lOid., p
sait à Paris une entreprise contre ceux de la religion » ; il ne put croire à tant de noirceur. Le meurtre même de Coligny ne sufïît pas pour lui ouvrir les yeux. Le samedi, vigile de la Saint-Barthélémy, il passe la soirée à folâtrer avec le roi. Saisi peut-êfre d'un remords, Charles IX veut le retenir au Louvre. «Foucauld, lui dit-il, ne t'en va j)as, il est déjà tard, nous balivernerons le reste de la nuit. — Cela ne se peut, lui répond le comte, car il faut dormir et se coucher. — Tu coucheras, réplique le roi, avec mes valets de chambre. — Les pieds leur puent, objecte le comte; adieu mon petit maître.» Et il rentre dans son logis. A peine vient-if de s'endormir, raconte Crespin, qu'il est réveillé par six masques qui entrent dans sa chambre. Il croit que le roi en est, venant pour le «fouetter à jeu », selon son habitude ; il prie qu'on le traite doucement. On lui ouvre ses coffres, on les saccage; un des masques le tue'.
La mort si prompte de la reine de Navarre n'éveilla nul soupçon dans l'àme de Coligny. Les Rochelois lui écrivirent pour lui faire part de leurs alarmes. Il leur répondit: «Je vois, grâces à Dieu, le roi si bien disposé à l'entretenement de la paix entre ses sujets, que nous avons tous occasion de le louer». (7 août i572.) Quelle fin que celle de ce héros chrétien, tué misérablement pour s'être trop fié aux ennemis de sa foi ! Quand il eut l'index de la main droite fracassé, pendant que son fidèle serviteur Cornaton fondait en larmes auprès de lui : « Mes amis, dit-il, pourquoi pleurez-vous? Je m'estime bien heureux d'avoir été ainsi blessé pour le nom de Dieu...» Et, se tournant vers If ministre Merlin: «Prions le Seigneur, notre Dieu',