CHAPITRE XXII
Rappel à l’Hospice des Sœurs de Saint-Paul.
En 1802, M. Delaitre, préfet d’Eure-et-Loir, ayant été instruit de la retraite de sœur Josseaume, qui était supérieure de la communauté des sœurs de Saint-Paul (dites de Saint-Maurice) au moment de leur dispersion, la manda à la Préfecture et négocia avec elle le rétablissement de la communauté.
Le 5 juillet 1803, un arrêté préfectoral, basé sur celui des Consuls du 16 octobre 1802, autorisa sa réorganisation dans l’ancien couvent des Jacobins, rue Saint-Jacques, à Chartres. C’est là que fut fixé et qu’est resté jusqu’à nos jours le siège de la communauté (1).
En 1804, la commission administrative de l’hospice de Dreux fit un traité avec la communauté pour l’envoi dans cet établissement de six sœurs, dont une supérieure.
Dans sa séance du 1" juin (12 prairial an XII), elle adopta un règlement général et un règlement spécial pour l’intérieur des salles.
En même temps, elle délivra aux sœurs hospitalières une instruction en neuf articles, dont voici les principales dispositions :
« La supérieure aura soin de s'instruire et de se bien pénétrer
de l’esprit de tous les règlements, afin d'en instruire celles sou-
mises à son autorité, et à veiller à leur exécution.
« Les sœurs voudront bien se persuader que leur ministère est d’autant plus sublime qu’il est le chef-d’œuvre de la bienfaisance et que leur dévoùment aux pauvres malades doit être le fruit de la plus pure charité.
« Elles ne s’offenseront ni des grossièretés ni même des injures qu’elles pourront éprouver de la part des malades; elles réfléchi-
(1) Le 23 juillet 1811, un décret impérial approuvait les statuts de la communauté et permettait à celle-ci d’augmenter le nombre de ses maisons^
ront que ce sont des pauvres la plupart sans éducation et des pauvres souffrants dont la tète est affaiblie et qui ne jouissent pas de toute leur raison. Elles les traiteront tpujours avec beaucoup de douceur et môme avec complaisance, autant que les circonstances le permettront, mais jamais avec faiblesse quand il s’agira de maintenir l'ordre dans la maison et d’exécuter les ordonnances des officiers de santé.
« Les mêmes voies de douceur leur sont recommandées envers les pauvres orphelins de la maison, tant dans Texercice des soins concernant leur nourriture et la propreté de leurs corps que dans ceux concernant leur éducation, en sorte que ces pauvres victimes, privées de leurs parents naturels, trouvent dans elles toutes les attentions que la charité et la nature elle-même inspireront à des mères vraiment chrétiennes.
w Les sœurs hospitalières doivent enfin se regarder comme les véritables économes du bien des pauvres et ne négliger en rien leurs intérêts. Il est pour elles de devoir indispensable de porter la plus scrupuleuse économie dans toutes les parties de dépenses confiées à leurs soins et elles voudront bien se sou-
venir toujours que les moindres négligences dans chaque partie, et souvent répétées, occasionnent chaque année des pertes graves difficiles à réparer. La supérieure est invitée à se pénétrer de l’importance de cet article, qui exige de sa part une exacte et continuelle surveillance. »