‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 12 sur 154 · Bulletin du protestantisme ,i. I, p · texte numérisé non relu

Bulletin du protestantisme ,i. I, p

3. b'Aubigné, Histoire universelle. Amsterdam, l(j2fi, vol. 1, p. 7'»7.

Ai) r« PARTIE. — LA FOI DES HUGUENOTS.

par les hautes qualités morales de La Noue, il consentit à assister à une dispute entre un ministre de Montauban et un docte cordelier de Toulouse; elle porta principalement sur la transsubstantiation. De plus en plus ébranlé, il promit de fréquenter le culte protestant et, quelque temps après, se déclara huguenot après avoir mûrement examiné toutes choses.

L'histoire d'un colporteur du nom de Nicolas Ballon est particulièrement touchante; elle prouve entre mille autres l'intensité des convictions qui faisaient battre le cœur des huguenots. Dans son zèle pour la propagation des doctrines évangéliques, il faisait de fréquents voyages en France; on l'arrêta à Poitiers en 1556. Il fut condamné à mort, mais parvint à s'échapper et à regagner Genève. Le danger qu'il avait couru ne refroidit pas son zèle. II avait vu de bien près une mort terrible : il revint néanmoins en France et fut arrêté une seconde fois à Châlons-sur-Marne. «On eût pu, observe l'auteur du Martyrologe , Crespin, on eût pu l'accuser de témérité d'être rentré aux périls desquels Dieu l'avait retiré miraculeusement; mais il se défendait, disant que Dieu l'avait appelé à cette vocation.^ On le mena à Reims et de là à Paris, où il ne larda pas à être reconnu pour le colporteur qui, deux ans auparavant, avait été enlevé à ses gardiens. Son procès fut bientôt instruit. La grand'chambre le condamna à être mené aux Halles , un bâillon dans la bouche, pour y être étranglé, jeté dans un bûcher et réduit en cendres*.

Après ce colporteur, qui se sent la vocation de propager ses convictions, en affrontant un supplice dont la seule pensée fait frissonner, voici un baron, le baron de Rioux,

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