‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 105 sur 163 · I. france protestante , l. Il , article Briqueville · texte numérisé non relu

I. france protestante , l. Il , article Briqueville

épreuve à laquelle on pût soumettre le cœur d'une mère. Un instant on crut qu'elle allait succomber, en voyant ses yeux se mouiller de larmes; mais bientôt: «J'aime bien mes enfants, dit-elle; mais pour eux ni pour autres je ne renierai la vérité, ni mon Dieu qui est leur père et qui pourvoira à leurs nécessités, auquel je les recommande.» Et elle rendit l'esprit à Dieu '.

La conscience ! cette conscience qui affirme qu'au-dessus des biens les plus précieux de la terre, il y a la fidélité à Dieu et à l'esprit de vérité, c'est elle qu'entendaient sans cesse nos pères du seizième siècle, c'est à elle qu'ils obéissaient. C'est à elle qu'ils voulaient que leurs enfants apprissent à obéir. Peuple héroïque !

En 4558, bon nombre de protestants de l'Ouest, remplis de terreur, se sauvèrent comme ils purent, à Sedan, à Genève, en Allemagne, en Angleterre, à Saint- Jean-d'Angely, à la Rochelle. « C'était chose misérable à voir, raconte un historien du seizième siècle, qu'une si triste dissipation des familles et exil de leur pays. Les plus zélés ne voulaient laisser leurs enfants derrière eux, faisant de la conscience de leurs enfants comme de la leur même, jugeant qu'ils en répondraient devant Dieu; cela fut cause que plusieurs (faute d'autre moyen) les emportaient à leur cou^ »

Le chevalier Bernard d'Arros, un des douze barons du Béarn, s'est assuré une place éminente dans l'histoire de cette principauté , tant par sa valeur que par son inviolable attachement à l'Évangile.

Il avait plus de quatre-vingts ans et était frappé de cécité. On lui annonce, en 1573, que Grammont vient, au nom du roi, pour rétablir le cathoHcisme dans le pays. Le peuple de

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