‹ Les hôpitaux de DreuxChapitre 38 sur 47 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Création d’une Ecole gratuite de Filles et d’un Refuge pour les vieilles Femmes.

Nous avons rapporté plus haut (page 108) que la maison de l’Instruction chrétienne et la maison des Orphelines, qui étaient dirigées par les Sœurs de Saint-Maurice et qui recevaient les jeunes filles de la ville, avaient été fermées en février 1792 par ordre du gouvernement.

Les autres maisons d’éducation n’avaient pas été plus respectées.

Et leur nombre prouve éloquemment qu’avant la Révolution l’instruction était déjà en honneur chez nos ancêtres et n'était pas aussi négligée qu’on cherche à le faire croire aujourd’hui !

En effet, la ville de Dreux possédait alors :

Pour les garçons : 1® le collège qui datait du XVI® siècle ét dont tous les enfants, riches comme pauvres, pouvaient suivre les cours (gratuitement jusqu’en 1737 et pour une rétribution très minime à partir de cette époque, voir page 119) ; 2® deux maîtres de pension, qui enseignaient le français et étaient tenus d’envoyer au collège, à partir de la sixième, ceux de leurs élèves devant suivre les classes de latin ; 3® un maître de petites écoles installé dans une annexe du collège ; 4® des maîtres d'école libres apprenant seulement à lire et à écrire ;

Pour les filles : 1° la maison de l’Instruction chrétienne ; 2® la maison des Orphelines; 3° le couvent des bénédictines; 4® des maîtresses d’école libres.

La République fit table rase de toutes ces maisons ; elle nomma deux instituteurs et deux institutrices, qui, pendant de longues années, restèrent seuls chargés de l’instruction de la jeunesse.

Le collège ne rouvrit ses portes qu’au mois d’octobre 1819.

Depuis longtemps, beaucoup de mères de famille réclamaient vivement la reconstitution de l’ancienne maison de l’Instruction chrétienne dont elles avaient conservé un très bon souvenir. La municipalité, qui avait d’abord fait la sourde oreille, se décida enfin à donner satisfaction au vœu de l’opinion publique.

Dans la séance du 24 janvier 1823, M. le Maire proposa à la Commission administrative de l’hospice d’établir une école gratuite de jeunes filles dans une des nouvelles dépendances, rue des Embûches, et de confier la direction de l’enseignement à des sœurs de Saint-Paul ; deux sœurs, ajoutait-il seraient suffisantes pour la tenue des classes.

La commission donna un avis favorable au projet; elle approuva le devis des travaux que lui présenta M. le Maire et qui avait été dressé par M. Favard, architecte.

Un traité, approuvé par le Ministre de l’Intérieur, fut passé le 19 août 1839 avec la supérieure générale de la communauté des sœurs de Saint-Paul, aux termes duquel trois sœurs furent envoyées à Dreux ; celles-ci étaient placées, pour le spirituel, sous la direction de la sœur supérieure de l’hospice, et, pour le temporel, sous l’autorité et la surveillance de la commission administrative.

L’inauguration de cette école (1) eut lieu le 5 mars 1840, en même temps que celle de l’ouvroir créé dans une maison voisine par M“® de Couasnon et que l’on appela d’abord atelier de Clxarité (2).

En 1846, la commission administrative acheta aux héritiers

(1) L’école communale des filles fut transférée au mois d octobre 1878 dans les nouveaux et spacieux bâtiments de la place Saint-Gilles. Cette école ayan été laïcisée le 29 mars 1887, une société civile se forma et acheta un immeuble de la rue des Teinturiers qui avait servi précédemment de pensionnat pour jeunes gens, sous la direction de MM. Coindet, Duhamel, etc., etc. puis d’institution pour jeunes filles, sous la direction de M*'” Potier ; elle y fonda une école primaire libre de jeunes filles sous la direction des sœurs de Saint-Paul. — Depuis le l" octobre 1903, cette école est dirigée par un per . sonnel de dames laïques. Le 21 décembre 1885, la ville avait établi la crèche Texier-Gallas dans les bâtiments de la rue des Embûches.

(2) L’ouvroir a été transféré le 3 février 1896 dans un immeuble de la rue Saint-1 hibault où jadis existait un pensionnat de jeunes gens dirigé par M. Jacquet.

Dageon, moyennant 8,000 francs, une portion de jardin sis rue des Embûches, pour établir un asile de vieilles femmes. Cette maison fut ouverte l’année suivante.

Lors de cette création, il avait été convenu que la ville contribuerait pour une certaine part dans les frais d’entretien, mais elle n’en fit rien. En 1875, l’entente n’ayant pu se faire entre les deux administrations, la commission de l’hôpital se refusa à continuer à payer seule la dépense et ferma le refuge.

Ce ne fut que deux années plus tard, après de nombreuses délibérations, que, le conseil municipal et le bureau de bienfaisance ayant consenti à payer les frais pour l’alimentation et l’entretien de neuf vieilles femmes, la commission décida la réouverture du refuge dans le même local que précédemment (1).

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