I. Mémoires de d' .Kulnijné , cdilion citoo , [>. 1 i
le voir a profiler en la connaissance de toutes choses bonnes», mais surtout en la crainte et l'amour de Dieu.
Que de raisons n'a-t-il pas d'aimer Dieu par-dessus tout! Que de bienfaits n'en a-t-il pas reçus! Dieu lui a donné « d'être né en son Eglise , ce qu'il a dénié à tant de nations et à tant de grands hommes ». Il l'a «séquestré du règne des ténèbres, de la tyrannie de l'Anti-Christ » , où croupissent encore la plupart des grands du siècle . . . Qu'il reconnaisse une telle grâce. Qu'il ne se laisse détourner du droit chemin nijpar les diverses fantaisies qui se présentent à la jeunesse, ni par les mauvais conseillers qui l'obséderont. Qu'il se souvienne de l'exemple de son père qu'elle l'adjure d'avoir toujours devant ses yeux. Qu'il ne l'oublie pas ellemême... «Je suis maladive, dit-elle, et ce m'est de quoi penser que Dieu ne me veuille laisser longtemps en ce monde;
vous garderez cet écrit en mémoire de moi Je croirai
que vous vous souviendrez de moi quand j'ouïrai dire, en quelque lieu que vous alliez, que vous servez Dieu et ensuivez votre père f ; sachant cela, j'entrerai contente au sépulcre, à quelque heure que Dieu m'appelle....
«Je vous recommande au reste vos sœurs; montrez, en les bien aimant, que vous aimez et aurez aimé votre mère. Pensez même, tout jeune que vous êtes. Dieu nous retirant d'ici, que vous leur devez être père, et je prie Dieu, mon fils, qu'il vous donne à tous de vivre en sa crainte et en vraie amitié l'un envers l'autre, et en cette assurance vous donne ma bénédiction, et le supplie de tout mon cœur qu'il la bénisse en Jésus-Christ son fils, et qu'il vous communique son Saint-Esprit. Écrit à Saumur, ce 25 avril 1595. « Votre très-affectionnée et bonne mère, «Charlotte Arbaleste'.»