C. BRAINNB
SERGENT (Antoine-François).
Bien qu’il ait joué un rôle politique sous la Révolution, comme secrétaire du club des Jacobins, nous aimons mieux, dans l’intérêt même de sa renommée, ranger Sergent dans la série des artistes. Il naquit à Chartres, le 9 septembre 1751, et fut successivement peintre, graveur et littérateur; il acquit une certaine réputation dans , la gravure en couleur , alors très-recherchée. On cite de lui, comme très-ressemblants, les portraits de Marceau et de Necker.
Ami des arts, quoique représentant de la Commune de Paris, il participa à la création du Musée de peinture et • de sculpture. Sergent est mort à l’âge de quatre-vingt-seize ans, en juillet 1847, à Nice, où il s’était retiré. II était bibliothécaire-adjoint de la ville
de Turin et membre de plusieurs sociétés scientifiques. Le roi Louis-Philippe lui avait accordé, sur sa cassette, une pension de 1,200 Trancs. C’est h Sergent que le Musée de Chartres est redevable du sabre que Marceau portait à la bataille d’Altin-Kirchen.
BIZEMONT (le comte de).
André-Gaspard-Parfait de Bizemont-Prunelé était un des descendants de l’illustre famille des Prunelé, une des plus anciennes de l’Orléanais. Né en 1752, au château de Tignonville, possédé par sa famille, il reçut le prénom de Parfait donné aux aînés de cette maison, depuis que Philippe-Auguste avait qualifié, à la croisade, l’un de ses ancêtres des épithètes d ’Jnvictus, pius et perfectus.
Après de bonnes études , il devint écuyer du roi et cultiva les arts du dessin et de la gravure avec les conseils de Cochin. La tourmente
révolutionnaire de 1792 le força à s’expatrier. Exilé et manquant du nécessaire, il vécut alors de son talent de graveur. Plus tard , il fit partie d’une ambassade en Turquie; le sultan Abdul-Hamed le distingua et lui donna un grade dans son armée.
Sa famille sollicita sa rentrée en France après la bataille de Ma- • rengo; elle fut accordée dans les termes les plus honorables. — De retour à Orléans , il remplaça M. Desfriches dans la surveillance de l’école de dessin qu’il avait fondée. 11 sauva de la destruction un grand nombre de bons tableaux , préserva divers monuments anciens de la ruine dont ils étaient menacés et créa le Musée d’Orléans. Il mourut le 22 décembre 1837, regretté de tous ses concitoyens.
On connaît de lui, outre des dessins, une gravure de Jeanne d’Arc, d’après Lemire ; une Scène de confessionnal h l’eau-forte ; des figures d’après Raphaël, au burin; un Coq et sa Poule; un Cheval abattu; des paysages et huit vues d’intérieur de la ville d’Orléans, très-estimées.
M. Adrien de Bizemont, son fils, chevalier de la Légion-d’Honneur, ancien colonel de la garde nationale d’Orléans , mort tout récemment, a laissé au Musée d’Orléans plusieurs dessins gravés par son père. '•