‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 79 sur 154 · France protestante , t. III, p. 397 et suiv · texte numérisé non relu

France protestante , t. III, p. 397 et suiv

Bientôt la maison lut envahie par des soldais que conduisait le capitaine Martin. Ils commencèrent par s'emparer de tout ce qui leur tomba sous la main, argent, vaisselle, meubles, habits. Puis, élevant la voix en blasphémant, ils crièrent qu'ils avaient l'ordre de tout tuer, sans épargner personne. Cependant La Force, ayant promis une rançon de deux mille éeus, le capitaine jura de le sauver avec ses deux fils, leur valet de chambre et leur page. Il leur recommanda de déchirer leurs mouchoirs qu'ils mirent en croix sur leurs chapeaux et de retrousser la manche du bras jusqu'à l'épaule, signe de ralliement des égorgeurs ; puis, il les conduisit dans son logis en les faisant passer devant le Louvre encombré de cadavres'.

Ici paraît, dans tout son éclat, la loyauté d^^aumont. Il s'empressa de faire demander à sa belle-sœur le prix de sa rançon. Elle lui répondit qu'elle ferait de son mieux pour trouver la somme voulue, et l'exhorta à se tenir sur ses gardes parce que le bruit s'était déjà répandu qu'il n'avait pas été mis à mort. Elle eut beau le prier avec instances de fuir; esclave de sa parole, il refusa de violer la promesse qu'il avait faite au capitaine Martin de ne pas quitter sa demeure avant d'avoir payé la somme exigée. Cela se passa en pleine Saint-Barthélémy ! Il serait difficile vraiment d'imaginer un contraste plus saisissant.

Ajoutons, d'après MM. Haag, quelques détails palpitants d'intérêt, relatifs aux enfants du comte. Le soir même du jour où il devait s'acquitter envers son libérateur, Coconas, à la tête d'une quarantaine de soldats, vint chercher La Force de la part du duc d'Anjou qui désirait, disait-il, lui parler. «Pétant arrivés au fond de la rue des Petits-Champs,

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