Bulletin, t. I, p. 4U
riIAP. IV. — LA RÉFORME, AFFAIRE DE CONSCIENCE. 85
la chapelle où il devait entendre la messe avant de marcher an bûcher. Pendant les derniers préparatifs de son supplice, il entonna le Psaume GXXX. Un cordelier l'interrompit et, se jetant à genoux devant lui, le supplia de se convertir; mais «plusieurs ipii étaient là à l'entour, crièrent contre le cordelier : Hypocrite! ce serait à toi à te convertir! s II acheva donc, sans nouvel empêchement, son psaume qui le soutint à l'heure de la mort, comme il l'avait consolé en prison. 11 y chantait, dit encore Crespin , psaumes aet chansons spiritvelles , et lui-même s'en était fait qiielquesunesT>, et le peuple s'assemblait autour de la prison pour l'écouter'.
Nous ne connaissons pas les chansons spirituelles deHerwin. Par contre, le temps en a respecté quelques-unes dont les auteurs sont inconnus, mais qui sont de véritables bijoux poétiques. J'en citerai quelques-unes. Celle-ci est de 1569*:
Jà le voile de la nuit Petit à petit s'efîace, El les astres donnent place Au beau soleil qui les suit.
Sus, mon cœur, prends ton déduit A chanter devant la face Du Seigneur qui, par sa grâce, Le temps gouverne et conduit.
Seigneur! qui de ce soleil
Fais le rayon non pareil
Sur bons et sur mauvais luire,
Illumine nos esprits Pour, en céleste pourpris.
Heureusement les conduire.