‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 88 sur 154 · Vauvilliers, t. 1, p · texte numérisé non relu

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connus; nous ne sortirons pas cependant de notre sujet, en en rappelant quckpies-uns. Le mari de Jeanne, ne voulant pas que celle-ci lui donnât une /illc pleureuse ou un garçon rechigné, lui fit promettre de chanter en accouchant. Jeanne tint parole. Aussitôt le roi de Navarre, transporté de joie, prend l'enfant dans le pan do sa robe et remettant à Jeanne une boîte précieuse qu'il lui avait promise : «Voilà, ma fille, qui est à toi», et, lui montrant l'enfant: «Mais voilà qui est à inoi. » Chargé de son précieux fardeau, il se retire dans sa chambre, le baise tendrement, prend une gousse d'ail et lui en frotte les lèvres, et, pour ne rien omettre de l'antique usage béarnais, lui présente du vin dans sa coupe d'or. A l'odeur du vin, l'enfant lève la tête; on lui en met dans la bouche (juelques gouttes qu'il avale sans faire aucune grimace. Le roi, ravi, le baise de nouveau: «Va, s'écrie-l-il, tu seras un vrai Béarnais M »

Bien élever son fils : telle fut désormais la grande affaire de la vie de Jeanne, la préoccupation qui l'emporta sur ses soucis domestiques et sur les soins du gouvernement.

Ouand il fut sorti des mains de sa huitième nourrice, elle le confia à la baronne de Miossens, Suzanne de Bourbon, femme vertueuse et éclairée à laquelle elle ordonna de rester confinée avec le prince dans la baronnie de Miossens, loin de la contagion des cours. Le château de Coarazze était presque aussi âpre que son nom. Écoutez Dargaud : «De toutes les façades, de la terrasse et des créneaux, on apercevait un pays très-pittoresque, mais barbare, accidenté de montagnes et de ravins, attristé de pauvres et rares cabanes, peuplé d'autant d'ours et de loups que de paysans, traversé par le cours bruyant des

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