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BRISSOT DE WARVILLE

Il y a deux hommes h considérer dans Brissot de Warville , l’écrivain et l’homme politique. Comme publiciste, il résume toutes les mauvaises doctrines du XVIIIe siècle et préconise les détestables théories professées de nos jours par M. Proudhon. Comme conventionnel, il a du moins le mérite de s’être posé, avec les Girondins, comme un défenseur intrépide de l’ordre social , et, en mourant pour cette noble cause, il expia ses premiers égarements.

Brissot naquit h Chartres le 4Æ janvier 1754; il était fils d’un pâtissier. Presqu’au sortir du collège, il se mit â écrire; il adopta avec enthousiasme les idées politiques et philosophiques de J. -J. Rousseau, pour lequel il éprouvait une vive et sympathique admiration. Cédant a une faiblesse assez commune alors, il crut se donner du relief en ajoutant à son nom de famille un nom de terre; il prit celui ^ du village de Ouarville , près Chartres, où il avait été en nourrice, et auquel il donna une orthographe anglaise : il ne tarda pas h s’acquérir dans les Deux-Mondes une grande célébrité sous le nom de Brissot de Warville.

En 1780, l’Académie de Châlons-sur-Marne mit au concours cette question : Quelles pourraient être , en France , les lois pénales les moins sévères et cependant les plus efficaces pour contenir et réprimer le crime par des châtiments prompts et exemplaires, en ménageant V honneur et la liberté des citoyens ? Brissot fit un mémoire qui remporta ’e prix. Commepour J. -J. Rousseau, comme pour M. Proudhon lui-même, la palme académique fut pour le jeune lauréat une récompense prématurée et un déplorable encouragement.

Dans sa Théorie paradoxale des lois criminelles , Brissot se livra h des recherches philosophiques sur le droit de propriété et le vol ,

dans lesquelles il émet de déplorables erreurs. Ce pamphlet contient les plus virulentes attaques contre la propriété, le mariage et tous les principes de morale sur lesquels repose l’ordre social. L’auteur y conteste la famille et fait le panégyrique de la sauvagerie ; il y nie le droit de propriété individuelle, admet la proportionnalité des droits aux besoins et pose des prémices qui devaient nécessairement aboutir à cette célèbre formule : La propriété , c’est le vol ! Aussi a-t-il été vigoureusement réfuté, par M. Alfred Sudre , dans son Histoire du Communisme.

Eu 1783, Brissot passa en Angleterre. La raison de ce voyage n’a jamais été bien connue ; quelques écrivains ont prétendu qu’il y avait rempli une mission du lieutenant de police ; ses ennemis l’accusèrent même d’y avoir exercé l’ignoble industrie connue sous le nom de chantage. Rien à cet égard n’a été prouvé : ce qui doit faire repousser ces imputations, c’est que Brissot a toujours vécu pauvre, et que, même au milieu des égarements dç salaison, il ne songea jamais h appliquer ses funestes théories. D’ailleurs il déclare, dans un de ses ouvrages, qu’il se proposait d’étudier les institutions anglaises et américaines afin d’en introduire les principes en France; mais il ne tarda pas à s’apercevoir que la Manche séparait encore la liberté de l’esclavage. Revenu à Paris en 1784, il fut mis à la Bastille par ordre du ministre Vergennes. Quelques-uns attribuent cet acte de rigueur a la publication d’un pamphlet intitulé : Un diable dans un bénitier ; mais il est plus vraisemblable que le véritable motif a été la hardiesse de ses prtmiers écrits, surtout de ceux où il attaquait l’inégalité des conditions sociales. Toutefois, il fut bientôt rendu à la liberté par le crédit du duc d’Orléans et de Mme deGenlis, protecteurs en titre des idées philosophiques. .

De philosophe, Brissot devint philanthrope , il fonda la Société des Amis des noirs , à laquelle il réussit à aflîlier beaucoup d’hommes considérables , et qui eut plus tard une part notable dans l’abolition «le l’esclavage.

En i 788 , il fit un voyage aux Etats-Unis, où il continua son éducation politique. D’abord partisan de la monarchie tempérée, à laquelle l’avait rattaché son admiration pour la constitution anglaise, il pencha vers' les idées républicaines dès que la terre de Penn vint

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lui offrir le spectacle d'un gouvernement populaire et fédéral. 11 se lia d'amitié avec Washington et les principaux hommes d’Etat d'Amérique. Ennemi-né de toute aristocratie, il ne s’éleva pas avec moins d’énergie contre «la noblesse de peau , et travailla avec ardeur à la propagation de son idée favorite, l’émancipation des nègres.

A la nouvelle des graves événements qui se passaient en Europe, il revint en France et prit rang parmi les principaux moteurs de la révolution, dans laquelle il devait jouer bientôt un si graud rôle. En 1789, il publia quelques pamphlets et rédigea le journal le Patriote français , qui obtint de suite une grande vogue, et où il prit l’initiative de la plupart des réformes. Son civisme lui valut d’être nommé président du district des Filles-Saint-' Thomas, lors de la formation du premier conseil municipal de Paris. Après la prise de la Bastille, les clés lui en furent remises, en souvenir de la détention qu'il y avait subie.” Quelques jours après, il fut élu membre du conseil général de la Commune, qui exerça une influence décisive sur les événements. Sa perspicacité h signaler les complots contre la révolution le fit nommer membre et président du comité des recherches, qui avait pour but de rechercher les auteurs et complices des complots contre rassemblée nationale. La vigilance avec laquelle il s’acquitta de cette tâche lui fit de nombreux ennemis. Peu de personnages ont été plus déchirés par la presse que Brissot; les pamphlets les plus violents, les diatribes les plus sanglantes étaient journellement répandus contre lui. Au nombre de ses ennemis les plus acharnés on distinguait un certain Morande, misérable folliculaire, éperdu de vices , qui, dans un pamphlet périodique, V Argus] l’accusa de toutes sortes de méfaits, et poussa l’impudence jusqu’à lui imputer un vol. Sa réputation eut à en souffrir, et brissoter devint presque synonyme de voler, tant est puissante l’action de la calomnie constamment répétée.

Brissot fut un des fondateurs et un des orateurs habituels du club des Jacobins , où il se fit bientôt remarquer par l’exaltation de ses opinions républicaines. Déjà, sous la constituante, il se montrait plus démocrate que l’extrême gauche de l’assemblée où se trouvait Robespierre, qui devait plus tard l’accuser de modérantisme.

Lors de la fuite de Varennes, en 1791, Brissot rédigea aux Jaco-

HUITIÈME SÉ1UE. — PEllSONNAGES POLITIQUES.

bins une pétition pour demander la déchéance du roi; mais Laclos, agent orléaniste, auquel il remit le manuscrit, te remania et inséra une phrase pour demander un chaudement de dynastie; il^n’en présenta pas moins la pétition comme étant de Brissot. Cette circonstance servit plus tard de prétexte pour l’accuser d’avoir travaillé dans l’intérêt de la faction d’Orléans. La pétition, qui se signa au Champ-de-Mars, amena une collision sanglante ^ué réprimèrent Bailly et Lafayette. Les ennemis de Brissot prétendirent qu’il s’était entendu avec ces deux personnages pour tendre un piège aux patriotes et les foire égorger. Brissot prit chaudement parti pour les pétitionnaires contre l’autorité et se brouilla avec Lafayette, dont jusqu’alors il avait été l’ami.

Lors des élections h la législative , le parti de la cour fit tous ses efforts pour exclure les républicains et surtout Brissot, qui était déjà considéré comme leur chef. Un journal intitulé le Chant du coq , et dont Esménard était le principal rédacteur, répandu à profusion et affiché au coin des rues, le dénigrait de la manière la plus acerbe. Toutes ces manœuvres ne réussirent qu’à lui donner plus d’importance. Le parti républicain , qui faisait chaque jour des progrès, était plein de confiance dans un homme qui avait rendu d’éminents services à sa cause. Brissot fut élu député de Paris; mais il ne passa qu’ap onzième tour de scrutin , après une lutte des plus animées.

Dès la première séance, il fut nommé secrétaire de t’assemblée législative, où il occupa immédiatement une position prépondérante;

il y fut le chef du parti avancé qui , depuis, à la Convention, repré-

senta la résistance , parti auquel l’histoire donna le nom de Girondin, mais que les contemporains désignaient plus ordinairement du nom de Brissotin ; Marat l’appelait ironiquement la faction des hommes d’Etat. Brissot fut nommé membre du comité diplomatique, dont il fut le rapporteur le plus habituel. Il traita spécialement les relations extérieures , les questions coloniales ; il dénonça le comité autrichien, signala le danger que faisaient courir à la France les rassemblements d’émigrés, et demanda des mesures énergiques contre les chefs des révoltés et les fonctioimaires déserteurs , mais il ne voulait pas qu’on portât atteinte au droit qu’a chaque citoyen d’aller où bon lui semble. « La prospérité, la tranquillité publique, voilà.,

« disait-il, les meilleures lois contre l’émigration. N’héritons pas « des maximes du despotisme et ne les greffons pas sur l’arbre de « la liberté. »

Il discuta plusieurs fois la déchéance du roi et prépara par ses discours l’avènement de 4a république; il fit mettre en accusation Delessajt, ministre des affaires étrangères; il demanda enfin, mais sans l’obtenir, la mise en accusation de Lafayette, auquel il reprochait de menacer la représentation nationale.

Toutes les questions politiques se traitaient aux Jacobins : Brissot y soutint, contre Robespierre, la nécessité de déclarer la guerre à l’empereur d’Allemagne (janvier 1792); les discours prononcés de part et d’autre furent très-remarquables. A l’assemblée , il obtint la déclaration de guerre ; mais h la suite de cet événement , il perdit son crédit au club des Jacobins, dont Robespierre était l’idole.

Parmi ceux qui organisèrent les journées du 20 juin et du 10 août, on trouve des amis de Brissot; quant à lui, il y demeura étranger; du reste , il n’était propre ni aux complots, ni aux coups de main. La chute de Louis XVI, en conférant l’omnipotence a l’assemblée législative, donna h Brissot un immense crédit. Ce fut lui qui en dirigea tous les actes et qui composa le ministère. Bien qu’il ne se fût pourvu personnellement d’aucun emploi et qu’il eût, en quelque sorte, pris à tâche de s’effacer, son nom était dans toutes les bouches : on exagérait son pouvoir; la jalousie et la haine de ses ennemis devinrent déplus en plus violentes, et le parti jacobin, appelé depuis montagnard, s’attacha h le perdre.

Dans les journées funestes et h jamais déplorables de septembre, le parti girondin , qui avait le pouvoir , et qui ne sut pas empêcher les massacres, doit supporter devant l’histoire une terrible responsabilité. Brissot, du moins, ne disposant pas personnellement de la force publique , ne saurait être accusé de complicité ou de faiblesse ; il n’hésita pas à flétrir énergiquement ces scènes affreuses. Dans une réunion où se trouvait Robespierre , une personne proposa, pour arrêter l’effusion du sang , de faire nommer un dictateur : « Gardez- « vous-en bien, répondit Robespierre; car l’assemblée nommerait « Brissot. »

Le département d’Eure-ct-Loir l’élut député â la Convention. Il

fut nommé secrétaire de l’assemblée, membre du comité diplomatique et du comité de constitution. Jamais peut-être l’esprit de parti n’avait amené de dissentiment aussi profond que celui qui divisait , dans la Convention, les Girondins et les Montagnards. Ces deux partis voulaient la république ; mais ils différaient sur le but k lui assigner et sur les moyens k prendre pour assurer son triomphe. Les Girondins avaient une majorité prononcée et par conséquent continuaient de posséder le pouvoir. Vergniaud était regardé comme le premier orateur du parti ; mais Brissot en était l’homme d’Etat et le véritable chef, et lui donnait son nom.

Dans le procès de Louis XVI , Brissot se prononça pour la culpabilité; il soutint avec énergie que le jugement k rendre devait être soumis k la sanction du peuple , et développa d’une manière brillante son opinion k ce sujet. Il vota , ainsi que ses amis , pour la peine de mort, mais en demandant le sursis jusqu’k la ratification par les assemblées primaires.

Il continua, comme k la précédente assemblée, d’être chargé des rapports dans les plus graves affaires diplomatiques, «notamment sur les relations avec la Suisse ; il fit aussi déclarer la guerre k l’Angleterre et k la Hollande. . .«

Le parti montagnard chercha k s’appuyer sur la commune de Paris et sur les sociétés populaires pour renverser la majorité brissotine ; dès le mois de janvier 1793, on vit pleuvoir les accusations ; le 5 avril, Robespierre accusa Brissot de complicité avec Dumouriez ; le surlendemain, la section de Bon-Conseil demanda la mise en accusation des complices de Dumouriez, k la tête desquels elle plaçait Brissot. Enfin, après les journées des 51 mai, 1er et 2 juin, l’assemblée, cédant k la pression du peuple de Paris , rendit un décret par lequel Brissot et les principaux membres de son parti étaient mis en état d’arrestation chez eux. Brissot chercha k se soustraire par la fuite k l’exécution de ce décret : il se réfugia k Chartres, sa ville natale ; mais ne pouvant y trouver un asile, il se rendit k Orléans, puis k Moulins, avec l’intention de gagner le midi de la France et peut-être l’étranger. Doit-on lui savoir gré de n’avoir pas suivi l’exemple de ses collègues qui cherchèrent k exciter, dans la Normandie, une insurrection contre la Convention ? Il fut arrêté k Moulins et trouvé muni d’un

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faux passeport , puis ramené k Paris et emprisonné. Les clubs ayant instamment demandé sa mise en jugement, la convention, par décret du 27 septembre, le renvoya devant le tribunal révolutionnaire, sur le rapport d’Àmar, qui lui reproche, entre autres choses, d'avoir été républicain sous la monarchie et monarchiste sous la république. Partout on le voit figurer en tète de la liste des proscrits; tout le monde s’accorde h lui reconnaître la première place; devant le fatal tribunal , il eut le dangereux honneur d’attirer tous les regards, d’occuper l’attention publique. Les vingt et un accjisés comparurent le 24 octobre, assistés du Chartrain Chauveau-Lagarde, leur défenseur. Ce procès est un des plus magnifiques et des plus intéressants dont l’histoire ait gardé le souvenir. Les Girondins étaient tous des hommes d’un grand talent, d’un beau caractère, d’une brillante réputation. L’accusation était dénuée de faits précis ; ce n’était qu’une déclamation haineuse et violente qui se réduisait k ériger les opinioft en crimes. Les témoins , et particulièrement Hébert , Chaumette et Chabot , étaient de véritables accusateurs, et leurs dépositions de longues et furieuses diatribes. Un des griefs les plus fameux et les plus déraisonnables était celui d’avoir voulu rompre l’unité delà France pour créer le fédéralisme. Brissot répondit avec autant d’esprit et de modéra-

lion que de justesse et de netteté ; le calme de ses traits peiguait celui de son âme. Il fit une prodigieuse impression sur l’auditoire ; les accusateurs faisaient voir, par leur impatience et par l’embarras de

leur contenapce, combien ils souffraient sous le coup de cette parole

noble et éloquente qui pulvérisait les charges de l’accusation. Les ennemis des Girondins firent décréter, pendant le procès même, que les débats seraient clos dès que les jurés se trouveraient suffisamment .éclairés ; le lendemain, on exécuta ce décret. L’audition des témoins ne fut pas même complétée. Les accusés avaient préparé leurs défenses : celle de Brissot a été retrouvée ; c’est un discours remarquable et d’une logique entraînante. Le 50, le tribunal, sans les entendre, prononça contre tous les accusés la peine de mort. Le jugement fut exécuté le lendemain : Brissot mourut avec un courage héroïque.

Il ne laissait aucune fortune k sa veuve et k ses enfants. En 4795, la convention, délivrée du joug montagnard , décida qu’une cérémonie

funèbre serait célébrée, le 51 octobre, en l’honneur des glorieux martyrs girondins , et accorda une pension de 2,000 fr. à la veuve de Brissot. . ' ,

Brissot était d'une constitution faible , petit , un peu bossu ; il avait la figure pâle, l’air habituellement triste, la physionomie spirituelle. Sa mise était d’une extrême simplicité; il fut un des premiers qui adopta, comme les quakers, pour lesquels il avait beaucoup d’affection, la chevelure courte et sans poudre, dite à la Titus. Le temps a fait justice des attaques contre sa probité. Son caractère était doux et honnête et son commerce plein d’agréments. Bien que la chaleur de la controverse l’ait souvent entraîné dans ses écrits à un$ polémique mordante et incisive, il était sans fiel, même h l’égard de ses plus ardents ennemis : son style est clair et élégant, jgiais souvent diffus. La plupart de ses écrits, dépouillés de l’intérêt d’actualité, on^perdu beaucoup de leur mérite; ses discours, qui remuèrent si profondément ses auditeurs, nous paraissent pâles. Mais quelques-uns de ses ouvrages survivront aux circonstances et seront consultés avec fruit par le philosophe et l’historien. Il eut l’honneur de provoquer par ses discussions lumineuses plusieurs réformes utiles h l’humanité. Sa haute intelligence embrassa les questions ardues dans lesquelles se débattait le monde; sa vive pénétration, sa facilité à traiter tous lék sujets, sa pro^pnde connaissance des hommes et des choses firent- de lui, pendant quelque temps, le maître de la situation. t

Un historien raconte que les premières paroles de Gustave 111 , à l’instant de son assassinat, furent : « Je voudrais bien savoir ce que « dira Monsieur Brissot. *> Cette anecdote prouve la prodigieuse importance qu’il s’était acquise.

Les premières dissertations de Brissot sur le droit de propriété l’ont fait ranger parmi les précurseurs du socialisme moderne.

Il publia dans la suite beaucoup d’écrits dans lesquels il s’éloigne peu à peu des utopies économistes pour aborder les questions politiques administratives. C’est que Brissot subit l’influence qu’exerce inévitablement sur les esprits que le fanatisme n’a pas complètement aveuglés la différence des points de vue où ils se trouvent placés. Autre chose est d’étudier la société du sein de la foule et des bas-fonds de la médiocrité et de l’inexpérience , ou d’en contempler le vaste en-

semble des hauteurs tlu pouvoir et avec la perspicacité que donne l’habitude des a lia ires. C'est pourquoi la plupart des hommes qui , après avoir professé des doctrines hostiles aux principes d’ordre et d’autorité, sont arrivés à participer au gouvernement, ont presque toujours ou renoncé h ces idées, ou reculé devant leur réalisation.

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