PREMIÈRE SÉRIE
tribue enfin un tableau, exposé au Musée d’Orléans : Esaü cédant , pour un plat de lentilles , son droit d' aînesse à Jacob ; mais cette toile, recouverte par un autre artiste , lui est contestée.
Une société, formée dans l’intérêt de l’art et des artistes*, prit , en 1643, le titre d’ Académie; elle fut autorisée par lettres-patentes de Louis XIV, en 1655, et devint l’Académie royale de peinture. Michel Corneille fut reçu dans cette illustre compagnie , dont il devint plus tard le recteur.
Ce fut sans doute k cette époque qu’il peignit , dans la galerie de Chantilly, ce curieux tableau qui représente Clio déchirant les pages de la vie du grand Condé , où sont inscrites les victoires contre les Français.
Corneille avait aussi du talent comme graveur ; il a laissé des eauxfortes , d’après Raphaël et Carrache. Sa manière était moelleuse ; il savait assez manier le burin pour donner l’accord et la couleur aux travaux qu’il avait établis à la pointe. Mais ses fils , Michel et Jean- Baptiste , excellèrent surtout dans cet art , et s'y acquirent une grande réputation.
ROBERT (Nicolas).
La Biographie universelle le fait naître h Langres, et Séguier à Blois; Orléans revendique aussi la gloire de lui avoir donné le jour. Cet artiste se distingua par son talent pour dessiner les plantes, les animaux et les insectes. Gaston d’Orléans l’employa a peindre en miniature les plantes et les animaux de ses ménageries du Luxembourg et de Blois. A la mort de Gaston , ce recueil de dessins fut mis sous les yeux de Colbert, et ce ministre en fut si enchanté que le roi, sur sa proposition, nomma Robert peintre de son cabinet* Il fut employé h dessiner les planches de Y Histoire générale des Animaux, et travailla vingt ans k cette œuvre qui est regardée par les connaisseurs comme ce qu’il y a de plus parfait en ce genre. Ces miniatures sont gravées sur des feuilles de vélin in-folio ; la feuille était payée 400 francs k Robert. Le recueil fut continué par • Jouberl, peintre du roi; et par Aubriet. Il s’arrête k l’année 4728
54 LES HOMMES ILLUSTRES l)E- L’ORLÉANAIS.
cl se compose de 2,403 feuillets, représentant des tleurs, des oiseaux, des papillons, etc. Cette collection unique se trouve à Paris, au cabinet des estampes.
• Robert fut un de ceux qui peignirent en miniature les Heurs de la fameuse guirlande de Julie, que fit faire M. de Montansier, lors de son mariage avec Julie d’Angennes, fille de la célèbre marquise de Rambouillet. 11 mourut h Paris, en 4680.
DESFRICHES (Thomas-Aignan).
Paysagiste distingué, il naquit à Orléans , en 4715, d’une famille estimée dans le commerce. Un de ses ancêtres, seigneur de Saint-Lié, avait été, en 4600, le quatrième maire d’Orléans et fut élu deux fois. Desfriches manifesta de bonne heure un goût prononcé pour les arts. En 4733, il commença h étudier la peinture dans l’atelier de Natoire. l^es progrès du jeune artiste furent rapides; il annonçait déjà un talent remarquable, lorsque son père, dont la santé s’altérait, le rappela près de lui pour diriger son commerce. Thomas Desfriches continua néanmoins ses études artistiques ; il s’adonna particulièrement au dessin à la mine de plomb, genre dans lequel il excella bientôt ; ses ouvrages furent souvent reproduits par le burin.
Desfriches sut s’acquérir des titres a la reconnaissance de ses concitoyens pour les institutions qu’il fonda et contribua à préparer ; il avait donné à M11* de Rohan -Chabot l’heureuse idée de fonder dans son hôtel, à Paris, une école de dessin pour les jeunes gens sans fortune ; il en fut le directeur.
Orléans lui doit la création d’une école gratuite de dessin, dont il sollicita avec persévérance l’établissement; ce fut lui aussi qui tira de l’oubli les fragments de l’ancien monument de Jeanne d’Arc et en dirigea la restauration.
Ce monument, relégué depuis trente ans dans un magasin souterrain de l’Hôtel-de-Ville , rue Sainte-Catherine, fut placé, sous sa direction, dans l’embranchement de la rue Royale et de la rue de la Vieille-Poterie;
Desfriches fut le premier qui , dans Orléans, forma une collection
des tableaux des peintres célèbres , collection qui contribua a faire naître dans cette ville le goût des beaux-arts. Cette collection, à la mort de Mme de Limay, sa fille, fut vendue 40,000 fr.
Comme peintre, il a joui d’une excellente réputation ; il a composé, dessiné de jolis paysages et vues des environs d’Orléans , et particulièrement des bords du Loiret.
Ses dessins , touchés avec goût , et presque tous faits sur papier apprêté par lui, se trouvent dans quelques collections d’amateurs Orléanais. '
' Desfriches était lié avec tous les artistes célèbres de son temps : Latour, Vincent, Bouclier, Chardin, Pigal venaient passer l’été à sa maison de campagne, sur les bords de la Loire, et il comptait parmi ses amis les Larocheloucault, de Choiseul, Maldy, Condillac, etc.
Il avait inventé une manière de dessiner, sur des tablettes plâtrées, avec de la mine de plomb et un grattoir.
Ses paysages sont fort estimés; il y en a quelques-uns au Musée d’Orléans. Un de ses dessins fut acheté 1 ,000 fr. par le grand-duc de Toscane, qui l’offrit à Pie VI.
On cite de lui, surtout, une Vue d’Orléans, gravée par Chiffard, et, parmi les tableaux exposés au Musée de cette ville, sous les nos 281 et 251 bis , son portrait fait par lui-même , et le portrait de M. Charles Lenormand; Ducoudrais, bibliophile célèbre, son compatriote, peint à l’âge de vingt-cinq ans, et quelques paysages.
Desfriches mourut en 1800, à l’âge de 86 ans. Son buste, en terre cuite, par Pigalle, se trouve au même Musée.
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: LANTARA {Simon-Màthurin). .
Alors que Watteau et Boucher peignaient les bergers trumeaux et toute l’Arcadie d’opéra-comique, les concerts, les fêtes galantes, les amours pastorales et les scènes de la comédie italienne, un peintre eût été mal venu de ne prendre pour modèle que la simple nature. Lan tara n’eut cependant pas d’autre maître.
Poussé par une vocation irrésistible, il se fit paysagiste. Né à Chàlettes, près Montargis, d’un peintre d’enseignes et d’une mar-
chande k la toilette, il fut, dès son enfance, abandonné k lui-même. Il passait des journées entières dans la campagne, et traçait avec un bout de branche, dans le sable, le plan de ses tableaux agrestes, qu’il nuançait avec des couleurs naturelles, des feuilles vertes, des brins d’herbe et des petits cailloux.
Un beau jour, Lantara, pauvre d’argent, mais riche d’espérances, quitta Montargis et s’en fut k Paris. Il se logea près du Louvre, dans une pauvre mansarde d’où il pouvait k peine entrevoir un coin du ciel. Il travaillait peu et rêvait beaucoup. Dans sa maüson était une fruitière nommée Jacqueline, fille d’une dame de la Halle, qui chantait beaucoup, mais vendait peu. La mansarde et le rezde-chaussée firent bientôt connaissance; tous deux insouciants, tous deux pauvres, ils associèrent leur misère.
Avec son talent et son heureuse facilité, Lantara eût pu acquérir de la fortune, mais, artiste par le génie, il l’était aussi par la pa^ resse, et le besoin seul le forçait k prendre le pinceau.
Au lieu de se perfectionner par l’étude dos grands maîtres, il passait sa vie dans les cabarets, en assez mauvaise compagnie. Au milieu des buveurs, dans le tumulte d’une taverne, mêlé aux soldats et aux ouvriers, Lantara, en bras de chemise, sans cravate, dessinait k son aise. Il puisait ses inspirations au fond de son verre et ne faisait jamais de plus jolis paysages que lorsqu’il était ivre : il payait ensuite au comptoir avec un tableau que l’auber-r giste revendait avec avantage.
Jacqueline mourut; Lantara fut triste huit jours, peut-être moins, puis il but, puis il oublia.
M. Alexandre Lenoir, qui l’a connu, le montre pauvre et heureux dans sa misère ; des crayons, sa palette, ses pinceaux et une huppe qu’il chérissait formaient tout son mobilier : avec de grands talents, il avait l’insouciance et la naïveté craintive d’un enfant. Ce Lantara, ajoute M. Lenoir, avait les bonnes et les mauvaises qualités d’Arlequin; il était comme le Bergamasque, naïf, spirituellement bête et habilement maladroit. Il le peint plutôt gourmand qu’ivrogne; l’artiste bohémien, selon lui, aimait mieux une bavaroise au chocolat ou au lait qu’une bouteille de vin. On profita souvent de sa bonhomie pour avoir des tableaux a vil prix; il faisait volontiers un paysage pour
un gâteau d’amandes, une tourte ou toute autre pâtisserie. Le limonadier Talbot, placé près du Louvre, a obtenu une belle suite de dessins de Lantara avec les bavaroises et le café à la crème qu’il lui donnait à ses déjeuners.
Quand il avait bien bu, bien mangé, il allait rêver dans les champs, sans souci de la gloire, ni de la fortune, ni des honneurs; il aimait la splendeur des astres, les mystères du crépuscule et le silence de la nuit. « Souvent, dit M. Charles Blanc, on le voyait le soir, immobile « sur le Pont-Neuf, a regarder dans une sainte extase le soleil dessi- « nant les arches des autres ponts et se mouvant en rayons brisés « sur l’eau du fleuve : il pleurait d’admiration. Une fois rentré dans « son galetas ou remisé au fond de son café, . Lantara peignait de « mémoire les effets qui l’avaient frappé, qui l’avaient ému ; ou bien « il dessinait 'a la lueur d’un quinquet, sur papier bleu , avec des « rehauts de crayon blanc , tantôt des clairs de lune tranquilles et « mystérieux, tantôt des levers de soleil dont il savait par cœur les « teintes, les oppositions et les accidents. »
Lantara vécut presque ignoré et fut peu connu des gens de lettres. On prétend qu’il allait chez Sophiq Arnoult ; mais on a peine a se figurer le sauvage amant des champs et de la nature, l’artiste insouciant, fantasque, fainéant et gueux , devisant et sophistiquant avec la spirituelle actrice et les beaux esprits du temps , dans ce fameux hôtel, n° 14, de la vieille rue des Fossés-Saint-Germain-PAuxerrois, qui vient de succomber sous les coups de l’édilité parisienne.
Le théâtre s’est emparé de Lantara ; il y avait là tout un type de paresse, de talent, d’insouciance et d’ivrognerie à produire sur la scène. En 1807, les vaudevillistes Barré, Picard, Badet, Desfontaines, ont fait paraître au Vaudeville une pièce intitulée : Lantara , ou le Peintre au cabaret. Les auteurs se sont montrés dignes de leur héros : ils se sont mis quatre pour faire un acte.
Le caractère de l’artiste y est fort bien traité. Le sujet de la pièce est le mariage de la fille de Lantara avec Victor, fils d’un riche et avare marchand de tableaux. Après une série de scènes originales, où la naïveté indolente du paysagiste est aux prises avec la cupidité de Jacob, le brocanteur, le mariage est conclu, et Lantara constitue à sa fille une dot de 20,000 francs de rente.... en clairs de lune à peindre.
Ce dénouement n’arrive qu’après un certain nombre de bouteilles vidées par Lantara en'. compagnie de Belle-Tête, son ami et son modèle ; la scène du déjeuner est traitée de main de maître. Le peintre, dans un couplet chanté sur un air qui a gardé son nom dans tous les vaudevilles, commence par boire à la santé du genre humain.
A jeun, je suis trop philosophe,
Le monde me fait peine à voir;
Je ne rêvo que catastrophe,
A mes yeux tout se peint en noir.
Mais quand j’ai bu, tout change de figure;,
La riante couleur du vin,
Prête son charme à toute la nature *
Et j’aime encor le genre humain.
Vers la fin de sa vie, Lantara eut un commencement de réputation ; il tut question, parmi les amateurs, de sa vie mystérieuse, de son caractère, de ses mœurs. Quelques hommes éclairés tâchèrent â diverses reprises de l’attirer chez eux. Mais il semblait que la dépendance éteignît son génie ; au milieu des séductions du luxe et des plaisirs, son pinceau ne savait rien produire, et l’inconstant artiste retournait bien vite au cabaret de la rue du Chantre. Un financier voulut être son protecteur : Lantara mangea et but quelque temps chez lui, puis il s’ennuya et revint à l’auberge en disant : « J’ai secoué mon « manteau d'or. »
Un de ses clairs de lune lui fut payé par le comte de Caylus cent écus. Lantara, surpris de se voir autant d’argent, emporta chez lui son trésor. Mais, comme le savetier de la fable, il eut peur des voleurs; il consulta ses amis, et, après mûre délibération, il fut décidé qu’on boirait les cent écus pour éviter qu’ils ne lussent volés.
Il avait une profonde aversion pour les ligures et n’en mettait jamais dans ses tableaux. Un marquis lui avait commandé un paysage avec une église et une échappée de vue; le peintre n’y mit pas un seul personnage. Le marquis lui dit : « Vous avez oublié les figures? — Elles sont à la messe, répondit Lantara en montrant l’église. — Eh bien! je prendrai votre tableau quand elles en sortiront. »
Avec beaucoup de gaîté , pas mal «le paresse et une certaine
dose de philosophie épicurienne, on a beaucoup de chances pour aller droit à l’hôpital. Lantara, accablé de misère, alla chercher un refuge à la Charité contre un mal qui le consumait. Le supérieur le soigna, et parvint presque à le faire travailler en flattant son
penchant : il lui promettait pour chaque dessin une visite à la cave. Lantara appelait cela la carte à payer.
Il sortit de l’hospice, mais il ne tarda pas à y revenir pour la dernière fois. Il y rentra le 22 décembre 1778, à midi, et à six heures du soir il avait cessé de vivre; il avait 'a peine trentetrois ans. À sa dernière heure, l’aumônier lui lit un discours sur les joies du paradis des élus : « Vous êtes bien heureux, mon fils, lui disait-il, vous allez voir Dieu face à face pendant l’éternité. — Quoi! mon père, répartit Lantara, toujours de face, jamais de profil ! »
Tel fut son dernier mot.
Malgré le décousu de cette vie de Bohême, Lantara est un de nos premiers paysagistes ; sa manière rappelle celle de Claude Lorrain. Il excellait surtout dans la perspective aérienne; il rendait d’une manière merveilleuse les différentes heures du jour; les ciels de ses tableaux sont d’un ton vaporeux et fin, et d’une exquise légèreté de touche: ses points du jour ont toute la fraîcheur de l’aurore; ses couchers de soleil n’ont pas moins de vérité; ses clairs de lune sont d’un ton argentin rempli de finesse.
Personne, dit le continuateur de Bachaumont, n’a donné aux matinées une plus ravissante fraîcheur.
Lantara a laissé peu de tableaux ; les riches collections d’amateurs, telles que celles de MM. Delessert, Duclos, Roux et A. Giroux père, possèdent de lui de charmants paysages. Il a fait aussi un grand nombre de dessins au crayon noir, rehaussés de blanc.
Duret a gravé d’après lui: la Rencontre fâcheuse , le Pêcheur amoureux, l’heureux Baigneur, le Berger amoureux, quatre estampes en long. — Piquenot a reproduit la Nappe d’eau et les Chasse-Marées, deux estampes en long , et Lebas le premier livre des* Vues des environs de Paris, douze petites feuilles en long.
lie cabinet de Mmc de Bizemont, à Orléans, renferme quelques dessins originaux de Lantara, entre autres un fort joli paysage repré-
sèntant un Orage ; dans la collection de M. Jarry se trouve une belle gravure faite d’après le portrait de Lantara, peint par lui-même. Les œuvres de Lantara, sigpées de lui, sont admises dans les collections les plus précieuses, et aujourd’hui un beau tableau de ce maître peut se payer de 800 k 1,200 francs.
Ch. -F. LAPIBRRB.
' PRÉVOST (Isaac-Bénédict).
Naquit à Montigny, près Châteaudun , en 1764 , d’une famille de
cultivateurs. Ses parents, quoique jouissant d’une certaine aisance, n’étaient cependant pas assez fortunés pour lui donner une éducation appropriée au goût qu’il manifesta dès sa plus tendre enfance pour les arts. Mais son père, qui voyait la vocation de son fils s’accroitre en raison des obstacles, se détermina enfin k faire un sacrifice et à l’envoyer à Paris. 11 avait alors vingt ans.
Son premier maître fut Valenciennes, qui le prit en affection et lui donna de sages conseils. Prévost s’appliqua surtout à l’étude de la nature et se proposa pour modèle Claude Lorrain. Malheureusement ses ressources étaient bornées, et il lui fallait non-seulement ■ ••
réparer le temps perdu, mais encore pourvoir a sa subsistance. Isole, sans protecteurs, il fut soumis aux plus dures épreuves, pouvant à peine fournir à ses besoins; timide et délicat k l’excès, on sent combien sa malheureuse position , qu’il dérobait même k ses amis, dut retarder le développement de ses facultés. Un travail opiniâtre perfectionna son talent , et les ouvrages qu’il exposa au salon du Louvre lui méritèrent les suffrages des connaisseurs et des artistes ; il excellait surtout dans le paysage, et sa manière large et naturelle rappelait celle du Poussin. Malgré un talent incontestable et les succès d’estime qu’il obtint , Prévost ne put triompher de sa mauvaise fortune. Le paysage était alors un genre épuisé; l’infatigable artiste, sans se décourager par des essais infructueux, songea sérieusement k se produire dans un genre nouveau, dont l’idée germait, depuis quelques années dans sa tête : il inventa le panorama.’ Ce n’est point ici le lieu de discuter si cette découverte a été importée en France par l’américain Fulton, ou si elle est due sérieusement k
PREMIÈRE SÉRIE. — BEAUX-ARTS. (ïl
Prévost. La gloire que Fulton sest acquise par l’ invention de la vapeur rend son nom assez illustre pour qu;il n’ait pas besoin de ce nouveau titre à l’admiration de la postérité. Suivant d’autres autorités, l’inventeur des panoramas serait M. Robert Barker, d’Edimbourg ; Prévost n’aurait fait qu’exécuter un plan donné par James , propriétaire du brevet , de concert avec deux autres artistes , Denis Fontaine et Constant Bourgeois. Mais dans les beaux-arts , les véritables créateurs ne sdtot-ils pas ceux qui les portent à leur dernière perfection? Le premier panorama de Prévost représentait Paris; il fut bientôt suivi de ceux de Rome , Naples, Londres, Jérusalem et Athènes, qui obtinrent une grande vogue ; il les intitulait : Panoramas, ou Vues circulaires d’une ville ou d’un vaste site. On y admirait surtout une fidèle imitation de la nature. Toujours laborieux , Prévost allait lui-même sur les lieux copier ses tableaux ; c’est ainsi qu’il fit plusieurs voyages , entre autres celui de la Grèce et de l’Orient , en 1817, avec M. de Forbin; il en revint avec le panorama de Constantinople , un de ses chefs-d’œuvre.
Au milieu de tous les travaux , de toutes les démarches que provoquait cette entreprise, Prévost était loin d’être heureux, et les panoramas, en faisant, comme toujours, la fortune des exploiteurs, faillirent ruiner l’inventeur.
Il fit cependant honneur h ses affaires; mais on peut juger des difficultés qu’il rencontrait dans une profession où il était en même temps artiste et industriel , par ce passage tiré de Y Almanach royal des théâtres :