TOME I
sertation sur trois médailles samaritaines qu’il faisait remonter au pontificat de Simon Machabée.
2° Une excellente Concorde des quatre Evangélistes (Paris, 1709), in-f°, grec et latin, avec de savantes notes sur la chronologie et l’histoire , ouvrage très-estimé.
« Le célèbre physicien Mariotte cite îoynard comme ayant fait « d’intéressantes expériences sur le baromètre. Ce furent les prect mières de ce genre, après celles que Pascal fit faire sur le Puy- <* de-Dôme par son beau-frère Périer. L’une de ces expériences eut « lieu à Orléans même (1). »
Il mourut b Paris, le 6 janvier 1706, sur la paroisse de Saint- Sulpice.
Voltaire a dit de Nicolas Toynard qu’il n’était que savant, mais qu’il l’était profondément. L’éditeur de Moreri ajoute qu’il parlait assez mal et écrivait de même. Il lui reproche d’avoir trop aimé à plaisanter. C’était, en effet, un homme à bons mots ; mais il paraîtrait par la manière dont il reçut les plaisanteries du P. Rivière, qu’elles ne lui plaisaient pas lorsqu’il en était l’objet.
DANGEAU (PniLippE de Courcillon, marquis de)
Il y aurait un singulier rapprochement b faire entre l’adversité, qui consacre, presque autant que le génie, les noms des hommes de valeur, et la prodigieuse élévation de ces favoris de la fortune, dont le principal mérite est dans la persévérance et l’intrigue. Dangeau est une de ces illustres médiocrités qui font de V histoire comme de la faveur des rois , s’y insinuent peu b peu et sans bruit, et arrivent b y occuper une place assez considérable. Esprit frivole , tout son talent consistait b se bien observer, ne blesser personne , multiplier les occasions de fortune, acquérir, conserver et jouir d’une sorte de considération; médisant peu, flattant toujours, il avait une demande toute prête pour chaque dignité vacante, un sourire pour tous les bons mots, une approbation pour tous les événements. Enrichi par
(1) Note communiquée par M. de Tristan.
le jeu , les mariages , l’adulation , constamment à la piste des honneurs, on le voit s’élever, de degré en degré, jusqu’à ce qu’il tranche du grand seigneur, se fasse dédier par Boileau, son protégé, la cinquième satire sur la Noblesse, et revête complètement cette physionomie fade et insinuante qui fait de lui le type le plus achevé du courtisan dans les siècles passés et à venir.
Dangeau naquit près de Chartres, l’an 1658. Sa mère, Charlotte de Noüe , était petite-fille de Duplessis-Mornay. « C’était , dit Saint- Simon, un gentilhomme de la Beauce, tout uni et huguenot dans sa première jeunesse : toute sa famille l’était, qui ne tenait à personne. » Il abandonna de bonne heure une religion qui pouvait nuire à sa fortune et servit en Flandre , comme capitaine de cavalerie , sous M. de Turenne. Après la paix des Pyrénées, il prit du service dans l’armée d’Espagne, alors en guerre avec le Portugal , et se distingua, dit-on, par ses talents militaires.
A son retour en France , il parut à la cour; la reine-mère et la reine Marie-Thérèse , charmées de l’entendre parler de leur pays et de la cour de Madrid dans leur propre langue, le mirent de leur jeu. Ce fut le principe de son crédita II avait, selon Fontenelle, qui lui prête beaucoup de qualités, une tête naturellement algébrique et pleine de l’art des combinaisons. Il faut ajouter à cela qu’il parlait avec toute la liberté d’esprit possible , qu’il divertissait les reines par ses saillies, ce qui était un moyen ingénieux de les détourner de leur jeu, et égayait leur perte, quand il avait gagné leur argent. Le roi Fôta du jeu des reines et l’admit au sien. Dangeau ne tarda pas à lui plaire et obtint le privilège de lui donner cette flatterie incessante dont le grand roi aimait à se faire suivre comme d’une conscience toute à ses ordres. Il devint le courtisan en titre et fut le modèle sur lequel devaient se régler les adulations et les courbettes des autres seigneurs.
La passion de Louis XTV pour mademoiselle de La Vallière augmenta singulièrement le crédit de Dangeau. — On sait qu’il écrivait les lettres d’amour du roi à sa maîtresse et composait en même temps les réponses de La Vallière. « Cela dura un an, dit l’abbé de Choisy, jusqu’à ce que La Vallière, dans une effusion de cœur, avouât au roi, qui la louait beaucoup sur son esprit , qu’elle en devait la meilleure
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