‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 119 sur 163 · Ouvrage cité, t. I, p · texte numérisé non relu

Ouvrage cité, t. I, p

la guerre civile. Il a tout pesé, tout résolu d'avance; il est convaincu de la bonté de sa cause, ou aveuglé par l'ambition et la colère; cependant il ne peut étouffer la voix intérieure qui lui parle ; il a devant les yeux cette image de la patrie en pleurs que le poëte fait surgir en face de César au bord du Rubicon, et son cœur se remplit d'incertitude et de tristesse. Ces nobles mouvements agitaient l'âme généreuse de Condé. ..)) De Gondé, oui, et aussi celle de Goligny qui fut assassiné n'ayant dans le cœur que la gloire de l'État (Montesquieu), de Coligny pour le faire résister aux instances de ses frères, de sa femme, pour lui persuader que le moment était venu où il fallait opposer la force à la force; de Coligny enfin qui, dans son testament écrit en entier de sa main (1569), déclare solennellement qu'il a pris les armes, non par ambition, mais par le seul zèle de religion. « Je dis aussi devant Dieu que j'ai essayé par tous les moyens que j'ai pu de pacifier toutes choses le plus longuement que j'ai pu, ne craignant rien tant que les troubles et guerres civiles... Si j'ai pris les armes, ce n'a point été contre le \ roi, mais contre ceux qui tyranniquemenl ont contraint \ ceux de la religion réformée de les prendre, pour garantir LEURS VIES.» Cette déclaration il la fait, dit-il encore (et qui oserait lui donner un démenti?), parce que, ne sachant quand il plaira à Dieu de le rappeler, il veut laisser ce témoignage à la postérité « pour ne lui laisser point une note d'infamie qui soit d'infidélité ni de rébellion* ».

Son frère Dandelot ne gémit pas moins que lui de ne point pouvoir accorder son patriotisme et sa religion. On verra, par la lettre suivante, qu'en s'armant, il n'obéit pas à une humeur turbulente, mais aux suggestions de sa conscience chrétienne. Elle est datée de 1568. Grâce à la sa-

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