‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 78 sur 154 · I. h'rauri' profrsfftn/f , t. \\ , \) H · texte numérisé non relu

I. h'rauri' profrsfftn/f , t. \\ , \) H

ajouta-t-il , afin qu'il m'envoie le don de persévérance. » Fortifié par les pieuses exhortations du ministre, il éleva son âme à Dieu: «J'ai ma fiance en ta seule miséricorde, s'écria-t-il avec ferveur; en elle seule est appuyée toute mon espérance, soit que tu veuilles présentement que je meure ou que je vive encore... » Et se penchant à l'oreille d'un de ses serviteurs, il lui commanda de donner à Merlin cent écus pour les pauvres de l'église de Paris, ne se doutant pas que, sous peu, ils seraient trop heureux d'avoir la vie sauve. Et, un peu plus tard, en apprenant que son logis était forcé : « Il y a longtemps que je me suis disposé à mourir. Vous autres, sauvez-vous s'il est possible, car vous ne sauriez garantir ma vie. Je recommande mon âme à la miséricorde de Dieu*. » C'est ainsi que fut récompensé de sa loyauté cet homme loyal entre tous!

La nuit même où Goligny fut égorgé, un marchand de chevaux, témoin de cet horrible drame, traversa la Seine à la nage et courut au logis de La Force, dans la rue de Seine, pour l'avertir de ce qui se passait. Celui-ci se hâta de prévenir à son tour ses amis qui logeaient au faubourg Saint-Germain , et surtout son frère , le seigneur de Caumont. Quel parti prendre ? Caumont, persuadé que la mort de l'amiral «était advenue contre la volonté du roi», fut d'avis de « se ranger auprès de Sa Majesté » ; il ne pouvait croire à une trahison. Mais quand, arrivé sur le bord de la rivière, il s'aperçut qu'on avait retiré les bateaux de l'autre côté de l'eau, il comprit qu'il fallait songer à son salut. Pour ne point abandonner ses enfants, il retourna dans sa demeure, en fit fermer les portes et se retira dans sa chambre, « attendant patiemment ce qu'il plairait à Dieu de lui envoyer».

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