Éclaircissements demandés a l'évêque de Rieux
Curieuse demande d'éclaircissements relatifs au Mémoire. Elle vient, selon toute probabilité, du cardinal de Noailles et montre le cas que l'on faisait, à la cour, de l'opinion et de l'érudition de M. de Bertier.
L'on remercie très humblement du Mémoire, on en avoit desja entendu parler.
Les authorités qui y sont citées et les exemples qui y sont rapportés font bien sentir la profonde érudition de l'autheur ; mais, selon toutes les apparences, son avis sera extrêmement combattu.
On a desja beaucoup de pièces et de Mémoires qu'on a recueillis depuis longtemps sur cette matière, on supplie cependant de vouloir bien apprendre où l'on pourroit trouver l'escrit de Blondel, protestant, fait à l'occasion de la paix de Munster. On sçait bien qu'après les grands progrès que le roy de Suède avoit fait en Allemagne et le nombre des villes qu'il avoit prises, il prétendoit que la religion protestante y fût maintenue ; que l'Empereur et tous les princes catholiques demandoient que la religion catholique fut restablie par tout, et que ce fût par l'entremise des ambassadeurs du Roy que l'on convint à Munster d'un tempérament très avantageux à la religion catholique ; mais on n'a aucune connoissance de VEscrit de Blondel, non plus que des deux autres autheurs qui ne sont pas nommés et qui ont escrit depuis sur le mesme sujet, et l'on seroit très obligé, si cela n'estoit pas trop pénible, de faire envoyer un extrait des principales raisons qui ont esté alléguées par ces trois escrivains.
On anroit la môme grâce à demander à l'esgard des soixante-dix Constitutions depuis Constantin et des autres citations du mesme article, c'est-à-dire on demande seulement le mémoire de tous les endroits cités, afin de les vériffier dans les livres et de connoitre, en les vériffiant, les sujets et les occasions qui ont donné lieu à ces Constitutions.
Monsieur le chancelier a veu les mémoires de tous les intendans des provinces, et il doit voir les mémoires de messieurs les évesques. Quant à l'ouvrage en langue latine pour les pays estrangers, il peut estre d'un grand usage; mais il n'est pas encore temps d'en parler; il faut voir auparavant à quoy on se déterminera.
(Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux.)