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chanoines) ayant à remettre les lettres de fondation».
L'Assemblée insinuait donc perfidement que les hospices quimpérois étaient de « fondation royale, princes et ducs » : elle savait, en effet, que le Chapitre était incapable de prouver le contraire. « Nos premiers évêques, qui étaient aussi les souverains de leur ville épiscopale, bien souvent, en instituant des établissements hospitaliers ou autres, ne faisaient point dresser d’acte qui en rappelât l’origine. Dans ce temps de foi, leur prévoyance n’allait pas jusqu’à supposer qu’un jour on contesterait les propriétés de l'Eglise ». Faty, qui établit ainsi la défaillance du Chapitre devant le Parlement, remarque en outre, que, en supposant qu’un acte de fondation eût existé, il aurait bien diflicilement échappé aux troubles, aux incendies, aux pillages, tous malheurs qui accablèrent la ville pendant si longtemps.
La Cour rendit sa sentence le 5 octobre 1547 : « Par manière de provision, ordonne, attendu la mauvaise administration dont lui est apparu, tant par les dictes lettres que témoings, que le régime d’icelui hospital, estant ès fosbourgs de cette ville de . Kemper-Corentin, ser4 régi et gouverné par deux preud’hommes et gens de bien laiz (laïcs), lesquels seront esluz par les bourgeois de la ville de Kemper- Corentin, en commune assemblée, la cloche sonnant, à tel jour, par les vicaires du Révérendissime Cardinal... évêque de Cornouaille, le Chapitre de l’église Saint-Corentin, le Sénéchal de Cornouaille et le procureur du dict lieu avec les dicts citoyens demeu-
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rant, convoqués et assemblés. Et le jour par eux establi sera de troys ans en troys ans, à pareil jour gardé, pour faire la dicte assemblée de ville et citoyens d’icelle pour en eslire toujours deux aultres ».
L’évêque tentera bien encore de résister ; il jouira encore d’un reste d'autorité, puisque la présidence du bureau de l’hôpital lui demeure acquise. Mais cette autorité ira en s’amenuisant, s’effritant peu à peu sous les décrets (comme celui de 1550 « faisant défense au seigneur évêque... de prendre ni exercer sur la dîime du dict hospital aucun denier ») et sous les coups de ses adversaires le Sénéchal et les bourgeois.
Nous le verrons, lors de la reconstruction de l’hôpital en 1630, faire apposer ses armes sur la porte du cimetière ; geste doublement symbolique, car jamais plus il ne parviendra à faire rentrer l’hospice sous la juridiction ecclésiastique.
Le mode d'élection ordonné par la sentence de 1547 sera modifié en 1701 : le bureau des hôpitaux aura seul alors le droit de nommer les administrateurs.
Mais revenons à 1547. L'hôpital est donc désormais laïcisé ; à la place de l’ancien prieur trop bien installé dans son fromage, nous avons deux administrateurs choisis parmi les « gens de bien laiz » (en évinçant par définition la noblesse et le clergé pour éviter le retour des anciennes querelles) élus pour trois ans par les bourgeois réunis au son de la cloche, en présence du Sénéchal et du Chapitre.
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Chacun des nouveaux gestionnaires exerce sa fonction pendant un an et demi ; les trois ans écoulés, ils rendent compte de leur administration à leurs suc- ‘Cesseurs.
Ces administrateurs sont aussi appelés « gouverneurs », « hospitaliers » ou « pères des pauvres ».
Cette charge n’est plus la sinécure d’antan ! Ses détenteurs devaient souvent « assurer le service quelles que fussent les avances auxquelles les dépenses pouvaient les obliger, sauf à se faire payer plus tard... les sommes dont ils n’auraient pas été couverts par les recettes de l’établissement. Ces comptes n'étaient souvent fournis que plusieurs années plus tard ».
Cette manière de procéder entraînait une injuste responsabilité dont pâtissaient même les héritiers veuve ou enfants, tenus de rembourser, de gré ou de force, les « dettes » du défunt gouverneur : c'était souvent, pour ces malheureux, la ruine complète. Quelque-uns protesteront avec vigueur, sans résultat; d’autre exposeront, avec une amère ironie, que, étant désormais sans ressources, ils attendent de la municipalité qu'elle les héberge dans ce même établissement naguère dirigé par leur défunt ascendant...
Il faudra même, à certaines période, que la communauté de ville assigne de force les administrateurs élus ! C’était en effet un honneur assez redoutable pour que beaucoup proposassent d’en acheter l’exemption par quelque don important.
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Il faudra attendre le milieu du xvuif siècle pour voir se relâcher cette sévérité et assister à la démission pure et simple de tel administrateur qui répugne à encourir cette responsabilité.
L'assemblée administrative, appelée aussile «bureau des pauvres » (1), se réunissait souvent. Le bureaw se composait de dix directeurs, dont quatre portaient le titre de « directeurs-nés » ; c'étaient : l’évêque président, le Sénéchal son ennemi naturel, le Procureur etun chanoine désigné par le Chapitre ; les six autres: étaient des bourgeois élus par la ville ; enfin, ils s’adjoignaient un greffier.
À ces réunions, le Sénéchal représentait le Roï et nous le voyons un jour protester sèchement parce que le bureau s'était réuni sans lui : «... que, lors des réunions, on se conforme à ce qui y est prescrit, requérant qu’il plaise à Monseigneur l'évêque de faire exécuter le contenu des lettres patentes » régissant ces assemblées.
Il est curieux de noter que, depuis la moitié dw xvI® siècle, on se réfère continuellement aux lettres patentes du Roï : les diverses chroniques du temps laissent entendre que les Bretons en appelaient au Roi à tout propos et cherchaient à se couvrir de son autorité en toute occasion ! Peut-être voulaient-ils, toujours frondeurs, rappeler à Sa Majesté qu’elle leur devait une sollicitude toute spéciale en raison de
1. Il ne faut pas confondre ces bureaux régionaux avec le Grand Bureau des Pauvres, création de François Ier (1544) spécialisée dans les secours à domicile.