I. Vuy. Bullelin , t. VI, p
aisée et intelligente par le besoin de s'éclairer, par la faculté naissante d'examiner, par la répugnance qu'éprouvait la raison pour dos doctrines absurdes et contradictoires.
En 1583, Du Plessis-Mornay, dans un Eslat du roi de Navmre et de son parti en France, envoyé à Wnlsingham, raconte que, dix ans après la Saint-Barthéleniy, les buguenots dominaient presque sans rivaux dans la Navarre et le Béarn, dans le comté de Foix, dans tout le pays qui s'étend entre les frontières d'Espagne et la Dordogne'.
Dans le Dauphiné, ils avaient acquis une supériorité marquée. Le pays entre la Garonne et la Dordogne reconnaissait l'autorité du roi de Navarre, et l'Angoumois, la Saintonge, le Poitou, l'Aunis suivaient la bannière du prince de Gondé. Quoique désorganisé depuis la Saint-Barthélémy dans les provinces au nord de la Loire, le parti huguenot y comptait encore de nombreux et puissants adhérents.
Le duc d'Aumale, dont les sympathies sont pour r%lise de Rome bien plutôt que pour la Réforme , est obligé de convenir qu'en 1560 à peu près, le protestantisme faisait de rapides progrès et couvrait la France d'un réseau d'églises puissamment organisées. D'ardentes poursuites, continue-til, portaient à son comble l'irritation des sectaires-.
Brantôme affirme que, lors de la première prise d'armes, les huguenots étaient tellement forts et nombreux que, quand on demandait «quelles villes étaient pour les huguenots», on disait: «Mais demandez qui sont celles qui ne tiennent pour eux! S)
Du temps du colloque de Poissy, au dire de Marguerite