‹ Les Hommes illustres de l'OrléanaisChapitre 20 sur 145 · CABINET D’OPTIQUE · texte numérisé non relu

CABINET D’OPTIQUE

« Du sieur Prévost , boulevard du Temple , près le café des

Délassements-Comiques.

« Prix des places : Premières, assis, 6 sous ; — secondes, debout, 2 sous.

« Le sieur Prévost est désigné acteur des associés ; il explique luimême les tableaux, et dans les entr’actes de ses panoramas, fait paraître divers portraits en couleur pour ne pas faire languir le public. »

Ces détails ne nous semblent pas inutiles ; ils nous donnent une

62 LES HOMMES ILLUSTRES HE l’ ORLÉANAIS.

idée du triste rôle auquel Prévost avait dû se résigner en se faisant, en quelque sorte , le commis de ses exploiteurs.

. Il eut aussi de douces consolations : dès ses premiers travaux, il reçut un encouragement bien flatteur de la part du premier peintre de l’époque. Après avoir passé une demi-journée k examiner une de ses grandes et belles compositions, David dit h ses élèves, qui étaient près de lui : « Messieurs , c’est ici qu’il faut venir faire des études d’après nature. »

En effet , peu de peintres ont pu rendre avec autant de talent que Prévost les différents aspects de la campagne, et reproduire la nature sur la toile avec une vérité aussi frappante; sa manière varie suivant les objets ou les sites qu’il représente : ainsi, le ciel de Tilsitt n’est pas celui de Jérusalem ou d’Athènes; l’aspect nébuleux de Londres forme un contraste avec celui de Naples ; il n’est pas jusqu'à la plaine de Wagram, où la fumée de l’artillerie, celle de l’incendie de plusieurs villages qui brûlent, se distinguent parfaitement des nuages qui parcourent le ciel , et des vapeurs qui indiquent à l’horizon ce cours lointain du Danube. Un de ses talents était de s’adjoindre des artistes dont le mérite était en harmonie avec le sien ; il eut pour élèves MM. Bouton et Daguerre , qui, depuis, ont perfectionné sa manière et se sont fait eux-mêmes inventeurs.

Prévost était infatigable ; il tenait k éteindre les dettes considérables que l’exploitation de ses panoramas lui avait fait contracter ; il était donc parti une seconde fois pour l’Orient dans le but d’exécuter le panorama d’Athènes. Pendant la traversée, il eut le malheur de perdre le jeune Cochereau , son neveu et son enfant d’adoption : la douleur qu’il ressentit de cette perte le conduisit au tombeau ; il succomba k une maladie de langueur le 9 janvier 1825.

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