‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 119 sur 154 · France protestante , l. l, p. OS · texte numérisé non relu

France protestante , l. l, p. OS

les massarrours de la Sainl-lUirlhélemy n'onl pu aUciiidro. Ces boulevards du prolcslaulisuie vont icsislcr à outi-auec aux bourreaux des calvinistes. Le 3 janvier, La Chaire met le siège devant Sancerre. La ville est bloquée; les habitants ont résolu « de plutôt mourir de faim l'un après l'aulre et tenir bon jusqu'à demi-douzaine, que de se rendre aux adversaires». Ils savent que le roi a juré qu'il ferait que les uns seraient mangés par les autres. Ce qui serait arrivé infailliblement, si la providence du Roi des rois (dit Jean de Serres) n'eût envoyé, comme du bout du monde, de bons personnages, les ambassadeurs de Pologne, qui venaient chercher le duc d'Anjou et qui sommèrent la cour de tenir la parole que Montluc avait donnée en son nom , de mettre en liberté toutes les villes et personnes molestées en France pour le fait de la religion.

Qu'on lise à présent, avec toute l'attention qu'elle mérite, la pièce suivante relevée par M. Ilaag sur le manuscrit de la collection Dupuy, où elle se trouve conservée de la main même du professeur Béroald qui était au nombre des assiégés'.

« C'est le matin. Le tambour vient de battre et de réveiller ceux que leur tour avait appelés à prendre un peu de repos. Entrons dans un corps de garde. L'assemblée est debout, et le ministre ou l'un des chefs va prononcer, au milieu d'un profond recueillement, la prière suivante par laquelle ces intrépides chrétiens, réduits aux dernières des extrémités, s'humilient devant le Seigneur, sans la moindre plainte amère contre les bourreaux qui les ont contraints à se retrancher dans des lieux d'asile et à y défendre leur vie à tout prix.

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