‹ Les Huguenots d'IssoudunChapitre 18 sur 43 · A BON CITAT BON RAT · texte numérisé non relu

A BON CITAT BON RAT

» Sur ce , que Dieu vous ait en sa sainte garde » et comptez sur votre tout dévoué.

» Sarzay. »

— Oui, mordieu, poursuivit le capitaine, signé Sarzay, de la main même de M. Charles de Barbançois, avec son grand sceau de cire rouge portant de saule à trois têtes de léopards. Voyez plutôt. »

Ce l'ut au tour des catholiques d'exprimer bruyamment leur joie, au tour des calvinistes de baisser la tête et de garder le silence ; car, après la certitude du triomphe, ils se voyaient replongés dans le doute. Maintenant les chances étaient égales, la partie dépendait de d'Yvoi ou de M. de Sarzay. Qui viendrait le premier ? Là était toute la question, question de vie ou de mort, il est vrai, bien laite pour donner à penser et rembrunir les idées.

Pourtant, après un premiermoment d'abattement, l'espérance, si prompte à renaître, leur revint au cœur. Ils pensèrent avec raison qu'il fallait se tenir prêts à toute éventualité et savoir profiter du coup de dé que le hasard jetterait pour eux. En conséquence, on les vit bientôt se former en un vaste conciliabule présidé par Robert Barbier, dit la Croix, et Ambroise le Balleur, dit la Planche, deux de leurs ministres qui, avec Gaspard Jugand, desservaient le culte à Issoudun.

De leur côLé, réconfortés par le message de M. de Barbançois, au moment où ils croyaient tout désespéré, les catholiques improvisèrent également un grand conseil sous la direction de leurs chefs, pour arrêter le plan de campagne et les mesures à prendre en cas de bonne ou mauvaise fortune.

Une trêve tacite en résulta, pendant laquelle une sorte de calme majestueux remplaça le tumulte. A voir ces émissaires courant dans toutes les directions, ces orateurs en plein vent, écoutés avec avidité, on se fût cru transporté à quelque scène de forum antique, n'eussent été les grotesques discours et les allures débraillées des tribuns et du populaire.

Cependant, les importantes nouvelles répandues sur la place étaient parvenues jusque dans l'auditoire, où elles avaient soulevé les mêmes passions, les mêmes craintes, les mêmes espérances. Mais, malgré leurs tendances opposées, malgré la ruine ou le triomphe qui devait résulter pour eux de cette alternative, les magistrats dos deux nuances furent bientôt convaincus qu'en attendant le moment décisif, il importait d'agir de concert pour l'honneur de leur caractère et le soin de leur propre sûreté.

Il fut donc convenu que, réservant leur liberté d'action et leurs convictions, tous mettraient leur influence en commun pour sortir de la position cri-

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