers une pensée dont le marquis de Mirabeau avait été le promoteur dès 1750, celle de créer partout des administrations provinciales analogues h celles des Pays d’Etat. L’Académie de Toulouse ayant invité les publicistes h s’occuper de ce grave sujet. Le Trosne répondit à cet appel par un long mémoire auquel fut décerné le prix offert par les académiciens. C’est ce même travail, revu et complété, qui devint, en 4779, un volume in-4°, sous le titre : De V Administration provinciale et de la Réforme de l'impôt. Entre autres additions qu’y avait faites l’auteur, se trouve une très-savante dissertation sur la féodalité, dont il signale les funestes effets et réclame l’abolition complète avec autant de raison que

IIS LES HOMMES ILLUSTRES DE l/OHLÉAISAlS.

de force. Cette publication avait été précédée (le deux autres qui sont le plus solide fondement de l'illustration économique de Le Trosne. L’Ordre social et le Traité de l’intérêt social sont des ouvrages de pure doctrine, dans lesquels sont exposés dogmatiquement les principes économiques professés par les physiocrates. L'auteur avait choisi, pour épigraphe de ce dernier ouvrage, celte parole de Necker : « C’est une belle idée que d’appeler tous les hommes à la « discussion des vérités utiles , et c'est un signe de grandeur que de « la permettre. »

Après avoir traité didactiquement de l'intérêt social par rapport à la valeur, à la circulation, a l'industrie et au commerce intérieur et extérieur, l'auteur conclut, comme Sully, que le labourage et le pâturage sont les deux mamelles de la France. Sans doute, il admet qu’il faut encourager l'industrie et la regarder comme la sœur de l’agriculture, « mais, ajoute-t-il, il est une sœur aînée qui nourrit « la seconde, et qui jamais ne sollicita ni exclusion , ni privilège, ni « impôt d'encouragement contre sa cadette. Il faut soutenir l'indus- « trie , mais ce ne doit pas être en nuisant directement ou indirecte- « ment à la culture qui l’entretient. Ce n’est pas par les feuilles , c’est « par les racines qu’on cultive un arbre : les feuilles l’embellissent « et contribuent même à son accroissement; mais c’est la racine qui « fournit la sève qu’elles dépensent. »

Le Trosne était lié particulièrement avec Condillac, ce qui ne l’empêcha pas de combattre avec vigueur plusieurs des opinions émises par ce dernier dans son livre Du Commerce et du Gouvernement . 11 fut aussi l’ami de Turgot, et les idées qu’il développe sur l’organisation d’assemblées provinciales se confondent presque identiquement avec le projet de constitution que , deux ans auparavant , le ministre philosophe avait soumis au roi Louis XVI. En récompense de ses utiles travaux, Le Trosne obtint successivement les titres de conseiller honoraire au présidial d’Orléans, d’associé de F Académie royale de Caen, de la Société économique de Berne, enfin, de membre de la Société royale d’agriculture d’Orléans. Il mourut à Paris, le 2G mai 1780, peu d'années après s’être démis des laborieuses fonctions du ministère public. i

Sou nom doit rester cher à tous ceux qui pensent que la liberté et la propriété doivent servir de base à l’ordre social, car toute sa vie se passa à défendre ces deux principes avec la plus haute raison et la plus courageuse indépendance.

BOESNIER DE L’ORME.

A la même époque que Le Trosne, vivait, dans une ville voisine et rivale d'Orléans, un savant économiste qui, pour son malheur, traita les mêmes sujets que le célèbre Adam Smith, et perdit ainsi le mérite de ses découvertes, bien qu’il n’ait pas emprunté à son illustre contemporain ses aperçus ingénieux.

Aucune biographie ne fait mention de Boesnier de l’Orme; à peine M. Blanqui cite-t-il son nom dans son Histoire de l’Économie politique, et M. Henri Celliez , qui le premier a rappelé ses titres dans un mémoire lu à la Société académique de Blois, se contente d’analyser ses ouvrages sans mentionner aucune des circonstances de sa vie.

il était né à Blois, vers le milieu du XVIIIe siècle, d’une famille qui est encore établie en cette ville. Lié avec tous les hommes distingués de son temps, il se consacra à l’étude de l’économie politique et suivant les traces de Quesnay, de Condillac et de l’abbé Raynal, il marcha avec ardeur à la conquête de la science nouvelle. La bibliothèque de Blois possède deux ouvrages de cet écrivain : un Essai sur les principes de la morale naturelle , et un livre intitulé : De l’esprit du gouvernement économique (Paris, in-8°, 1775). Ce traité fut accueilli avec faveur lors de son apparition, mais il fut bientôt oublié lors de la publication des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations , le chef-d’œuvre d’Adam Smith.

Dans son livre, Boesuier de l’Orme a saisi avec une justesse d’esprit et une netteté remarquables ces mouvements de la distribution et de la production des richesses qu’on reproche à Adam Smith de n’avoir pas bien développés. Mais s’il a évité l’écueil contre lequel a échoué le |)ère de la science, la trop grande part accordée au travail dans la création des richesses, on peut lui reprocher d’avoir poussé trop

loin la valeur donnée au travail qui a pour but direct la production du sol. Il veut bien admettre l’industrie et le commerce comme facilitant les échanges et la distribution des produits de la terre, mais dans son chapitre de la Balance du commerce , il pose en principe que l’excédant de valeur qui constitue la richesse d’un pays doit se représenter par l’amélioration dû sol et l’augmentation des produits , et non par le numéraire, qui appauvrit les nations.

Les questions d’impôt ne sont pas traitées avec moins de supériorité. Après avoir établi , d’une manière trop exclusive peut-être, mais, du reste, conforme h sa doctrine générale, que la terre étant la seule source de richesse, tout impôt doit être assis sur la terre, l’auteur ajoute : « Celui-là ne doit rien à la société à qui la société n’a point « donné le privilège de la propriété. Ce n’est pas la société qui a « donné au peintre, au poète, le génie qui les distingue dans leur « art. Si elle contribue à les perfectionner, elle en est payée par la « jouissance qu’elle en retire; elle est maîtresse d’ailleurs d’en régler « la récompensé. » Cette distinction si grave entre le propriétaire et le prolétaire contient en germe toutes les questions sociales qui ont tant agité le XIXe -siècle.

En résumé, l’esprit du gouvernement économique est l’œuvre d’un homme qui marchait en avant de son siècle. Aussi l’auteur ne fut-il pas compris de ses contemporains; peut-être aussi un style plus attrayant eut-il mieux déguisé l’aridité de la matière.

COTELLE (Louis-Barnabé).

L’hôtel-de-ville de Montargis , décoré aujourd’hui d’un péristyle élégant et dans le goût de l’architecture grecque, déguise ainsi la modestie de sa destination première. Avant la révolution , ce bâtiment appartenait aux Barnabites. Jadis on n’y distribuait que des couronnes de collège , mais , de nos jours , l’autorité municipale en a fait un panthéon destiné à perpétuer le souvenir des hommes distingués nés dans l’arrondissement de Montargis. En face du couvent s’élevait une modeste maison dont le propriétaire était ami du supérieur du couvent.

C’est là que naquit Louis-Barnabé Cotelle , le il juin 1752. Son

père était, à l’époque de sa naissance, un simple procureur près le tribunal et devint plus tard procureur du roi au grenier h sel. Des dix -neuf enfants qu’il eut de deux lits différents, trois seulement parvinrent h un âge assez avancé. L’ainé, après avoir été long -temps homme d’affaires, fut nommé juge au tribunal de Pithiviers et mourut à Orléans en 1855, â l’âge de 80 ans. Le troisième eut une existence plus aventureuse; après avoir successivement occupé plusieurs postes dans la magistrature de Saint-Domingue, où il fut juge aux Cayes, puis commissaire du gouvernement, il rentra en France, obtint la place de procureur du roi à Gien, et plus tard fut nommé conseiller h la cour d’Orléans. 11 mourut dans cette ville à l’âge de 80 ans, chevalier de la Légion-d’Honneur et conseiller honoraire, en 1859.

Quant à Barnabé, il avait fait ses études à Montargis, au collège des Barnabites. A dix-huit ans il partit pour Paris et lit sa philosophie au petit séminaire de Saint-Louis ; ensuite, il étudia le droit et fut reçu avocat dans sa vingt-quatrième année. Dès le commencement de ses études en droit, il montra, une grande aptitude au travail et lit présager de bonne heure qu’il serait un homme érudit. Bientôt il fut nommé juge de la compagnie du canal de Briare et bailli de la Bussière, petite seigneurie située près de Briare (1). Depuis 178*4, époque de sa nomination, jusqu’en 1798, date de son départ, il se lit remarquer par une équité et une probité inaltérables. La douceur de son caractère et sa sensibilité lui concilièrent l’affection de tous ses justiciables.

Un seul trait fera connaître l’origine de l’estime qu’on lui accordait. Dans sa carrière déjugé du canal, il n’eut qu’une fois la cruelle occasion de prononcer, contre un pauvre marinier, la peine de mort ; mais, en faisant l’application de la loi h l’accusé, Barnabé fut pris d’une telle émotion qu’il ne put immédiatement achever la lecture de l’arrêt. Depuis ce jour, les mariniers lui vouèrent une affection trèsvive, qui a laissé encore quelques souvenirs dans le cœur de ceux qui lui ont survécu. Grâce à l’empire qu’il exerçait sur ses compatriotes, il put, au milieu de la tourmente révolutionnaire de 1795, être nommé

(1) Les juges de la compagnie ne relevaient que du Parlement de Paris et prononraient des seiKenccs capitales. «

maire, après avoir perdu sa place de juge. Plus lard il devint procureur-syndic du district de Gien et sauva, au péril de ses propres jours, la vie de trois ecclésiastiques arrêtés comme suspects. Enfin, après avoir été juge de paix, Barnabé Cotelle quitta Briare et vint, en 1798, s’établir comme avocat à Orléans. Les écoles centrales lurent bientôt créées, et il obtint, dans celle d’Orléans, la chaire de législation civile. L’école ayant été supprimée et remplacée par le lycée, Cotelle fut élevé aux fonctions de juge à la cour impériale. En 1810, une chaire devint vacante h l’école de droit de Paris, par le décès du titulaire, M. Portiez, et deux chaires nouvelles ayant été créées, il se présenta au concours et fut nommé en même temps que MM. Boulage et Pardessus. Ce qu’il y eut de remarquable dans le concours de 1810, c’est que les rivaux de Barnabé Cotelle furent MM. Persil, Dupin aîné et d’autres personnages actuellement marquants. Peut-être est-ce au triomphe de Cotelle que M. Dupin a dû son illustration politique. S’il eût été professeur, il aurait bien pu être moins entraîné à combattre et a parvenir. Quoi qu’il en soit, Cotelle eut l’honneur de l’emporter sur ses*illustres concurrents. Il avait alors cinquante-quatre ans.

Il occupa successivement trois chaires de nouvelle création, celles du droit français approfondi , du droit de la nature et des gens, et des pandectes. Les ouvrages qu’il a laissés sont :

1° Une Méthode du droit civil , 1 vol. in-8° (1804);

2° Un Traité des testaments et / idei-commis , 1 vol. in-8° (1807);

3U Un Traité analytique des droits et réserves des enfants naturels,

1 vol. in-8° (1812);

4° Un Cours de droit français ou Code Napoléon , approfondi,

2 vol. in-8° (1813) ;

5° Un Traité des privilèges et hypothèques , 1 vol. in-8° (1820);

0° Un Traité des intérêts, 1 vol. in-12 (182G).

Pour être impartial, je dois dire qu’on lui accordait une grande érudition, mais qu’on lui reprochait, tant dans ses écrits que dans sa parole, une obscurité qui nuisait à sa science; néanmoins, ses livres sont encore quelquefois cités et justement appréciés.

Louis-Barnabe Cotelle mourut à Paris, le 29 janvier 1827, âgé de soixante-quatorze ans. *

Dans les dernières années de sa vie, il fut en proie aux plus cruelles souffrances, causées par la maladie de la pierre. Quoiqu’il eut été opéré par le célèbre Dupuytren, il ne put jamais guérir d’un accident survenu au cours de l’opération.

11 avait toujours vécu, à Paris, dans l’intimité d’hommes distingués, parmi lesquels on peut placer en première ligne le vertueux llenrion de Pansey.

11 laissa trois enfants, dont l’un fut tué à Waterloo, étant, à vingtdeux ans, capitaine en premier dans le génie militaire, chevalier de la Légion-dilouneur et ayant déjà soutenu le siège de Hambourg et fait huit campagnes. Ses autres enfants sont encore existants.

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