‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 94 sur 154 · Mémoires d'Agr. d' Aiibigiié , p · texte numérisé non relu

Mémoires d'Agr. d' Aiibigiié , p

percer, comme un rayon de lumière, à travers les ombres (le la vengeance, le désir d'un père qui lient à faire concevoir à son enfant de vastes desseins!

Le président La Place, Tune des victimes de la Saintliarthélemy, qui «mourut comme un agneau», sachant qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre, exhorte sa ft'nnne à la patience, à la constance, à la soumission filiale envers l'Eternel. Il réunit parents et serviteuis, {)our célébrer le culte de famille, comme il avait coutume de faire chaque dimanche: c'était le dimanche, 24 août 1572. Il se prépare, avec les siens, à endurer tous les tourments, jusqu'au dernier supplice, plutôt que de rien faire contre l'honneur et contre la crainte de Dieu. On vient lui dire qu'il faut qu'il se rende au Louvre. Il sait ce que cela siliiiifie: on va l'assassiner! Se retournant, il voit que son (ils aîné, obéissant à la peur, a mis à son chapeau une croix blanche. « Otez vite, mon fds, lui dit-il, ôtez cette marquelà. La vraie croix que vous devez porter à présent, c'est l'aiïliction que Dieu nous envoie comme arrhes certaines de la vie éternelle.» Il part avec une « sorte d'allégresse»; à peine dans la rue, il tombe percé de coups'.

Briqueville, baron de Colombières, se trouvait chargé, en 1574, de la défense de Saint-Lô. Les assiégeants s'avisèrent de se servir de Montgornéry, leur prisonnier, pour l'engager à se rendre. Loin d'écouter les propositions de son ancien compagnon d'armes, Briqueville, «fort animeusenient et avec une extrême colère» , lui répondit: « Je ne puis assez m'étonner de votre faiblesse... Vous êtes indigne de commander à tant de braves gens, puisque, non content d'avoir commis une bassesse, vous voulez leur persuader

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