I. Mémoires, etc., collection roujoiilat , t. I, p
CllAP. IV. — LA RÉFORME, AFFAIRE DE CONSCIEiNCE. 93
Vrai est que près du roi avait autorité,
El toujours l'empêchait d'entendre vérité;
Mnis Dieu ne pouvant plus soulîrir sa fièi tî mine ,
L'a bien su atrapper , quand en cherchant recours
Aux bains pour sa santé, il accourcit le cours
De ses ans malheureux. C'est tout, passant, chemine.
Ces feuilles fugilives, ces [ictils livres liugueiiols tout pétris de verve gauloise lirenl énormément de mal à l'Église romaine. Elle leur fit une guerre acharnée. Ainsi, en 1548, il paraît un index des livres et chansons prohibés par un in(juisileur de la piovince de Toulouse. On y dénonce au monde catholique la chanson des dix commandements de Dieu, une chanson sur le premier psaume, une autre contre le Monde, d'autres encore dirigées contre les cérémonies de la messe, contre le pape, les cardinaux, la Sorbonne, le clergé séculier et régulier, poésies vigoureuses et touUi'une venue '. Le frère Vidal de Bécanis, de l'ordre des Prêcheurs, général inquisiteur de la damnée et mauvaise hérésie, pvead son ton le plus solennel pour prier les prêtres, curés, vicaires et clercs de se tenir en garde contre la littérature huguenote : «Nous vous mandons et commandons, sur peine d'excommuniement et de vingt-cinq marcs d'or au
roi » Décidément, il semble que l'on s'effrayât de la
propagande huguenote et que l'on voulût l'étouffer sous les étreintes de la peur. Les advei^saires des protestants, jusqu'en 1572 et 1685 et depuis 1525 et 1520, préférèrent les moyens oppressifs aux difficiles victoires de la controverse. Constamment ils se plurent à s'inspirer de l'arrêt du parlement de Paris (1526) rendu sur requête du procureur général, d'après l'avis de la faculté de théologie, par lequel arrêt les fidèles (et l'on considérait tout le monde comme