B. COMPAING
Veu la présente requeste, nous ordonnons que, dans le jour après
la signification de la présente ordonnance, les consuls dud. Mas
d'Azil fairont assembler la communauté pour deslibérer sur les
fins et conclusions de lad. requeste, à peine de 100 livres
d'amende, etc.
Foucault.
Ordonnance signifiée, le 21 août 1677, à Antoine Soula, premier consul du Mas-d'Azil.
(Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux.)
2. — délibération du conseil de ville au sujet de l'établissement d'une École catholique.
L'an 1677 et le 22 du mois d'aoust, le conseil politique de la ville du Mas d'Azils ayant esté assemblé par l'ordre des s'"^ Soulla, Garant et..., consulz de lad, ville, dans la maison dud. Garant, lecture a esté faicte de la copie d'une ordonnance de M^'" l'Intendant, rendue sur la requeste du scindic du clergé de Rieux, pour l'establissement d'un régent dans lad. ville, laquelle leur fust hier intimée à la réquisition dud. scindic, laquelle ordonnance porte que pour tout le jour après la signification, les consuls assembleront la communauté pour délibérer des fons nécessaires pour le payement de 150 liv. pour les gages d'un régent qui sera nommé et approuvé par M^' l'évêque de Rieux, sur quoy lesd. s'"'^ consuls ont prié la compagnie de vouloir délibérer :
M. le recteur, opinant le premier, a esté d'avis qu'en obéissant à lad. ordonnance on imposeroit à la prochaine cotize la somme de 150 liv. pour le payement des gages d'un régent qu'il plaira à M^ de Rieux commettre pour l'instruction de la jeunesse du lieu.
attendeu que c'est l'usage de toutes les communautés qui portent seulement le nom de ville, d'avoir un régent payé, et payé aux despens d'icelles, qui tienne les petites escoles dans lesquelles on n'enseigne pas seullement à lire, escrire et l'arithmétique, mais encore le latin et les humanités ; que celle-ci est la seule du diocèse privée de ce secours ftiute duquel plusieurs personnes se trouvent hors d'estat de pousser leurs enfans dans les charges politiques, judicatures et emplois ecclésiastiques, qu'il n'y a pas dans le royaume de gages de régent plus modiques que de 50 escus portés par lad. ordonnance, que cet establissement estant conforme auxd. déclarations du Hoy et arrests du Conseil, estant déjà fait ou se faisant journellement dans toutes les villes demy parties de la généralité de Montauban, il ne laissait pas de se faire, quand mesme il y auroit quelque opposition de la part de ceux de la R. P. R., estant avantageux à toute la communauté et à eux mesme puisque leurs enfans y peuvent apprendre les humanités sans pouvoir estre induitz ny poussés à changer de religion, conformément aux arrêts et desclarations de Sa Majesté, lequel avis a esté suivy de François Gailhart, Grabriel Maury, Bernard Soulla, Estienne Bordeneuve, Pierre Masse et moy soubsigné secrétaire catholique.
Et le s' Pierre Dutilh, faisant profession de la R. P. R., en a formé un contraire qui est, qu'attendu la misère de la communauté, il ne fallait pas se charger d'un plus grand frais et que, enfin, il ne vouloit pas de régent; mais qu'on fit élever ses enfants à ses despens, lequel avis feust suivi des s*"^ Roques, Saint-Michel, Durieu, Derouch, Phile et Mousson, faisant aussi profession de la R. P. R., et ainsi il y a eu partage et n'a plus esté procédé sur ce subject.
Lesdits de la R. P. R. ont esté requis par moy de vouloir signer lad. délibération, ce qu'ils ont tous refusé et les catholiques ont dit ne savoir, non plus que le premier consul, à l'exception du s"" Gî-ailhart qui l'a signée avec led. s'" curé et moy, qui en ay tiré le présent extraict mot à mot, au Mas, ce 27*^ septembre 1677, à la réquisition du scindic du clergé.
Baktier, secrétaire.
(Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux.)