‹ Les hôpitaux de DreuxChapitre 16 sur 47 · CHAPELLE SAINT- GILLES, A DREUX · texte numérisé non relu

CHAPELLE SAINT- GILLES, A DREUX

Les nopiTAiX le dueux, Mb

cès verbal du 16 février 1644 porte que « les malades dudit Hostel-Dieu n’avoient été pansés et médicamentés que par les dames de la charité de la ville (1). »

Plusieurs arrêts du Conseil du roi maintinrent Geneviève de Guillon dans ses prétentions, « avec défense au maire et aux eschevins de la troubler en la dite administration, et avec ordre que les personnes par lesdits maire et eschevins pr&posées audit Hostel-Dieu soient contraintes d’en sortir».

Enfin, après d’autres arrêts du Conseil, toujours contraires aux réclamations de la ville de Dreux, après oppositions sur oppositions formées par le maire et les eschevins à l’exécution desdits arrêts, le Grand Conseil finit par donner raison à la ville.

ün arrêt du 28 septembre 1646 (2) ordonner en effet que « ladite de Guillon jouira de la charge de mère gouvernante des pauvres de l’Hôtel-Dieu et sera payée pour son droit d’administration de 200 livres par chacun an, de quartier en quartier et par avance, et que le revenu de l’Hôtel-Dieu sera administré par deux commissaires du nombre des eschevins qui seront eslus et establis par le lieutenant général, en son absence par le lieutenant particulier, les maires et eschevins de service en ladite ville, et par ladite de Guillon conjointement, lesquels commissaires eslus seront tenus prêter serment, faire faire les réparations, expédier les baux du revenu dudit Hostel-Dieu, au plus offrant et dernier enchérisseur, et rendre par chacun an compte de ladite administration auxdits maire et eschevins de service, en présence de ladite de Guillon, par devant le lieutenant général ou en son absence par devant le lieutenant particulier, le substitut du procureur général appelé et sans frais, aux charges de le révision desdits comptes à ladite Chambre de générale réformation des hôpitaux et maladreries, lesquels commissaires eslus seront obligés détenir bureau audit Hostel-Dieu un jour préfixe en chacune sepmaine, en un lieu dudit Hostel-Dieu qui sera choisi à cet effet, où pourront assister ledit lieutenant général et en son absence ledit

(1) Nous reparlerons plus loin de cette confrérie.

(2) Une copie in extenso de cet arrêt (un cahier en parchemin de 32 pages) se trouve dans les archives de l’Hotel-Dieu (cote K, .3).

lieutenant particulier, et ledit substitut du procureur général, les maire et eschevins de service, pour avec ladite de Guillon aviser et ordonner ce qui sera nécessaire pour la nourriture, médicaments et entretien des malades, estre par lesdits commissaires fournjs à ladite de Guillon, qui les dispensera auxdits malades ainsi qu’elle avisera raisonnable; desquelles ordonnances sera fait registre, qui demeurera audit Hostel-Dieu (1). »

Aucun changement ne fut donc apporté dans le mode d’administration de l’Hôtel-Dieu, qui continua à être régi et gouverné, comme cela se faisait depuis 1558, par deux commissaires nommés et commis par le bailliage ; sœur Geneviève de Guillon resta mère gouvernante des pauvres, mais dans les mêmes conditions que ses devancières, sauf que sa pension fut portée de 100 à 200 livres par an.

Par lettres de provision datées du 29 mai 1654 (2), M»'' de Neuville, évêque de Chartres, ce jour-là en visite pastorale à Dreux, nomma mère gouvernante des pauvres, pour remplacer sœur Geneviève de Guillon, décédée, sœur Marguerite des Trappes, religieuse de l’Annonciade (dans l’acte de son décès inscrite comme religieuses des Dix vertus).

En 1675, celle-ci ayant donné sa démission à cause de son grand âge, le cardinal de Bouillon désigna, pour lui succéder, sœur

(1) Deux ans après, les maire, pairs et échevins de Dreux firent remontrer à’Louis XIV que, « par diverses transactions avec les anciens comtes de la dite ville, ils sont en possession de plusieurs beaux privilèges dont ils ont tousiours iouy iusques à présent, et pour la confirmation desquels ils ont payé au Roy à son avènement à la couronne la somme de 3, 310 livres, » et, en conséquence, « le requirent leur en donner les Lettres nécessaires ». Par lettres patentes d’octobre 1649, Louis XIV, « voulans favorablement traiter lesexposans )),leur ci i. firmales dits privilèges, « voulans qu’ils en iouissent pleinement et paisiblement, ainsi qu’ils en ont bien et duement joüy et vsé, joüyssent et vsent encores à présent, pourueu toutefois qu’ils n’aycnt esté reuocquées parEdicts, Déclarations et Arrests ».

« Les chartes contenantes les droicts et privilèges de la ville de Dreux, lettres de confirmation et arrest de vérification d’icelles ont esté imprimées par résultat et délibération du conseil de la dite ville, le douziesme iour de mars 1657 ».

(2) De la Plane donne la date de 1634. C’est une erreur. Nous trouvons en effet dans les archives un seul compte de la recette et dépense, de 1649 à 1652, présenté aux maire et échevins et à sœur Geneviève de Guillon, gouvernante ; les comptes suivants, depuis 1655 jusqu’à 1691, ont été présentés aux mêmes et à sœur Marguerite des Trappes, gouvernante.

Marie de Guillon, religieuse de la Providence de Chartres.

Voici un extrait de la lettre que ce prélat écrivit au roi le 16 août :

« Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, cardinal de Bouillon, grand aumosnier de France, au Roy, Notre Souverain Seigneur, à qui Dieu donne toutes sortes de bénédictions et de prospérités.

w Sire, l’hospital et Maison-Dieu de la ville de Dreux, diocèse de Chartres, est de maintenant vacante et destituée de légitime administrateur ou administratrice par la démission qu’a faite entre nos mains sœur Marguerite des Trappes, dernière paisible administratrice d’icelle. Au moyen de quoy, il est nécessaire de pourvoir de nouveau , de dénommer personne suffisante et capable de bien régir, gouverner et administrer les revenus Aces causes, nous avons jugé et estimé digne de cette charge sœur Marie de Guillon, religieuse dans la communauté et maison de la Providence de la ville de Chartres, etc. »

Louis XIV ratifia cette nomination par lettres patentes du août, dont la copie se trouve aux Archives.

Marie de Guillon resta mère gouvernante des pauvres jusqu’à sa mort, en 1712. Ce fut la dernière.

Marguerite des Trappes et Marie- de Guillon furent inhumées dans l’intérieur de la chapelle de l’Hôtel-Dleu, la première le 9 novembre 1701 et la seconde le 25 juillet 1712.

Deux autres inhumations (1) eurent lieu dans cette chapelle au cours du même siècle :

Le 13 septembre 1751, celle de Catherine Aquet, « sœur de la communauté de Saint-Maurice de Chartres , supérieure de la maison de l’Hostel-Dieu ; »

Le 8 mai 1761, celle de M** Jacques Dernier, « prestre, chapelain de Saint-Jean-Baptiste de l’Hostel-Dieu ».

(1) Nous n’avons trouvé dans les archives qu’un seul acte mentionnant la célébration d’un mariage dans cette chapelle :

« L’an 175G, le 22® jour de novembre, dans réglise.de l’Hùtel-Dieu, célébration du mariage de messire Claude-Louis de Bonvoust, âgé de 2G ans, seigneur des paroisses de Ray, Boile et Montorson, et de noble dame Marie- Thérèse-Monique do Faulx, veuve en secondes noces de messire François de Jambon, âgée de 55 ans. »

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