‹ Les Huguenots dans le diocèse de Rieux;Chapitre 37 sur 49 · DÉFOsrnoN du curé de Saverdun · texte numérisé non relu

DÉFOsrnoN du curé de Saverdun

L'aa 1767 et le IC jour du mois de novembre, par moy Guilhaume Grendrau, bayle royal de la ville de Cintegabelle, résidant à Saverdun, soussigné, à la requête de M""*^ les maire, échevins, sindic et communauté de Saverdun, au diocèse de Rieux, où ils font leur domicile, en la personne et maison d'habitation du s'" Eugène Seré, sindic de ladite communauté, ay prié, sommé et requis, par le présent, W M." Jean Saint-Sevé, prêtre, curé dud. Saverdun, vicaire général forain de M^'' l'évêque de Kieux, de déclarer si ]\P^ Jean-François du Rous de Paulhiac, seigneur dud. Saverdun, professe la religion catholique, apostolique et romaine ; s'il l'a jamais professé ; s'il est issu de parens catholiques et s'il a fait élever sa famille dans lad. religion, et l'ay sommé encore de coucher sa réponse au bas du présent, autrement et [en cas de] refus, il luy est déclaré et protesté que les requérans se [devront] pourvoir où et devant qui il appartiendra pour le contraindre à donner lad. déclaration, et affin que led. s"" Saint-Sevé ne l'ignore luy ay baillé cette copie, parlant à luy même trouvé à son domicilie aud. Saverdun.

Lequel Jean Saint-Sevé, curé dud. Saverdun et vicaire général forain du présent diocèse, a répondu que puisqu'il se voit forcé de répondre à l'acte de sommation cy-dessus, il va le faire dans la vérité comme il le fairoit devant le tribunal de Dieu, et déclare et atteste que M'''' Jean-François du Roux de Paulhiac, seigneur de

' Voy. au sujet de ce seigneur V Histoire de la ville de Saverdun, p. 165 et suiv.

la présente ville de Saverdnn, n'a jamais fait dans sa paroisse, ni ailleurs qu'il sache, profession ni aucun exercice de religion catholique, apostolique et romaine; qu'il est issu de père et de mère protestants, qu'il a élevé sa fille unique dans la religion protestante, laquelle il vient de marier avec un protestant de la ville de Castres, cohabitans ensemble sans avoir épousé en face de l'Eglise, vivant à même pot et feu dans la maison dud. s'^ de Paulhiac, dont la femme est également protestante, tous lesquels sont attachés à cette religion de laquelle ils sont à Saverdun comme les protecteurs, et de tous les protestans dont le nombre est d'environ treize cens y compris hommes, femmes et enfans, ce qui les a rendus hardis et audacieux au point d'avoir fait construire un temple, en la forme des anciens, duquel ils dévoient faire l'ouverture et la dédicace le premier dimanche de septembre 1765; mais la descente de M"" de Gudanne, qui arriva le 27 du mois d'août précédent, pour en faire la vérification, ]iar ordre de la cour, empêcha cette opération.

Le bâtiment cependant existe toujours. Ils ont toujours continué les exercices dans l'ancien qu'ils avoient arrangé, de plusieurs maisons, assés près de celu)^ qu'ils avoient fait construire, où ils font toutes les fonctions publiquement, soit prêche, cène, baptêmes, mariages, et toutes autres de cette religion, tout ainsi que les anciens [)rotestans le faisoient avant la révocation de l'édit de Nantes.

Le s'" Sol. leur ministre actuellement, natif de cette ville, y est en pleine liberté et paroît dans toutes les compagnies. Le s'^' curé déclare que la religion protestante semble la dominante à Saverdun. Les catholiques n'osent dire mot et sont déclarés sous l'autorité du seigneur et de ses officiers. Le s'" curé a la douleur de voir le s"" miuistre Sol logé chez un de ses cousins germains, dans la même rue et vis-à-vis sa maison. Le sort des habitans catholiques de Saverdun est des plus déplorables de})uis que le s'' de Paulhiac en est devenu seigneur. Le Roy seul pourroit les affranchir de leur malheureux sort en les délivrant d'un pareil seigneur. Sa Majesté le pourroit faire avec justice, le domaine de Saverdun ayant été alliéné de la couronne par des tromperies et faussetés exposées à ses ministres : c'est eu recevant l'offre des habitans de

rembourcer à pure perte le montaut de la finance de la chétive somme de 7.300 livres pour laquelle le domaine de Saverdun fut alliéné, et par ce moyen ils rentreroient sous la domination de Sa Majesté.

Requis de signer sa réponse, a signé :

Saint-Sevé, curé, v. g.f. — G. G-endreau.

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