‹ Les hôpitaux de DreuxChapitre 6 sur 47 · LA MAISON-DIEU EN · texte numérisé non relu

LA MAISON-DIEU EN

Légende : A.— Jardin aboutissant à la ruelle des Soupirs actuellement rue du Bléras. H. — Bâtiments de la Maison-Dieu.

. Bue de la Foulcrie, actuellement rue de Châteaudun.

Rue de la Folie, actuellement rue Doguereau.

quittes de toute redevance accoutumée ; mais que les chevaliers susdits auront le droit de champart sur tout le reste du territoire. . . S’il arrivait pour quelque motif que lesdits frères fussent traduits en justice par les seigneurs dudit territoire, ils viendront sur leur citation comparaître à leur cour sur ledit territoire et ne seront pas tenus de comparaître ailleurs devant eux. Si, après y avoir étéjugés et traités selon la justice etla raison, ils sont convaincus de quelque délit, lesdits seigneurs ne pourront, quel que soit ce délit, exiger d’eux que douze deniers de monnaie de Dreux (1), sauf toutefois, en tout et surtout, les droits de justice criminelle desdits seigneurs. Quant au maire dudit territoire, outre l’arpent de terre qu'il possède et que ses seigneurs lui ont concédé, il prendra en tout pour son droit sur ce territoire deux setiers par an, un de bled et un d’avoine, dans la grange desdits frères, et ne pourra exiger d’eux rien de plus. Et, afin d’assurer davantage l’exécution de toutes les clauses susdites, lesdits frères et les seigneurs de la dite terre m’ont prié, moi comte Robert, d’en procurer la stricte observation, ce que j’ai accordé à la prière des uns et des autres, et leur ai promis de garantir et faire exécuter respectivement ces conventions selon mes pouvoirs et selon le droit et la raison, etc. »

« A cet acte ont assisté comme témoins : Morbier de Dreux ; Hosmont de Chaumond ; Philippe de la Pointe ; Pierre de Mézières ; Ansel, maréchal ; Guillaume, fils de Radulfe ; Primond de Bù ; Thomas, vendeur de la forêt ; Radulfe le roux de Bû; Thomas, clerc ; Baudouin, chambrier. Ce fut fait en ma présence à Fermaincourt, l’an de l’Incarnation 1186, au mois de mai. Donné par la main de Pierre, mon chapelain »

Après avoir fait lui-même de nombreuses donations à l’Hôtel- Dieu, Robert 111, comte de Dreux, voulut lui assurer la possession à perpétuité de tous les biens qu'il possédait dans l'étendue

(1) Louis VI battait monnaie à Dreux. Robert, son fils, continua à le faire ; il copia les deniers de Louis VII, son frère, et les parisis de Philippe Auguste, son neveu. Les comtes de Dreux, sous Saint-Louis (1226-1270), faisaient partie des 80 seigneurs qui avaient le droit de battre monnaie, mais en simple billon, car au Roi seul appartenait de frapper des espèces d’or et d argent .

de son comté ; à cet effet, il fit délivrer la charte suivante, datée de 1233, année de sa mort :

« A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Robert, comte de Dreux et de Braine et seigneur de Saint- Valéry, salut dans le véritable Sauveur. Que ceux de ce temps ainsi que ceux à venir sachent que moi, du consentement et de la volonté d’Aenor, mon épouse, et de mes enfants, en vue de la religion et pour le salut de mon âme et de celles de mes prédécesseurs, j’ai voulu et concédé, sauf le droit d’autrui, que les pauvres de la Maison-Dieu de Dieux possèdent tranquillement et paisiblement à titre de pure etperjtétuelle aumône tout ce qu’ils possédaient dans l’étendue de mon domaine au jour de la fête de Saint-Remi de l’année de l’Incarnation du Seigneur 1233. Et, pour que ce qui vient d’être accordé par moi aux dits pauvres miséricordieusement ne soit pas annulé par la fraude de quelque personne ou par laps de temps, j’ai jugé à propos, en témoignage et confirmation de cette chose, de faire munir les présentes lettres de mon sceau pour les fortifier. Fait l’an du Seigneur 1233, au mois d’octobre. »

Le lecteur trouvera plus loin le relevé de toutes les libéralités faites à l’Hôtel-Dieu depuis le XIP siècle jusqu’à nos jours ; il verra que, contrairement à ce que dit M. Lefèvre, « ees dons ne consistaient pas pour la plupart qu’en droits féodaux supprimés parla Révolution et dontles titres ont été brûlés à cette époque. »

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