CHAPITRE IV
LA MAISON JUGAND.
Il y a quelques années à peine, dans une des rues montantes qui avoisinent le vieux Château, on pouvait admirer encore un de ces rares échantillons d'architecture gothique, qui chaque jour disparaissent, pour faire place aux plâtreuses et informes constructions, où se reflète dans sa nudité le prosaïsme de notre époque.
C'était une de ces gracieuses maisons du moyen âge, pleines d'imprévu et de fantaisie, dont chaque pierre semble parler à l'œil et au cœur. Le temps et les hommes lui avaient été bien cruels ; car c'était pitié de la voir avec ses portes muettes, ses fenêtres éventrées, regardant d'un œil terne sur la rue, pleurant ses richesses mutilées, tandis qu'à ses côtés des constructions nouvelles, soigneusement blanchies d'une chaux insipide, étalaient impudemment leurs toits rouges et leur contrevents verts.
Pourtant, malgré les injures de l'âge, malgré le