‹ Les Huguenots dans le diocèse de Rieux;Chapitre 36 sur 49 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Lettre de l'archiprêtre du Carla a l'évêque de Rieux.

M. Surville, archiprêtre du Caria, entretient M. de Catellan des mariages contractés par les religionnaires de sa paroisse, et des mesures qu'il y aurait à prendre à leur égard.

Monseigneur. Le mesme jour que je receus la lettre que vous me fittes l'honneur de m'escrire et l'advis des advocats du clergé, je receus aussi une lettre de M. l'abbé de Broglie qui me marque que cet advis vous avait esté envoyé.

Le résultat de cet advis est qu'il n'y a rien à espérer du côté de la cour. Je n'ignore point qu'il est difficille de faire dissoudre des mariages bien ou mal célébrés, après plusieurs années de cohabitation, mesme ceux qui n'ont d'autre fondement que le contrat portant promesse de se marier, surtout lorsqu'il est né plusieurs enfants de ces sortes de mariages. Aussi ay-je laissé en repos les quatre prétendeus mariés, comme tant d'autres protestants de ma parroisse, assemblés sur la foy d'un simple contract, jusqu'à ce qu'il leur a pieu de me forcer à recognoistre, contre le témoignage de ma conscience, la validité de leurs prétendeus mariages et la légitimité de leurs enfants.

Je n'ay jamais creu, Monseigneur, que nos démarches auprès de nos seigneurs de l'assemblée généralle deussent opérer la séparation des prétendeux mariés, quoyque cella eut esté à souhaiter et juste dans le fonds ; mais leur estoit-il impossible d'obtenir du

moins ou un arrest du conseil, ou un ordre particulier en vertu duquel les registres de mon église auroient esté rétablis dans leur premier estât, sauf aux préteudeus mariés de faire valoir leurs prétendeus mariages ? S'ils venoient à estre attaqués à raison des effets civils, leur estoit-il impossible d'obtenir un ordre pour M. le procureur général, pour qu'il ne peut [pût] reffuser son ministère? Ces grâces ne me paroissoient point estre si considérables qu'elles deussent estre refïusées à un corps qui donne au Ro}'^ des preuves si fortes et si multipliées de zelle pour son service.

Quant à la voie indiquée par le conseil du clergé, vous sçavés mieux que moy. Monseigneur, ce qu'il y a [à] espérer et à craindre du costé du Parlement. A^ous cognoissez mille fois mieux que moy le caractère de monsieur le procureur général et la façon de penser de messieurs du Parlement. C'est donc à vous seul, Monseigneur, qu'il convient de statuer sur le parti qu'il y a à prendre. Peut-être seroit-il à propos de faire consulter par le sindic du clergé de vostre diocèze les plus fameux advocats du Parlement, M'' Lavaisse excepté, et de leur demander un advis solide, et cependant voir de tenter quelque chose du costé de M'"^ les agens généraux en leur escrivant dans le goût, à peu près, de cette lettre. Si Vostre Grandeur avoit à conférer avec moy sur ce sujet. Elle pourroit me le faire sçavoir et je me rendrois à Rieux tout de suite,

J'ay l'honneur d'estre avec un très profond respect. Monseigneur, etc.

Surville, archiprêtre.

Au Caria, ce 10 juillet 1760.

(Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux.)

17G7. — 10 ET 19 Novembre.

Plaintes du clergé de Haverdun contre les Huguenots

DE cette ville.

Les religionnaires de Saverdun sont accusés d'avoir reconstruit leur temple et d'avoir habilement dissimulé ce fait au marquis de Gudanes, lors de sa visite. Ils accomplissent ainsi illégalement les exercices de la R. P. R. — Plaintes spéciales contre M. Jean-François du Roux de Paulhiac, seigneur de Saverdun '.

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