CHAPITRE XXIÎt
Acquisitions et Ventes faites par l’Hôpital.
1269. Les maître et frères de la Maison Dieu achètent, pour le prix de 100 sols parisis, une pièce de terre à Marville-Moûtiers- Brùlé, contenant environ 25 setiers (1).
(1) Le setier ou septier était une mesure de terre qui contenait autant de terre qu’il en fallait pour y semer un setier de semence. Le setier de blé était très variable : celui de la ville de Dreux était composé de G minots, celui du chapitre de Saint-Etienne de 4 minots, ceux de Nogent-le-Roi et de Brezollesde5minots,etc.; le minot n’avait pas lui-mèmeune égale contenance.
LES llOPiTAL'.X DE DHEUX. 42!} 21
1269. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Barthélemy Dionis, moyennant 100 sols, de 5 arpents de terre au terroir de Beauvilliers.
1272. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur la veuve Hétard, moyennant 20 sols, d’un demi-arpent de terre devant la porte de Beau- ' milliers.
1276. Les maître et frères de la Maison-Dieu achètent, pour le prix de 20 solsparisis, à la dame Heudeburge, veuve de Guillaume de Flestat, et à Jean et Perrot, ses enfants, un demi-arpent de terre situé aux Granges, dans la censive du Chapitre de Saint-Etienne.
1283. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Pierre Raoul, bourgeois de Dreux, moyennant 4 livres 4 sols, de 8 deniers de cens sur la maison de Guillaume Sauvage, àMorteaux (ruelle Marteau).
1283. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur la veuve Hétard, moyennant 5 sols, de 2 sols de cens sur la maison de Renaud Courtois.
1293, Jehan de Sorel et Avice, sa femme, vendent et octroient « au mestre et aus frères de la Meson-Dieu de Dreus une pièce de pré que ils avoient assis au terrouer de Pouvait (1). pour cent souz de tournois. »
1296. Colin, dit le Petit, et Ameline, sa femme, vendent aux maître et frères de la Maison-Dieu, pour le prix de 24 sols parisis, 4 sols 6 deniers et maille parisis de cens annuel qu’ils ont sur deux maisons sises à Morte-eau (ruelle Marteau) et au V'algelé, et 9 solsparisis sur la maison de feu Richard de Chaumont.
1297. « La dame Avice, veuve de Jehan de Sorel de la Plaingne, Estevenot, son fuiz. et Johannette, sa file, vendent à la Maison-Dieu une pièce de pré assise au .terroir de Pouvait, pour vint souz de tournois. »
1568. Achat par l’Hotel-Dieu , sur Michaud Jouvelin , de 4 perches 1/2 de jardin près le moulin de l’Aumône.
1596. Achat par l’Hôtel-Dieu « d’une planche de terre à faire filasse, assise en la plainne, près le moulin de l’Aumosne,
(1) Prairie au milieu de laquelle avait été construit un moulin à blé que •nous voyons mentionné pour la première fois dans un acte de 1559.
joignant d’un bout la rivière, moyennant la somme de huict escuz sol, et ung poinsson de vin clair, nouveau, bon, loyal et marchand. »
1615. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Etienne Jamet, du jardin du moulin de l’Aumône.
1680. Pierre Soubirant, maître graveur du cabinet du Roi, demeurant à Paris, « estant de présent en la ville de Dreux, logé à l’hostellerie où pend pour enseigne le Saulmon (1) », vend à l’Hôtel-Dieu la moitié d’une maison sise en la Grande-Rue de cette ville, près des halles, « pour et moyennant le prix et somme de 330 livres de principal et 20 livres d’espingles (2) ».
1683. Pierre Soubirant, ci-dessus nommé, vend àTRôtel-Dieu l’autre moitié de la maison sise Grande-Rue, moyennant 350 livres de principal et 40 livres d'épingles pour la femme du vendeur, « après affiches apposez contre la porte et principalle entrée de l’x\uditoire royal de Dreux et contre le posteau des halles (3) du dict Dreux ».
1684. Vente à l’Hôtel-Dieu, par Hélène Boullanger, veuve de François Letourneur, seigneur des Masures, d’une maison, de terres, prés et vignes à Cherisy, moyennant 3,600 livres.
1684. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Boulanger et Anne Billard, sa femme, de terres sises à Cherisy, Germainville et Saint- Symphorien-de-Moronval (4).
(1) Cet hôtel, situé à l’entrée de la rue Parisis, a été fermé il y a quelques années seulement.
(2) Les épingles étaientun présent que l’on faisait aux filles et aux femmes lorsqu’on achetait quelque chose où elles avaient part, pour leur tenir lieu de ce qu’on appelait entre les hommes pot-de-vin. ; au moment de la vente, on stipulait qu’il y aurait tant pour leurs épingles.
Ce n’est qu’au Xll* siècle qu’on trouve en France une fabrique d’épingles, à Angles, petit bourg de l’Eure. La commune de Laigle (Orne) lui dispute cet honneur et fabrique aussi des épingles depuis le moyen-àge. Un document du 3 mai 1733 nous apprend qu’à ce moment la ville de Dreux possédait deux fabricants d’épingles ou épingliers, la veuve Bachelet et Catherine Bachelet, et que la corporation était imposée à la taille pour I2 livres par an.
(3) Le poteau de justice du bailliage qui se dressait en avant de la halle, du coté de l’Hôtel-de-Ville, et où l’on exposait certains condamnés.
(4) En 1790, lors de la constitution du département d’Eure-et-Loir, on donna à cette commune le nom de Saint-Symphorien ; mais on s’aperçut
1696. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur le sieur Le Menestrel, de 18 arpents de terre près la ferme du Colombier.
1697. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Nicolas Dubois, chande-
lier, d’un bâtiment en ruines près le dit Hôtel-Dieu, moyennant 60 livres. ,
1699. Cession à l’Hôtel-Dieu d’une maison et d’un jardin à Mézières, provenant de la succession de Mathry Delalande, en échange d’une rente de 3 livres due au dit Hôtel-Dieu.
1702. Achat, par l’Hôtel-Dieu, sur Louis de Béchameil, seigneur de Nointel, de 4 arpents de pré en la prairie d’Osmeaux, près le moulin du Clos-Regnier^ moyennant 1,100 livres.
1704. Achat par THôtel-Dieu, sur Gilles Léger, journalier, d’une petite maison et d’une grange au Colombier, moyennant 120 livres.
1708. Achat par l’Hôtel-Dieu du pré du Clos-Regnier, paroisse de Cherisy (emploi d’une somme de 700 livres léguée en 1700 par Madame Menestrel-Cagnyé, à charge d’une messe basse à perpétuité tous les vendredis).
1710. Claude Haran, maître chirurgien juré de l’Hôtel et Maison-Dieu de Dreux, vend au dit Hôtel-Dieu « une place où il y avait ci-devant deux petits creux d’étables' propres à mettre des porcs et|une petite cour devant, assise sur la douve des fossez de la dite ville de Dreux, moyennant la somme de 50 livres de principal achapt, argent franchement venant ès mains dudit Haran avec le vin du marché. »
1711. Les administrateurs de l’Hôtel-Dieu autorisent les commissaires de la dite maison à faire saisir réellement les biens des successions de Jean Binet et de Jacques Binet, chirurgien, faute de paiement de plusieurs années d’arrérages de 100 livres
bientôt qu’il y avait confusion avec une autre commune du canton d’Auneau portant le même nom. En 1800, on plaça la paroisse sous la vocable de Saint-Denis et on appela la commune Moronval-Saint-Denis, puis, quinze ans plus tard, Saint-Denis-de-Moronval. Elle a conservé depuis cette dénomination, mais les habitants ont persisté à laisser leur église sous le patronage de Saint-Symphorien.
de rente, dont il est dû présentement plus de 3,000 livres, compris le principal, lesquels biens consistent en 7 arpents 3 quartiers 8 perches de terre, 13 arpents 42 perches de pré, quatre maisons, une grange et 15 livres de rente foncière, le tout estimé 3,865 livres.
1711. L’Hôtel-Dieu vend, moyennant 50 sols de rente par chacun an, à Pierre Gaillard, vigneron à Cherisy, un demi-arpent de terre dépendant de la ferme de Cherisy, qui est en friche depuis longtemps et qu’Alexandre Mohier, fermier des terres de l’Hôtel-Dieu, consent à abandonner sans prétendre aucune diminution sur le prix de son bail.
1714. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Charles-François Legrand, procureur du grenier à sel de Dreux, moyennant 7,000 livres, du manoir de Mérangle, ayant appartenu à Jean des Mazis, Jean des Gués et Paul de Bouville, seigneurs de Fontaine-sous- Prémont, et à Louis de Caillebot, marquis de la Salle.
1718. Vente par l’Hôtel-Dieu à un sieur Blin, moyennant 10 livres de rente, d’une maison sise à Nonancourt, en la rue des Tanneries.
1721. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Joseph Mangenot, marchand à Dreux, moyennant 800 livres, de cinq quartiers de pré à Garnay, en deux pièces : la première, près le Moulin-Neuf, contenant 1 arpent ; la seconde, sur le chemin allant à la croix de Vernouillet, contenant 1 quartier.
1722. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Anne Mariette, veuve de Pierre Gaudreau, d’un quartier de terre, moyennant 45 livres.
1726. Achat par l’Hôtel-Dieu d’un jardin et d’une pièce de pré, contenant 87 perches 1/2, à côté de la ruelle du moulin de l’Aumône.
1731. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur André Lucas, chirurgien, de 9 à 10 arpents de terre à Guerre.
1738. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Claude Leprince, procureur, moyennant 80 livres, de 125 perches de terre, champtier de la Grosse-Sente, terroir de Muzy.
4738. Achat par l’Hôtel- Dieu, sur le sieur Levacher, de Paris, d’une pièce de terre à Flonville.
1739. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur le sieur Saint-Denis, de 50 arpents de terre sur Dreux et Vernouillet.
1749. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Marguerite Jeuslin, de 87 perches 1/2 de pré proche le moulin de l’Aumône.
1759. Achat par l’Hôtel-Dieu, sur Jean-Joseph de Saint-Denis, seigneur de la Barre, moyennant 6,300 livres, de 50 arpents de terre au terroir de Dreux, champtiers de Flonville, des Longs- Réages et des Châteaux.
1760. Vente par l’Hôtel-Dieu d’une maison tombée en ruines, au village des Grès, près d’Abondant.
1808. Vente par l’hospice : 1“ au sieur Damars, des bâtiments de la ferme de Cherisj, moyennant 2,038 francs; 2“ des bâtiments de la ferme de Tréon, moyennant 3,000 francs ; 3® à Jean Boissard, d’une pièce de vigne à Dreux, près le Cabinot, contenant 87 ares.
1810. Décret autorisant l’hospice à vendre les bâtiments de la ferme de Mérangle.
1812 Rachat par l’hospice, moyennant 12,000 francs, de la maison de la Chasse Royale, sise à Dreux, Grande Rue, vis-àvis la halle (qui avait été vendue comme bien national).
1813. Annexion de la dite maison à l’hospice.
1815. Vente par l’hospice à Henri Aureau des bâtiments de la ferme du Colombier, moyennant 6,150 francs.
1821. Achat par l’hospice, sur Pierre-Jean-François Cointreau, épicier, et Claude-François Cullembourg, moyennant 8,500 fr., de deux appentis et d’une maison à Dreux, au fond du passage de la Berge, au bout des halles.
1830. Vente par l’hospice à plusieurs du jardin de la Bonde.
1830. Achat par l’hospice, sur Charles-René des Courtils de Merlemont, moyennant 6,000 francs, d’un jardin aux Embûches.
1831. Vente par l’hospice à la ville de Dreux de la maison cidevant de la Communauté, sise rue au Lait.
1836. Achat par l’hospice, sur Pierre Samson Renou, boulanger, moyennant 8,300 francs, d’une maison à Dreux, Grande- Rue.
1838. Echange entre la ville et l’hospice de la rue de Planque (1).
1839. Achat par l'hospice, sur Maurice Gauthier, tailleur d’habits, moyennant 5,000 francs, d’une maison à Dreux, nommée la Berge, au bout des halles.
1839. Cession par l’hospice à la ville de Dreux, pour le prolongement de la rue Illiers, de 6 mètres 500 mm. de jardin et abandon en échange par la ville de 4 ares 91 centiares de terrain sur la rive droite de la Biaise, en face l’hospice.
1839. Achat par l’hospice, sur Louis-Antoine Fourny, maître maçon, moyennant 7,700 francs, d’une maison rue Illiers et d’un petit jardin ruelle de la Berge.
1840. Construction d'un pont en fer pour établir une communication entre l’hospice et l’école de jeunes filles. Construction de cabanons.
1843. Achat par l’hospice : 1° sur J. -B. Laroue, tailleur d’habits, moyennant 5,100 francs, d’une maison rue Illiers ôu des Poulets; 2° sur les héritiers Peluche, moyennant 3,010 francs, d’une tourelle entre la porte de la rue Illiers et l’hospice (2).
(1) Cette rue (ou plutôt ruelle) longeait la rivière entre la rue Illiers^ et celle des Embûches. Ce nom lui avait été donné pour honorer la mémoire du général de Planque, né à Dreux au XVIII* siècle, dans la maison occupée actuellement par M. Papillon, notaire, et que l'on appela pendant longtemps la maison de Planque ; notre concitoyen fut tué à Saint-Domingue, vers la la fin de 1801, en combattant sous les ordres du général Leclerc contre le fameux Toussaint Louverture.
(2) Nous voyons dans les registres de la mairie que, le 24 décembre 1738, cette tourelle, « appartenant à la ville, située et tenante aux murailles d’icelle ville, entre la porte de la rue Illiers et l’hostel-Dieu », fut adjugée à la veuve Nicolas Leveau, à la charge par la dite dame « de payer à la dite ville annuellement et perpétuellement, entre les mains du s’’ receveur des octrois et deniers patrimoniaux, la somme de cinquante sols annuelle et perpétuelle, et d’entretenir lad. tourelle de touttes réparations, en outre de payer aux quatre sergents de ville et au concierge de cet hostel à chaqu un dix sols une fois payés, »
1845. Achat par l’hospice, sur les héritiers Bertrou, moyennant 8,000 francs, d’une maison rue Illiers.
1846. Achat par l’hospice, sur les héritiers Dageon, moyennant 8,000 francs, d’une portion de jardin rue des Embûches, pour établir un refuge de vieilles femmes.
1849. Achat par l’hospice, sur Paul Couillin, épicier, moyennant 6,000 francs, d’une remise planchéiée et d’un lavoir rue Illiers.
1857. Délibération de la commission de l’hospice pour échanger avec Jean Debu 2 ares 35 centiares de pré à Garnay contre 12 ares 38 centiares de terre à Mézières, champtier des Charbonnières (ce lot fut réuni en 1877 à celui de Mérangle).
1859. Achat par l’hospice, sur Pierre- Auguste Nicolle, commerçant, moyennant 4,000 francs, d’un jardin sis rue des Embûches.
1861. Achat par l'hospice, sur René Châtellier, ferblantier, moyennant 3,600 francs, d’un jardin sis rue des Embûches.
1862. Vente par l’hospice du moulin de l’Aumône (1), moyennant le prix de 29,700 francs, à M. Raphaël Frichot.
1866. Achat par l’hospice d’une maison et d’un jardin place du Marché aux Chevaux \2).
1874. Vente par l’hospice, à M. Alexandre-Honoré Marette, moyennant le prix de 4,000 francs, des bâtiments de la ferme de Boutry.
1880. Vente par l’hôpital d’un jardin potager, place du Marché aux Chevaux.
(1) Ea 1838, ua projet de reconstruction du moulin de l’Aumone et d’établissement de barrages sur la rivière, d’après un système nouveau, avait été soumis à la commission, mais l’exécution en avait été différée.
(2) Place du Vieux-Pré. Avant la Révolution, il y avait chaque semaine à Dreux un marché aux chevaux. « En 1736, il était payé par chaque achepteur trois sols pour chaque cheval et beste asine qui se vendaient les jours de marchez dans la ville, faubourgs et banlieue de Dreux, et autres jours. » La ferme de l’essai des chevaux appartenait à la ville et était mise en adjudication tous les ans. Avant cette époque, il y avait aussi à Dreux un marché aux bœufs, qui se tenait sur une place sise au haut de la rue d’Orisson. (Voir page 86).
1885. Vente par l’hôpital, à M. Laroque, cafetier, de 86 ares 20 centiares de terre, situés commune de Dreux, champtier du Cabinot, moyennant le prix de 8,200 francs, employé en un achat de rente sur l’Etat. Le plus ancien bail de ce lot remonte à 1594.
1890. Vente par l’hôpital à la ville de Paris, pour la canalisation des eaux de l’Avre, de 73 ares de terrain, moyennant le prix de 7,000 francs.
1897. Vente par l’hôpital d’un lot de terre situé à Garnay et contenant 44 ares 20 centiares, moyennant le prix de 1,700 francs.
Nota. — Nous devons ajouter que la ville de Dreux a acheté, en vue de l’augmentation ou de la reconstruction de l’hôpital, les immeubles Longueville, Touraille et de Saint-Blanquat (ancien ouvroir), situés rue des Embûches, mais que, jusqu’à la réalisation de ce projet, ceux-ci resteront la propriété de la commune ; dans le dernier cependant, acheté tout récemment, on a d’ores et déjà transféré le refuge des vieilles femmes, dont l’installation avait toujours été insuffisante et laissait beaucoup à désirer.