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CHAPITRE XII

Depuis le triomphe des catholiques, un mois à peine s'était écoulé et cependant il avait suffi pour épuiser sur la ville tous les fléaux de la guerre.

Dans ces jours néfastes où le vainqueur se vautre dans l'ivresse, où le vaincu vide jusqu'à la lie la coupe d'amertume et d'humiliation, c'est toujours la même page sanglante, qui déshonore chaque parti, fait monter la rougeur au front et salit les annales de l'histoire.

Au milieu de tant d'excès, il faut le dire à l'honneur de notre triste humanité, il y eut bien çà et là d'admirables dévouements. Certes, il serait doux de raconter ces actes sublimes par lesquels, non content de pardonner, le vainqueur s'associe au danger de son ennemi après l'avoir ardemment combattu. Mais, tels sont les périls d'une pareille vertu, qu*on s'en cache comme d'un crime, et que l'histoire n'en peut consacrer le consolant exemple, tandis que la violence reste gravée par-

tout en traits ineffaçables pour effrayer la postérité.

Pourtant, si désordonnées que soient les passions, si profondes que soient leurs racines dans le cœur humain, il vient un temps de lassitude où la vengeance s'émousse, où dompté par la fatigue, le bras oublie de frapper, la tête de haïr, où, de son côté, l'opprimé redresse le front, regarde à l'horizon et sent renaître l'espérance. La rage ou le désespoir ne peuvent être éternels ; le sang précipité par la fièvre ou suspendu par l'évanouissement doit, sous peine de mort, reprendre son cours.

Ce calme éphémère, ce sommeil maladif planait sur Issoudun, au grand contentement des gens de bien ; chacun commençait à respirer ou songeait à panser ses blessures. Depuis que le maréchal de Saint-André avait quitté la ville, M. de Sarzay relâchait la rigueur des lois exceptionnelles et employait son énergie à commander aux vainqueurs le respect clos vaincus.

Tel était le besoin de repos, qu'on s'endormait sans soucis des dangers passés et futurs, sans penser que la guerre civile parcourait les contrées voisines jusqu'à Sancerre et mugissait aux portes de Bourges. On oubliait que la capitale du Berri était encore au pouvoir des protestants, que le

Roi et la reine mère, suivis de l'armée clu Triumvirat ', s'avançaient en personne pour en réclamer l'entrée; que, d'un jour à l'autre, L'incendie allait de nouveau couvrir le pays et rallumer le flambeau des haines fratricides.

Proscrits, terrassés, éperdus, les calvinistes étaient encore dans cet état de prostration qui fait accepter comme un bienfait les courts instants de relâche envoyés par le ciel, et ne sentaient pas encore le démon de la vengeance secouer leurs entrailles.

C'est clans un de ces moments d'oubli, trop courts hélas ! où la haine sommeille, où le cœur s'ouvre à de trompeuses illusions, que nous rentrons dans la maison Jugand, dans cette maison mutilée par la discorde, si cruellement éprouvée par la colère céleste. Là au moins, la douleur et le repentir semblaient devoir être éternels, comme les irréparables ruines qui jonchaient le sol.

Frappé coup sur coup dans son intérêt, dans son orgueil, dans ses plus chers sentiments, M. de Lavarennes était replié sur lui-même ; l'humiliation avait courbé ce front empreint de noblesse et de courtoisie hautaine. On eût vainement cher-

1. On appelait Triumvirat le conseil alors tout puissant que formaient Le duc de Guise, le maréchal de Saint-André et le connétable de Montmorency.

ché clans son œil éteint l'âme vivace du chef de parti, du lier gentilhomme catholique.

Désormais, que valaient pour lui les biens de la terre, les joies pernicieuses de l'ambition, les honneurs tant désirés? Sa vénérable mère -était morte, son frère en fuite, sa fille, l'âme de son corps, s'en allait insensiblement vers la tombe et, pour comble de misère, lui avait retiré son affection.

En effet, affaissée sous le poids de tant de malheurs, portant au cœur une plaie secrète, incessamment ouverte, la pauvre Ursule était véi itablement cligne de pitié.

Pourtant, les sauvages ardeurs de la fièvre et de la folie s'étaient calmées devant les soins et l'affection de Louise ; son faible cerveau s'était rafraîchi sous le souffle de la raison, une santé factice était revenue ; mais, hélas ! son corps fragile semblait vivre de la vie du spectre, son esprit errait dans les rêveries d'un autre monde.

Depuis qu'elle avait pu quitter son lit de douleur, son seul bonheur était de parcourir la maison et le jardin, de demander à chaque meuble, à chaque plante un souvenir de cette existence passée, où les heures s'écoulaient si douces, au milieu d'êtres chéris, désormais perdus.

TROP COI l:'l i: JOl E. 209

Celait dans cette tonnelle qu'aux temps heureux de l'enfance on venait s'ébattre, sous l'œil attendri de l'aïeule ; c'était sur le bord de cette petite fontaine que Julien soignait avec amour ces fleurs des prés et des bois, dont l'ineffable simplicité était bien préférable aux orgueilleuses splendeurs des fleurs civilisées.

Tout parlait à son cœur, l'eau, le ciel et les arbres. Un nuage, un murmure, un parfum réveillaient une joie, une douleur.

La maison avait pareillement son langage ; les murs, les fenêtres, les tableaux racontaient ces naïves histoires de la jeunesse qu'on n'oublie jamais et qu'on ne retrouve pas. Pauvre sensilive froissée par le malheur, Ursule laissait à chaque coin un lambeau de son âme et de sa vie.

Bientôt, à bout de rêveries, lasse de retourner dans sa tête ses chimères impossibles, elle s'enfuyait clans sa petite chambre, éclatait en sanglots, se plongeait avec un sauvage plaisir dans l'immensité de sa douleur, jusqu'à ce que, réveillée par les douces paroles de Louise, la blonde espérance vînt de nouveau poindre à l'horizon.

Alors, redevenue crédule, elle écoutait avec avidité les consolations de son amie, se laissait

persuader que Julien et son père n'avaient pas trouvé la mort dans le combat, qu'ils étaient en sûreté, que leur absence et leur silence allaient cesser, et que bientôt la maison renaîtrait à la joie.

Et c'était une grâce divine quand le sommeil venait la surprendre au milieu de ces illusions et voiler jusqu'au lendemain les sombres images de la réalité.

Un matin, au moment où le réveil la rendait au sentiment de sa peine, elle fut tout étonnée de ne pas trouver à son chevet le doux regard et l'affectueux sourire de sa compagne.

t Inquiète, elle souleva les rideaux et aperçut, à l'autre bout de la chambre, Louise plongée dans ses réflexions, et contemplant avec étonnement une touffe de fleurs sauvages déposée sur le bord de la fenêtre :

« Que fais-tu donc là-bas, dit-elle, et ne veux-tu pas m'embrasser, ma mignonne?

— C'est étrange, murmura Louise, suivant le cours de ses idées.

— Oh! le joli bouquet, s'écria Ursule; c'est bien aimable à toi... Toujours quelque nouvelle bonté.

— Comment! ce n'est pas toi qui l'as déposé hier soir à cette place ?

— Tu veux plaisanter; ces fleurs sont toutes fraîches et toutes luisantes de rosée. Hélas ! je ne puis par malheur me lever assez matin pour te faire de pareilles surprises.

— C'est étrange, répéta Louise en frappant sur un timbre.

— Que veux-tu dire... et pourquoi appelles-tu?

— Solange, dit mademoiselle du Jon à la servante qui venait d'entrer, est-ce toi qui as apporté ces fleurs pendant notre sommeil ?

— Ma foi non, mes chères demoiselles, je dois le dire à ma honte, je n'en ai eu ni le temps ni la pensée... Où les ayez-vous donc trouvées?

— Là, sur le bord de cette fenêtre.

— Impossible !

— C'est pourtant comme cela.

— Personne n'aurait été assez osé pour le tenter... Voyez, le mur a plus de quinze pieds; il faudrait vouloir se casser le cou... A moins que ce ne soient des voleurs...

— Je ne crois pas, ma bonne ; les voleurs ne sont pas si galants et ont bien autre chose à faire.

— C'est peut-être quelque amoureux.

— Y songes-tu, interrompit la jeune fdle en rougissant?

— Dans le fait, le vent n'es! guère tourné à

l'amour dans le temps où nous sommes... Mais d'où cela peut-il venir. Votre fenêtre n'était pas ouverte ?

— ■ Non, certes.

— Évidemment le bouquet a été déposé en dehors ; qu'en pensez-vous, mademoiselle Ursule?

— Oui, qu'en penses-tu, fit Louise ? » Ursule rêvait et ne répondit pas...

« Si nous le demandions à monsieur Claude, reprit la servante, il nous dirait sans doute...

— Non, non, ce ne peut être lui ; il faut chercher par nous-mêmes, avant de l'inquiéter.

— Dans le fait, un homme d'âge comme lui n'aurait jamais eu cette idée.

— Sans nul doute... Tiens-toi donc bouche close, jusqu'à nouvel ordre.

— Ne craignez rien, je suis discrète.»

Quand Solange fut partie, Louise s'approcha du

lit d'Ursule, plongea son regard dans le sien ; puis, après une minute de silence :

a Eh bien !... dit-elle ?... »

Ursule prit la main de sa cousine, la plaça sur son cœur qui battait à rompre sa poitrine, et répondit :

« Me comprends-tu, maintenant ?

— Oui.

— Eh bien! qu'en dis-tu à ton tour?...

— C'est aussi ma pensée...

— C'est lai, n'est-ce pas?

— Je le crois.

— Mon Dieu, murmura mademoiselle de Lavarennes, s'agenouillant sur son lit, mon Dieu, ne me trompe pas dans cette dernière joie, si tu ne veux pas encore me tuer. »

Un éclair sinistre traversa l'œil de Louise ; l'affreux serpent de la jalousie se glissa dans son cœur; mais étouffant dans un baiser cette idée sauvage, elle reprit avec douceur :

« Ne te l'ai-je pas dit cent fois, le sort doit enfin pardonner et cesser de frapper.

— Que le Seigneur t'écoute ; mais, sa présence dans le pays n'est-elle pas un danger pour lui?

— Ah! voilà ta mauvaise tête qui court déjà à travers champs au-devant des inquiétudes. Ne peux-tu te réjouir un instant, sans effroi et sans amertume ?

— Je le voudrais ; mais hélas ! je ne puis oublier la réalité... Tu le sais, ils sont procrits, condamnés... La patrie leur est interdite, cette maison leur est fermée.

— Patience, patience. Tout s'arrangera. Chaque jour la tranquillité tend à renaître; M. de Sarzay se relâche de ses rigueurs, les dissentiments finiront par s'effacer.

^i'i LES HUGUENOTS D'iSSOUDUN.

— Heureuse fille, qui vois tout en beau, selon ton cœur et tes désirs. Je voudrais me livrer comme toi à l'entraînement de l'espérance; mais le malheur m'a rendue bien craintive

— Allons! de la joie, ne fût-ce que pour une minute! Bien: souris un peu, ma chère, enfant. C'est bon signe et très-rare...

— Il y a longtemps, en effet, que cela n'était arrivé... Dis-moi, si c'est vraiment lui, il ne peut manquer de revenir.

— .^ans doute.

— Alors, nous pourrons le voir, lui parler, l'avertir...

— Mais, comment faire si, comme la prudence le veut, il ne se hasarde que la nuit ?

— Il faudra veiller et le guetter.

— Y songes-tu ?.. veiller dans cet état!...

— Eh! pourrai-je fermer l'œil tant que l'incertitude me talonnera... D'ailleurs, crois-moi, cette veille me vaudra mieux que les rêves affreux qui d'ordinaire obsèdent mon sommeil.

— Non, c'est folie... Tu te reposeras; moi, je ferai sentinelle.

— Alors, tu m'avertiras au moindre signal.

— Oui, pourvu que tu sois raisonnable, pourvu que le bonheur te soit favorable et ne devienne pas un nouveau sujet d'alarmes.

— J'y ferai mon possible.

— En outre, pour remercier le sort qui nous protège, il faut sécher tes pleurs, être gaie, libre d'esprit, lionne pour tout le monde.

— Je serai un modèle de sagesse, de douceur et de gaîté.

— Tu le promets.

— J'en fais le serment par lui... pour lui...

— Allons, c'est convenu, h ce soir.

— A ce soir ! »

A l'heure de midi, quand les deux cousines descendirent pour le repas commun, M. de Lavarennes remarqua avec étonnement le visage calme et presque épanoui de sa fille.

Sur ses joues, d'ordinaire pâles et mates, courait une légère rougeur qui, pareille à ces flocons dorés précurseurs du solei , semblait presque annoncer le retour de la santé.

Dans son œil triste et cerné brillait une lueur inusitée ; ses lèvres laissaient échapper un craintif sourire dont elles avaient perdu l'habitude.

Ursule s'approcha de son père, lui tendit la main et lui présenta son front. L'âme du pauvre père s'ouvrit, une larme roula sur sa paupière, il ne comptait plus sur un pareil bonheur. Il croyail l'affection de sa fille à tout jamais perdue. Depuis longtemps elle évitait sa présence ou la

subissait impatiemment; contrainte de lui adresser la parole, elle ne répondait que par monosyllabes aigres et amers : chaque mot, chaque geste, chaque regard était un reproche.

Aujourd'hui elle venait d'elle-même, le sourire sur la bouche, lui offrant un front désarmé. Il ne pouvait en croire ses yeux. Aussi, après l'avoir tendrement embrassée :

« Bénie sois-tu, mon enfant, pour cet instant de bonheur que je ne croyais plus retrouver, dit-il.

— Dieu m'a éclairée, mon père ; sa colère se détourne de nous ; pardonnez-moi donc à votre tour.

— Hélas! si quelqu'un a besoin de pardon, ce n'est pas toi.

— Oublions tout cela, interrompit Louise, ou plutôt ne gardons mémoire du passé que pour y puiser une leçon profitable et conjurer de nouveaux désastres... Nous avons tant de malheurs à réparer...

— Oui, mettons en commun nos forces, nos espérances pour .calmer nos douleurs communes.

— Et nos larmes pour pleurer les morts... les morts et les absents, reprit Ursule à voix basse...

— C'est mon vœu le plus cher, répondit mélancoliquement M. du Lavarennes.

— Tenez, poursuivit Ursule lui prenant affectueusement les mains, puisque pour que la première fois nous abordons un pareil sujet, parlons-en tranquillement et à cœur ouvert.

— Que veux-tu dire ?

— Vous ne m'en voudrez pas, si je réveille des souvenirs pénibles; mais, vous l'avez dit vousmême, il faut oublier le mal, pour ne penser qu'au bien. Avez-vous des nouvelles de mon oncle Gaspard et de Julien?

— Hélas! non, mon enfant. Sachant l'intérêt que tu leur portes, je n'aurais manqué de t'en avertir.

— ■ Vous ne connaissez, vous ne présumez rien de leurs projets, de leur retraite?

— Absolument rien. Je n'ai plus entendu parler d'eux depuis le jour fatal...

— Sans doute ils ont échappé à leurs ennemis, sans doute ils sont en sûreté ?

— Je le crois. S'il leur fût arrivé malheur, j'en aurais eu connaissance.

— Seront-ils donc à tout jamais forcés de fuir leur patrie?

— Si lointain qu'il puisse être, j'espère qu'un jour viendra, où nos discordes s'éteindront, où il leur sera donné de rentrer dans leur pays.

— Et dans cette maison, comme autrefois, n'est-il pas vrai, mon père?

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• — Certes, répondit tristement M. de Lavarennes, ce n'est pas moi qui leur fermerai la porte; mais, après ce qui s'est passé, voudront-ils la franchir? Tu connais ton oncle; il garde comme une religion le souvenir des injures ; il ne pardonnera pas. Julien lui-même tient de son père un esprit altier, vindicatif.

— Le temps efface bien des haines. Le malheur qui a change nos âmes peut bien changer la leur.

— Ainsi soit-il ; malheureusement nous n'en sommes pas là.

— Y aurait-il danger pour eux à revenir aujourd'hui?

— Ce serait une imprudence immense, coupable... Désignés comme chefs du parti, ils seraient inévitablement saisis, jetés dans les cachots ; la nouvelle seule de leur présence suffirait pour soulever la ville.

— Sainte Vierge! s'écria Ursule en pâlissant...

— Qu'as-tu donc, mon enfant, qui peut t'effrayer ainsi? Rien ne dit qu'un pareil malheur doive arriver.

— Sans doute; mais je ne puis m'empêcher de frémir à l'idée seule du sort qu'on leur réserve. Julien, Julien, lui dans les fers...

— Du calme ; ne te crées pas de nouvelles chi-

mères, nous avons assez de la réalité. Tiens, voici maître Habert qui va te rassurer, te dire que, loin de s'aggraver, la position devient chaque jour meilleure et que la ville continue à être tranquille.

— Hélas! dit le poëte qui venait d'entrer, malgré tout mon désir de vous être agréable, je me vois forcé de vous démentir pour aujourd'hui du moins. C'est véritablement une fatalité...

— Que se passe-t-il, grand Dieu, et ne pourronsnous en sortir?

— Dame, Issoudun est encore en émoi. Dans les faubourgs, chacun est sur sa porte, contant et écoutant de méchantes nouvelles, dont je ne veux pas me faire le garant...

— Dites toujours, nous saurons démêler le vrai du faux...

— On prétend que, depuis quelques jours déjà, on remarquait une certaine fermentation parmi les gens de religion qu'on a tolérés ou laissé rentrer dans la ville; qu'à la tombée de la nuit on apercevait des figures suspectes, glissant de maison en maison et semblant donner un mot d'ordre...

— Sont-ils déjà las du répit qu'on leur accorde, et que veulent-ils avec leurs conspirations incessantes?

— On croit que la cause de cette excitation leur

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vient des nouvelles de Bourges, qui, vous le savez mieux que moi, ne veut se rendre ni à Dieu ni au Roi, et préfère rester au pouvoir du diable.

— Eh bien?...

— Eh bien ! il paraîtrait que les calvinistes, voulant tenter un grand coup, auraient envoyé des émissaires dans toutes les directions pour soulever le pays et embrouiller tellement les choses, que l'armée du Triumvirat ne sût plus auquel entendre.

— Les enragés païens!

— Si l'on en croit certains autres propos, d'Yvoi aurait jeté les yeux sur Issoudun pour s'y retirer, au cas où Bourges et Sancerre lui feraient défaut, et, dans cette prévision, exciterait chez nous les huguenots à la révolte.

— Oui, mais ils ne peuvent rien contre les forces supérieures de M. de Sarzay.

— On parle, et j'ose à peine le répéter, d'une affreuse conspiration qui aurait pour but d'introduire les conjurés dans la ville et de faire massacrer pendant la nuit les catholiques.

— Horreur ! s'écrièrent les jeunes filles.

— Ce sont contes de vieille femme, interrompit M. de Lavarennes, ou rêves de votre imagination de poêle, mon brave Habert.

— Possible... Mais ce que je tiens pour sûr et

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