CHAPITRE XVI
Réunion à l’Hospice de Dreux de l’Hôpital Saint-Louis de Crécy.
Un arrêté du Comité de secours de l’an II portait qu’à l’avenir il n’y aurait plus dans chaque district (1) qu’un seul hospice.
(1) Le département d’Eure-et-Loir avait été divisé en six districts : Chartres, Dreux, Ghàteauneuf, Nogent-le-Rotrou, Chàteaudun et Janville.
Par suite de cette mesure, l’hôpital Saint-Louis de Crécy dut être supprimé.
Cette maison n'avait encore que quelques années d’existcnce(l).
Pour se conformer aux dernières volontés de M. le prince de Montmorency, seigneur de Crécy depuis 1775, décédé en 1781, sa veuve « avait fondé à perpétuité, à ce dit lieu de Crécy en Thymerais, un hôpital où il y avait quatre lits, destiné à recevoir les pauvres malades des paroisses et villages de Crécy, Aunay, Tréon, Garencières, Boissy, Saint-Remy, Saulnières et Boula3’'-des-deux-£glises, lesquels malades y étaient reçus et médicamentés gratis ».
L'article 2 de l’acte d’établissement portait « qu'il ne pourrait être reçu audit hôpital d'autres malades que ceux des villages et paroisses qui viennent d’être nommés, et encore fallait-il qu’ils y fussent domiciliés au moins six mois avant d’être attaqués de la maladie pour laquelle ils avaient besoin de secours ».
Trois sœurs de charité furent appelées de Saint-Maurice- les- Chartres pour faire le service dudit hôpital.
La princesse de Montmorency « donna gratuitement une maison à Crécy, avec les bâtiments nécessaires pour loger lesdites sœurs et placer quatre lits, un jardin et toutes les commodités nécessaires ; et, comme la rente de 2,000 livres léguée par le prince n’était pas suffisante pour la dépense de cet établissement, elle ajouta de ses propres fonds 2,000 livres, ce qui lit 4,000 livres.
(1) Un premier hôpital, sous le vocable de Saint-Jean, avait été fondé en 1755 parla marquise de Pompadour, sur le territoire des deux paroisses de Majainville et de Couvé, pour recevoir 50 pauvres; il fut terminé en 1750, comme le constate l’acte suivant ; « Commission du 27 septembre 1756 de Monseigneur l’évèque de Chartres au curé d’Aunay, pour visiter l’hôpital de Crécy et bénir la chapelle. » Devenu propriétaire du marquisat de Crécy en 1757, le duc de Penthièvre passa, le 4 octobre, « une convention avec les soeurs de la Charitéde Crécy pour l’administration de l'hôpital dudit lieu. » En 1774, le curé de Crécy écrivait à l’intendant d’Alençon ; « L’hôpital est soutenu par la piété et aux dépens de l’auguste et si respectable prince auquel j’ai le bonheur d’étre attaché. » Cet hôpital avait dû être fermé quelque temps après ; le 30 Juin 1787, l’immeuble fut vendu par la princesse de Montmorency à M. Jean-Baptiste Julienne, propriétaire à Dreux; il appartient aujourd’hui aux héritiers de M. Lucien Langlois.
Un arrêté du Parlement du 6 avril 1785 porta homologation de l’acte de fondation dudit hôpital.
de Montmorency, « croyant devoir apporter tous ses soins à cet établissement, laissa aux sœurs ses intentions par écrit, pour leur servir de loy et de règle vis-à-vis des personnes qui pourraient vouloir les enfreindre (1) ».
Conformément à l'arrêté de la Convention, l’hôpital de Crécy fut, en nivôse, réuni à l’hôpital de Dreux. Le ^25 nivôse, tous les objets et effets venant de cet hôpital furent remis à la citoyenne Landry, directrice de l’hospice de Dreux, en présence du citoyen Demonge, membre du conseil général de ladite commune et chargé de la surveillance du dit hospice.
D’après un arrêté pris la veille par l’administration du district de Dreux, un état détaillé en fut dressé aussitôt. (Cet état est dans les archives.) Le montant de tous les objets et effets compris audit état s’élevait à la somme de 5,024 livres 5 sols, prix de l’estimation.
Le lendemain, la citoyenne Landry donnait le reçu ciaprès :
« Je reconnais que tous les effets ci-dessus ont été remis à la maison de secours de la commune de Dreux par le citoyen Avisse, un des membres de l administration du district de Dreux, ce en présence du citoyen Demonge, l’un des membres du conseil général de la commune de Dreux, ainsi que du citoyen Voyenne, chargés l’un et l’autre delà surveillance de ladite maison.
« A Dreux, ce vingt-six nivôse l’an troisième de la République França se une et indivisible.
« Signé : Landry. »
En marge est écrit :
« Vu par nous, commissaires administrateurs chargés de la surveillance de la maison de secours de cette commune, certi-
(1) Tous les documents relatifs à la fondation du deuxième hôpital de Crécy, et que nous résumons succinctement, se trouvent aétuellement dans les archives de l’hôpital de Dreux.
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fions que tous les objets mentionnés ci-dessus ont été délivrés à la citoyenne Landry, directrice de la dite maison.
« A Dreux, ce vingt-six nivôse l’an troisième de la République.
« Signé : Demonge, Voyenne. »
L’hospice de Dreux, en prenant possession des immeubles et des revenus de l’hôpital de Crécy, fut tenu en même temps aux charges et obligations qui y étaient attachées.
Quelques années plus tard, la rente de 4,000 livres que de Montmorency avait affectée à l’hôpital de Crécy ayant été réduite par l’effet de la consolidation à 1,335 livres, il fut reconnu qu’il était impossible de laisser l’hôpital de Dreux grevé de l’intégralité des charges de l’hôpital supprimé ; en conséquence, un arrêté préfectoral du 10 prairial an XIll décida que « le nombre des lits attribués aux communes de Crécy, Aunay, Tréon, Garancières, Boissy, Saint-Rémy, Saulnières et le Boullay-les-deux Eglises serait réduit de quatre à deux (1). »