‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 13 sur 154 · France prolestanle , t. I, p · texte numérisé non relu

France prolestanle , t. I, p

dont les convictions, pendant quelque temps chancelantes, finirent par sortir triomphantes de répreuve. Il habitait la Saintonge et était arrivé insensiblement à partager la foi des réformés qui étaient venus chercher un refuge chez lui. Cependant, en 1550, à l'époque où Henri II faisait exécuter avec le plus île rigueur les édils contre les prolestants, les ennemis du baron parvinrent à obtenir prise de corps contre sa personne et la confiscation de ses biens. Ses parents, sa femme même le suppliaient de céder à l'orage. Que faire? Il se trouvait en proie à la plus grande perplexité, lorsque Ch. Léopard vint frapper à sa porte. * Aussitôt que le gentilhomme l'eut reconnu, il leva les mains au ciel et rendit grâces à Dieu de ce qu'il lui envoyait son serviteur dans la situation critique où il se trouvait. II conduisit Léopard dans un petit bois qui joignait sa maison, lui découvrit toute l'angoisse de son âme, et lui demanda ses conseils et ses directions.» (Crottel.) Léopard ne négligea rien pour raffermir sa foi chancelante , et il réussit si bien que l'épouse même du seigneur de Rioux fut gagnée à l'Evangile' ! A cette terrible époque de notre histoire, que de dialogues semblables, à l'ombre des bois, dont personne n'a gardé le souvenir ! Que d'âmes angoissées, comme celle du baron de Rioux, ont dû s'épancher dans le sein d'un ami avant de choisir résolument la voie du sacrifice!

Heureusement, mainte parole authentique est parvenue jusqu'à nous, propre à nous faire mesurer toute l'énergie des convictions de ces nobles champions de la foi au seizième siècle et surtout à nous faire connaître le secret ressort de leur vertu héroïque.

Jeanne d'Albret, dont le grand nom se retrouvera plus

Page 1