BuUetm, t. [I, p. 2!)l
Odet, fils de La Noue, fait prisonnier en 1584, ne recouvra la liberté qu'en 1591 , quelques jours seulement avant la mort de son père dont il ne put recevoir le dernier soupir. La piété le soutint pendant sa dure captivité. Il écrivit à son père : <( J'ai mon recours à prier Dieu, et puis à l'étude. . . Je ne changerais pas mon contentement avec celui d'un roi.-» Il ne tarda pas à montrer, au grand jour, combien sa piété était réelle. Le vieux guerrier avait contracté des dettes considérables , pour faire face (de Thou) aux dépenses de la guerre ; Odet de La Noue les acquitta toutes avec le temps, bien qu'il sût que sa bonne foi le réduirait, lui et les siens, à une grande gène, ad extremam inopiam, dit de Thou, et ruinerait la splendeur de son antique maison \
Les enfants de Coligny, François de Châtillon et son frère Dandelot, ayant appris que leur belle-mère était prisonnière , ne cessèrent de supplier les seigneurs de Berne d'intercéder pour sa libération auprès du duc de Savoie. Leur tendresse pour la veuve de leur père ne connut point de bornes. «Son affliction, disaient-ils, nous touche si vivement que nous avons prié M. Le Gresle, notre précepteur, de se transporter auprès de Vos Excellences, pour les supplier très-humblement, avec la présente, au nom de Dieu et par la commune charité chrétienne, de vouloir bien envoyer, aussitôt que possible, quelqu'un des vôtres à Son Altesse, pour la délivrance de cette pauvre dame, notre mère. Elle ne peut être molestée ni recherchée que pour le seul fait de la religion qu'elle a si fermement embrassée, que nous nous attendons à la voir souffrir tous les tourments, et même une mort cruelle et ignominieuse, plutôt que d'abjurer et de renier sa foi. » ,