‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 125 sur 154 · I. Bulletin, t. XV, p. 17, article (le M. Bonnet · texte numérisé non relu

I. Bulletin, t. XV, p. 17, article (le M. Bonnet

homme des plus distingués. Un trait touchant servira à nielire en relief toute l'élévation de son caractère. Se souvenant (le sa [)auvreté première, il venait en aide aux pauvres écoliers; chaque année, quand il allait dans son pays natal, il s'informait avec sollicitude des enfants déshérités de la fortune qui montraient des dispositions pour l'étude, et il les élevait à ses frais. II chérissait tendrement son pays et sa famille, nous dit encore M. Waddington, sa mère surtout, qu'il visitait souvent avec de riches présents. Il n'oublia jamais les secours que lui avait autrefois donnés son oncle: il se chargea de son entretien sur ses vieux jours.

L'histoire des martyrs huguenots, si c'était le moment de la consulter, nous fournirait en nombre infini des exemples de la résignation avec laquelle nos pères surent accepter les plus cruelles épreuves. Nous y pourrions relever tout particulièrement ce trait curieux (jue nonseulement ces glorieux témoins de l'Église protestante surent se résigner eux-mêmes à leur sort, mais qu'encore, du fond de leurs prisons, ils ne se lassèrent pas d'exhorter leurs frères à les imiter et à les soutenir de leurs prières. Leur chair frémissait , mais leur cœur était joyeux. Crespin a publié une partie de ces lettres. L'une d'elles, semblable à beaucoup d'autres, se termine ainsi: « Mes frères, ceci est quasi écrit de larmes et de sueurs découlantes ; je vous prie que priions notre bon Père qu'il me fasse la grâce de persévérer jusqu'à la fin '. »

Nous avons fait connaître le doux et pieux Casaubon. Nous ne pouvons mieux faire, pour achever de peindre la résignation chrétienne de nos aïeux, que de nous permettre encore quelques emprunts au journal de ce modeste savant. Ils plairont à ceux d'entie nos lecteurs qui

Page 1