CHAPITRE VIII
Nouveau Gouvernement de l’Hotel-Dieu
Au cours du XVP siècle, un changement très important fut apporté dans l’administration de l’Hôtel-Dieu.
Malgré les sages mesures qui avaient été prises pour assurer le bon fonctionnement des hôpitaux, des abus s’étaient peu à peu établis dans toutes ces maisons en France. Un grand nombre d'entre eux avaient été fondés, soit par des seigneurs, soit par des particuliers, et l’administration en avait été confiée à des clercs, qui la convertirent dans la suite en titres de bénéfices, dont ils ne rendaient aucun compte, et appliquèrent à leur profit la plus grande partie du revenu, de sorte que les intentions des fondateurs étaient frustrées.
Dès l’année 1312, le concile de Vienne essaya de réagir contre ces abus. Le décret qu’il publia porte en substance :
« Il arrive quelquefois que les recteurs des hôpitaux en négligent les biens et les droits, et ne les retirent pas d’entre les mains des usurpateurs ; qu’ils laissent tomber en ruine les bâtiments et tournent à leur profit les revenus de ces lieux de piété, refusant
1) Le plan des terres et friche de la chapelle Saint-Denis a été tiré d’un cahier contenant les plans de tous les biens appartenant à la Commanderie delà Ville-Dieu, savoir: 1' ferme et terres de la V ille-Dieu ; 2’ ferme et terres de Rotignon ; Champart de la Charmois, paroisse de Vitray ; 4“ terres de Neuville, paroisse de Chàtaincourt ; 5“ terres sises dans les paroisses de Mainterne et de Saint-Ange ; 6° terres et friche de la chapelle Saint-Denis à Dreux ; 7° terres et prés d’Kcluzelles, Mézières et Sainte-Gemme. Ce cahier, très ancien, mais sans date, appartient à notre sympathique collègue M. Georges Champagne, qui a bien voulu nous le communiquer.
inhumainement d’y recevoir et nourrir les pauvres et les lépreux, sans considérer l’intention des fondateurs. C'est pourquoi nous ordonnons que ceux à qui il appartient, par la fondation ou autrement, reforment tous ces abus : à faute de quoi, nous enjoignons aux ordinaires des lieux d’y pourvoir par tous les remèdes de droit. Et afin que ceci soit mieux observé, aucun de ces lieux de piété ne sera conféré à titre de bénéfice à aucun clerc séculier, s’il n’est ainsi ordonné par la fondation, sous peine de nullité des collations ou provisions ; mais le gouvernement de ces lieux sera confié à des hommes prudents, capables et de bonne réputation, qui seront obligez, à l’exemple des tuteurs et des curateurs, de prêter serment, faire inventaire et rendre compte tous les ans aux ordinaires (1) ou à leur commis. Ce que nous ne prétendons pas étendre aux hôpitaux des ordres militaires ou des autres religieux. »
Ce fut l’origine des administrateurs la'iques auxquels on confia les biens des hôpitaux.
Le concile de Trente (1545 à 1563) confirma les prescriptions du concile de Vienne et donna aux ordinaires toute inspection sur les hôpitaux.
Par son ordonnance de 1539 (2), François P'' décida que le gouvernement des hôpitaux serait désormais confié aux bourgeois des villes (3). Les administrateurs ne devaient être, « ni ecclésiasti-
(1) L'Unlinaire, en jurisprudence canonique, signifiait i'archevèque, l’évéquc ou tout autre prélat qui avait la juridiction ecclésiastique dans un territoire, ou celui qui avait la collation d’un bénéfice.
(2) Longtemps avant cette ordonnance, François l'*' avait eu en vue la réformation des hôpitaux et léproseries. La bibliothèque de Chartres possède deux lettres de ce roi, envoyées le 27 septembre 1529, l’une à son avocat et procureur à Chartres, l'autre aux habitants de la ville deChartres, au sujet d’une procédure intentée par les échevins de la dite ville contre Claude Audry, prieur de la maladrerie du Grand-Beaulieu ; il s’agissait d’obtenir une réforme dans cette léproserie et de mettre un terme aux « abus, usurpations et dissipations des biens communs dudit hôpital affectés aux religieux y faisant le divin office et pauvres malades infectés de lèpre de notre ditte ville et banlieue de Chartres ». François 1" exprime dans l’une de ces lettres le désir « que le procès puisse être de briet réduit à lumière »,
« en quoy faisant, ajoute-t-il, outre que vous ferés œuvre salutaire et méritoire en cet endroit, ce nous fera plaisir très agréable ».
(3) Le mot bourgeois n’avait pas alors le sens que nous lui donnons au-
Procession des Flambards, à Dreux
l.ES HOriTAl’X DE DREUX
ques, ni nobles, ni officiers ; mais des marchands et autres simples bourgeois, c’est-à-dire de bons pères de famille instruits des. affaires et de l’économie, et que l’on pût facilement obliger à rendre compte. » -
Cette ordonnance rencontra sans doute beaucoup d’oppositions, car la réforme ne se fit pas tout d’abord d’une manière générale.
Mais, en 1561; Charles IX, voulant que le nouveau mode d’administration fût appliqué dans toute la France, fit publier l’édit suivant, daté de Fontainebleau :
« Après avoir esté duement informé en nostre Conseil que.jcs hospitaux et autres lieux pitoyables de nostre royaume ont esté cy devant si mal administrés que plusieurs à qui cette charge a esté commise approprient à eux et applicjuent à leur profit la meilleure partie des revenus d’iceux et ont quasi aboli le nom d’hospital et d’hospitalité, etc., défraudant les pauvres de leur nourriture ; pour y remédier, comme vrais conservateurs des biens des pauvres. Nous statuons et ordonnons que tous les hospitaux, maladreries, léproseries et autres lieux pitoyables, soit qu’ils soient tenus à titre de bénéfice ou autrement, ès villes, bourgades ou villages du royaume, seront désormais régis, gouvernez et le revenu d’iceux administrez par gens de bien, solvables et résidents deux au moins dans chacun lieu, lesquels seront eslus et commis de trois ans en trois ans par les personnes ecclésiastiques ou la'iques à qui, par les fondations, le droit de présentation, nomination ou provision appartiendra. Ces administrateurs seront destituables, en cas de malversation, sans pouvoir estre continuez après les dits trois ans. . . »
Ces premières réformes furent bientôt suivies de l’ordonnance de Moulins (1566), dont l’objet fut de renouveler toute la législation relative à l’administration des secours publics.
M. Lefèvre et M. l’abbé Vilbert (I) prétendent que la réforma-
jourd’hui (personne vivant de ses rentes et de ses revenus). La bourgeoisie était le droit qu’on acquérait par naissance, ou par la demeure qu’on f lisait dans une ville, de jouir des privilèges qui lui avaient été accordés. Les. bourgeois formaient donc le corps des citoyens d’une ville.
fl) M. l’abbé Vilbert, chanoine honoraire de Chartres et premier aumônier à la chapelle Saint-Louis, est l’auteur d’un ouvrage intitulé : üreux<
tion de l’Hôtel-Dieu de Dreux n’eut lieu qu’en 1695 et « qu’à partir de ce moment seulement l’administration en fut confiée aux bourgeois, suivant l’ordonnance de François I"' ».
Lorsqu’on étudie l’histoire de notre ville et qu’on y voit nos ancêtres lutter sans cesse avec énergie pour défendre et augmenter leurs immunités et leurs franchises communales (1), dont ils étaient si fiers et si jaloux, on ne saurait admettre un seul instant que de tels hommes auraient temporisé pendant un siècle et demi pour revendiquer la jouissance d’un droit nouveau que leur concédait l’ordonnance royale de 1539 (2).
Si nous nous reportons d’ailleurs au manuscrit de Jean de la Plane, portant la date de 1718, nous y lisons que « l’administration temporelle de l’Hôtel-Dieu était régie depuis un temps immémorial par les bourgeois de Dreux ».
De son côté, Jean-Baptiste Souchet (3), dans son Histoire du diocèse et de la ville de Chartres (vers 1640), écrit ce qui suit, au chapitre XI, Description de Dreux :
« Devant les halles (4) est 1 Hôtel-Dieu, où il y a un chapellain
ses Antiquités, chapelle Saint-Louis, dont la première édition parut en 1864 et la seconde en 1877.
(1) La commune de Dreux est une des premières qui ont été établies en France. « Le plus ancien document anthentique où il soit question de la commune de Dreux, écrit M. Lucien Merlet, est une charte de Robert I", datée de 1180, par laquelle ce comte confirme aux bourgeois les libertés et la commune dont ils jouissaient du temps de son père, le roi Louisle-Gros ; Communiam quani in diebus patris inei habuerunt, eis habendatn concessimus. Louis-le-Gros mourut en 1137 ; il possédait le comté de Dreux depuis 1108 ; c’est donc entre ces deux dates que la commune de Dreux paraît avoir pris naissance. » La commune de Chartres ne date que de 1296.
(2) Cinq ans après, le 7 novembre 1544, François 1" rendait l’édit suivant, en faveur du peuple et des familles pauvres : « Les blez et autres grains qui s’exposeront en vente seront portez aux marchez publiques et non ailleurs, et à la vente et distribution d’iceux le menu populaire, vivant au jour la journée, sera, à quelque heure qu’il arrive ès-dits marchez, le premier préféré, et, après ledit populaire, ceux qui en voudront avoir pour la provision de leurs hostels. »
(3) Jean-Baptiste Souchet, né le 4 février 1589 et mort en 1654, était official et chanoine de l’église N. D. de Chartres ; il avait débuté dans la prêtrise comme curé d’Abondant. Son Histoire, formant 4 vol. in-8°,a été publiée par la Société archéologique d'Eure-et-Loir; un exemplaire de cet ouvrage se trouve à la'bibliothèque de Dreux.
('4) Le lecteur pourra juger de l’aspect de ces halles dans un dessin publié plus haut et représentant la Fêle des Flambards. Ce bâtiment, aux vastes
les HOPITAUX DE DP EUX
pour administrer les sacrements aux malades et une religieuse pour les gouverner. »
Voulant élucider la question, nous avons compulsé avec soin les archives de l’Hôtel-Dieu ; nous avons constaté d'une manière certaine, et avec pièces à l’appui, que, si la réformation de l’Hotel-Dieu ne fut pas exécutée aussitôt après l’ordonnance de François I®', elle était accomplie lorsque parut l edit de Charles IX..
Une première tentative eut lieu en 1549.
Par sentence rendue le 12 décembre, « les juges commis et députés par le Roy en la cour du Parlement de Paris pour le fait de la générale réformation des Hostel-Dieu, hôpitaux et autres lieux pitoyables du ressort de la cour », autorisent le bailly de Chartres « à saisir le revenu temporel de l’Hostel-Dieu de Dreux mal régi et mal gouverné par l’administrateur, qui a refusé d’obéir à une assignation dudit bailly pour comparaître devant lesdits juges ». En conséquence, ils mandent de commettre à l’administration dudit Hôtel-Dieu « bons et suffisants commissaires, gens de bien et solvables, qui sachent rendre bon compte quand et à qui il appartiendra et lorsqu'il sera ordonné », lesquels commissaires « resteront à titre provisoire jusqu’à ce que le dit administrateur ait satisfait et obéi au contenu des arrêts de la générale réformation ».
L’administrateur se soumit à cette sentence, et l’application de la réforme fut différée jusqu’en 1558.
Dans cet intervalle de temps, la situation de l’Hôtel-Dieu fut loin de s’améliorer. Les bâtiments, dans lesquels on ne faisait pas les travaux d’entretien nécessaires, étaient dans un état de plus en plus mauvais. En 1550, un incendie causa de grands dégâts dans la chapelle ; des réparations immédiates eussent peut-être permis de la conserver; l'administrateur ne fit absolument rien; quelques années après, ce qui restait de l'édifice
proportions, avait été construit (ou réparé) par Alain d’Albret, comte de Dreux, en 1457; il avait 2Ü travées, dont le développement mesurait 84 mètres 44 centimètres de long sur 7 mètres de large; comme il menaçait ruine, il fut démoli en 1821 et remplacé par une halle plus petite, qui a été enlevée il y a quelques années.
s’écroula tout à coup avec un fracas épouvantable. D’un autre côté, les femmes a3^ant la charge d’administrer les vivres aux pauvres n’accomplissaient plus leur mission avec le même dévoùment. Bref, la plus grande négligence régnait dans tous les services et une solution radicale ne tarda pas à s'imposer.
Par sentence rendue le mardi 30 août d558, « Pierre Rotrou (1 ). licencié en loix, seigneur de Mairsalin et de la Muette, conseiller du Roy et son lieutenant général au baillage et comté de Dreux », fait savoir que, « de la plainte à lui baillée par écrit par le procureur des maire, manants et habitants de ceste ville de Dreux, information a esté faicte par ledict procureur-avocat, en la présence de plusieurs gens notables et bourgeois de ceste ville, contre Jehan Jolie, administrateur de l’Hostel-Dieu, sous le nom de M® Jolie, son fils, et les femmes qui ont charge d’administrer les vivres aux pauvres » ; que ledit Jolie et lesdites femmes administrent mal l'hospital et Hostel-Dieu ; qu’ils ne s’occupent pas de l’entrètenement de la dite maison, dont les bâtiments tombent en ruines. En conséquence, il ordonne que « le revenu appartenant audit Hostel-Dieu sera saisi par manière de provision et commis à des gens de bien et notables de ceste ville, qui seront commis par lui à la charge de rendre bon compte quand et à qui il appartiendra ».
A la suite de cette sentence, les sieurs Jehan Moynet et Jehan Bardya furent nommés à l’élection comme « commissaires, commis, ordonnez et establys au régime et gouvernement du revenu temporel de l’hospital et Maison-Dieu de cette ville de Dreux ».
Ceux-ci adoptèrent aussitôt un nouveau mode d'administration intérieure de la maison.
(1) C’est ce Rotrou dont le nom figure dans l’inscription moulée sur la grosse cloche de l’Hotel-de-Ville et dont voici la teneur ; « L’an mil cinq cent soixante-un, le premier du règne de Charles IX, roi de France et comte de Dreux, je fus fondue au mois de novembre, pour l’honneur de Dieu, service du Roy et communauté de Dreux. Lors messire Pierre Rotrou étant lieutenant général, etc. » — Le plus ancien membre de la famille Rotrou que l’on trouve dans nos archives est M° Thomas Rotrou, lieutenant de Dreux (acte de baptême du 15 mars 1530).
Les frères hospitaliers furent invités à se retirer (1).
^La direction des services et les soins adonner aux malades furent confiés à une religieuse ayant le titre de « mère gouvernante des pauvres ». Celle-ci avait comme aide une servante et prenait en outre des femmes de service dont le nombre variait suivant les besoins.
La mère gouvernante des pauvres, lisons-nous dans un des actes de prise de possession, « était nommée au Roy par le grand aumônier de France; les provisions du Roy et de 1 Évêque de Chartres étaient registrées au greffe de la générale réformation des hôpitaux et maladreries de France. La prise de possession se faisait par la nouvelle élue en présence du procureur du Roy et du juge du baillage et siège royal de Dreux, de la manière suivante : la nouvelle pourvue était introduite dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, y faisait à genoux sa prière, baisait le maître-autel, sonnait la cloche et était conduite dans la chambre de la mère gouvernante des pauvres, dont elle prenait aussi possession par les mêmes officiers. »
La pension de la mère gouvernante des pauvres (100 livres par an et 50 pour sa servante) était pure et simple « et se payait par les mains des commissaires établis à la régie et au gouvernement du temporel de l'Hôtel-Dieu ».
Nous avons relevé les noms de quelques-uns de ces commissaires dans des actes datant du XVP siècle :
En 1560, Jehan Moynet et Jehan Bardya ;
En 1560, Jehan de Monfreusle, apothicaire, et Jehan Gastel ;
En 1563, Antoine Chaillou, marchand ;
I) Lliütel-Dieu de Chàteauduii se conforma aussitôt à l’ordonnance de 1539. Il avait jusqu’alors été administré, pour le temporel, par un chapitre de prêtres hospitaliers. D’après un règlement arrêté par le corps de ville, la communauté fondatrice fut exclue de la nouvelle administration, « à l’exception de son chef à qui on laissait à perpétuité place dans le bureau et une clé prohibitive du chartrier ». Le maître et le chapitre portèrent appel devant le baillage de Blois contre ce règlement, qui était préjudiciable à leurs droits primitifs, et ils obtinrent des sentences favorables à leurs conclusions, mais le Parlement mit l’appellation à néant. Après plusieurs arrêts, le maître et le chapitre furent maintenus dans leur existence seulement, et ils furent dès lors obligés de se conformer aux différents règlements de la nouvelle administration.
En 1570, Jehan de Monfreusle et Jehan Gastel ;
En 1588, Jacques Brochard et Thibault de Saint-Aubin, marchands ;
En 1595, Gilles Masson et Pierre Barrois.
Les archives de l’Hôtel-Dieu possèdent le procès-verbal (une pièce parchemin) de l’élection en 1570 de Jehan de Monfreusle et de Jehan Gastel comme commissaires, « attendu que les commissaires par cy devant esleus ont faict leurs troiz ans et que en leur lieu il convient en mettre d’aultres ». Cette élection fut faite le 30 septembre, par les délégués des bourgeois, marchands et habitants de la ville et des faubourgs dont les noms suivent :
M. Merllas Bonjean, M. Bernard Couppes,M. Jacques Chaillou, licencié ès lois, Philippe Petit, Anthoine Chaillou, Anthoine Délavai, Jehan Rotrou, Pierre Chesnel, Pierre Conte, Anthoine Mussard, Gilles Mussard, Estienne Roulx, Philippe Chesnel, Jehan Rogeard, Denis Langlois, Robert Bouchard, Mathurin Pin, Jehan de Monfreusle, Jehan Peron, Jacques Ligneul et Jehan de Hauteterre.
Les archives ne nous ont pas conservé les noms des premières mères gouvernantes des pauvres. La liste que nous avons ne commence qu’en 1607; la voici, sans aucune interruption :
En 1607, sœur Isabelle de Mantoue;
En 161J , sœur Nicole Constance et, dans la même année, sœur Anne Bodin ;
En 1623, sœur Roze de Franchelin ;
En 1629, sœur Marie de Franqueville et, dans la même année, sœur Denise de Sallard ;
En 1641, sœur Geneviève de Guillou ;
En 1664, sœur Marguerite des Trappes ;
En 1695, sœur Marie de Guillon.
A la mort de cette dernière religieuse, en 1712, une communauté de sœurs de Saint-Paul, désignées alors sous le nom de sœurs de Saint-Maurice, fut établie à l’Hôtel-Dieu. Nous consacrerons un chapitre spécial à cette nouvelle et importante innovation.