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CHAP. I.— JUGEMENTS d'eNSEMBLE. VM
Les marlyrs huguenots furent donc les martyrs du diable.
Bien. Voilà le secret de leur mort héroïque : c'est pour le diable qu'ils moururent.
Il est. d'ailleurs parfaitement juste de dire que jamais martyr ne prouva, i)ar sa mort, la vérité de la religion pour laquelle il donnait sa vie. Il n'y a pas de religion, pas une seule, qui n'ait eu ses martyrs.
Mais, demanderons-nous à Raemond, l'éclatante pureté de ces vies qui s'éteignirent sur les bûchers, l'oubliezvous?
Non, répond notre historien. Mais il faut distinguer les apparences de la réalité. Roussel, par exemple, considéré par l'extérieur, semblait être de bonne vie, parce que « sa meule de chiens et de lévriers était un grand nombre de pauvres, ses chevaux et son train, une troupe déjeunes enfants élevés aux lettres»; mais ce n'était qu'apparence V El ainsi de tous les réformés : leur vie paraissait être sainte; en réalité, elle ne l'était pas. La panthère! voilà leur image.
«La panthère est d'une si suave odeur et a la peau
embellie d'une si agréable diversité de pelages et variété de couleurs, qu'elle attire par là infiniment de petits animaux à soi >^ mais c'est pour les dévorer, car elle est la plus cruelle des bêtes.... Il en fut ainsi des hérétiques du seizième siècle. Ils commencèrent par mener une vie si douce, si simple et si innocente par apparence qu'on les eût dits non pas seulement sanctifiés, mais déifiés ; mais malheur à qui s'y fie! Sous «cette fausse montre, ils cachent leur vieille et noire malice, portant sous un visage d'albâtre