AD FACES
Et tandis que grandit l'ombre.
Par instants, une lueur Eclaire mon âme sombre D'un reflet intérieur.
Je revois toutes les choses, Les choses de mon passé, Auxquelles, au temps des roses, Mon cœur était fiancé.
Des rires pleins d'étincelles Jaillissent au mois de Mai D'entre les lèvres de celles Qui ne m'ont jamais aimé.
Je revois des profils vagues Sous des branches de jasmins, Et des mains qu'au bord des vagues Je tenais entre mes mains.
Chevelures toutes pleines De jeunesse et de soleil, Aurore des fronts, haleines Qui parfumiez mon sommeil ;
Chevelures vagabondes Que j'aimais parmi l'azur, Parce que vous étiez blondes Et que mon cœur était pur ;
O voix, douces voix câlines Qui me chantiez, chères voix, Des romances cristallines Sur les thèmes d'autrefois,
Las ! qu'êtes vous devenues ?
A quel vent déroulez vous, Chevelures ingénues, A quel vent, vos frissons roux ?
Et vous, voix des jeunes filles, Voix fraîches des fins gosiers, Où sont envolés les trilles De vos chants extasiés ?
Las ! Les roses mortes toutes, Roses de l'été défunt, Ont jonché les grandes routes De pétales sans parfum !