‹ Les Hommes illustres de l'OrléanaisChapitre 36 sur 145 · REMI BELLEAU · texte numérisé non relu

REMI BELLEAU

Parmi les sept astres que Ronsard avait réunis autour de lui pour former cette pléiade poétique dont il était le soleil, celui qui a le moins perdu de son éclat est Remi Belleau.

Né en 1528, à Nogent-le-Rotrou, Belleau , jeune encore , avait

, * * suivi en Italie Réné de Lorraine, marquis d’Elbeuf et général des

galères françaises , qui , plus tard, l’avait chargé de l’éducation de

son fds Charles, depuis duc d’Elheuf et grand-écuyer de France.

Belleau s’associa à la tentative de réforme faite par Ronsard, et, tandis que le maître semblait se réserver les hautes qualités poétiques qui frappent et éblouissent, le disciple gardait celles qui charment et qui séduisent. Ronsard lui-méme le loue de ce qu’il chante :

Non pas d’un vers enflé , plein d’arrogance haute ,

Obscur , masqué , brouillé d’un tas d’inventions

Qui font peur aux lisants , mais par descriptions >

Douces, et doucement coulantes d’un doux style (1).

Ronsard l’appelle aussi le Peintre de la nature. Dans ses vers , en effet , les descriptions abondent. C’était là un des mérites, et quelquefois le défaut des poètes de cette école : elle voulait tout peindre et tout décrire.

Il était de mode aussi d’imiter les Italiens; Belleau suivit le torrent : on s’en aperçoit de reste à la recherche et à l’affectation de bel esprit qui déparent ses ouvrages.

Belleau a traduit en vers Y Ecclésiaste , le Cantique des Cantiques, les Phénomènes du poète grec Aratus, qu’il appelle Apparences célestes; les Odes d'Anacréon, retrouvées et publiées en 1554 par Henri Estienne. Ce dernier travail est exmité avec exactitude, mais avec quelque sécheresse , bien que Remi Belleau ait eu la prétention « de faire passer en français la naïveté et la mignardise des Grecs. » Quant aux Phénomènes, il donna seulement un essai de sa traduction en 1572 , dans la deuxième journée de ses Bergeries. « La traduction complète ne parut qu’après sa mort. Ses amis eurent soin de prévenir qu’il n’avait pas eu le temps d’y mettre la dernière main; en effet , la versification en est plus négligée que celle de ses autres poésies (2). »

Ses Bergeries sont en deux journées; elles présentent des scènes champêtres vivement retracées, mais avec profusion d’images et de

(1) Élégie à Jui.. Gassot.

(2) Goujet.

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