BullPlin, I. m. p. (iKS
154 ir PARTIE. — LA VIE DES HUGUENOTS.
rasse. v Comme elle était yi'andement adonnée aux devises, elle fit de sa main de grandes et belles tapisseries, entre lesquelles il y a une tente de douze ou quinze pièces excellentes qui s'appelle les Pn'so7ii> brisées, par lesquelles elle donnait à connaître qu'elle avait brisé les liens et secoué le joug de la captivité du pape. Au milieu de chaque pièce, il y a une histoire du Vieux Testament qui ressent la liberté: comme la délivrance de Suzanne, la sortie du peuple de la captivité d'Egypte, l'élargissement de Joseph, etc. Et à tous les coins, il y a des chaînes rompues, des menottes brisées, des estrapades et des gibets en pièces, et par-dessus en grosses lettres sont ces paroles de la IF aux Corinthiens : Où est l'esprit, là est la liberté*.»
Palissy, qui fut non-seulement un grand chrétien et un écrivain de génie , mais encore un artiste de premier ordre, laisse percer, dans toutes ses créations, un vif amour de la nature et cette ardente charité dont la Bible est la source la plus pure et la plus abondante. «Les rustiques figulines étaient ainsi appelées — telles sont les paroles de M. Cap, dans la notice qu'il a mise en tête de son édition des œuvres de Palissy — parce qu'elles représentaient des objets rustiques, des rochers, des grottes, des arbres, des animaux et quelquefois des personnages, le tout en relief ou en ronde-bosse
et recouvert d'un émail coloré Ses ouvrages de moyenne
et de petite dimension ornaient les appartements et figuraient sur les dressoirs , les buffets, les tables et les consoles. Ce sont des vases, des aiguières avec leurs bassins, des statuettes, des groupes pleins de grâce et de mouvement, des écritoircs, des flambeaux, des corbeilles, de grands et de petits plats sculptés, enfin des bassins rustiques chargés
t. France protestante, t. I, p. 50.