‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 109 sur 163 · France protestante , t. VI, arliclo Odkt dl La i\oue · texte numérisé non relu

France protestante , t. VI, arliclo Odkt dl La i\oue

Louise de Coligny pria à son tour le conseil de la république de redoubler d'efforts en faveur de sa belle-mère. «Je vous supplie très-humblement, leur dit-elle, nobles et puissants et magnifiques seigneurs, de continuer votre bonté accoutumée envers la mémoire de feu M. l'amiral, fnon père, et envers ceux qui lui ont appartenu, et de vouloir bien, s'il vous plaît, écoutant la requête de M'"® l'amirale, prendre une cause si pitoyable en litiain.. . » Ces instances, on le sait, n'aboutirent point : la veuve de l'amiral mourut après une captivité de vingt-sept ans, pendant laquelle elle eut du moins la consolation de recevoir de nombreuses marques de l'affection que lui portaient les enfants de son mari.

Nous ajouterons, pour tout dire, que si des huguenots sacrifièrent leurs sentiments de père à leur fidélité chrétienne, d'autres aussi, obligés de choisir entre la fermeté de lem'S convictions et l'obéissance filiale, n'hésitèrent pas à suivre le commandement de leur Maître : Celui qui aime v son père ou sa mère plus que moi , n'est pas digne de moi. \ Héroïsme qui fera sourire les âmes flottantes, mais que les hommes à fortes convictions ne cesseront d'admirer. Michel Robillart, par exemple, d'une famille honorable d'Arras, après avoir fait ses études dans diverses universités de France, ayant puisé à Paris, à Orléans et à Poitiers, un zèle ardent pour l'Évangile, fut arrêté à Tournai, en 1546, et, après une longue détention, couronna sa courte vie par le martyre. Au témoignage de Crespin, il résista à toutes les embûches. Sa constance ne fut ébranlée ni par les menaces des juges, ni apar les lamentations et cris de sa mère, de ses frères, sœurs, parents et amis, venus exprès d'Arras à Tournai, pour le divertir et détourner d'où le Seigneur l'avait acheminé'».

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