‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 120 sur 163 · Testament de Coligny. Bidletin, t. I, p. 2(i0 et suiv · texte numérisé non relu

Testament de Coligny. Bidletin, t. I, p. 2(i0 et suiv

gesse de Illôpilal , la France commençait à sortir des horreurs d'une lutte fratricide. Mais la paix de Longjumeaii n'était, dans la pensée de la cour, qu'une trêve destinée à désarmer les huguenots pour les accabler plus sûrement. Les chaires, dit le Père Anquetil, dans son Esprit de la Ligue, retentissaient d'invectives contre les sectaires, de réflexions séditieuses sur la paix, d'exhortations à la rompre. On avançait hardiment cette maxime abominable qu'il ne faut pas garder la foi aux hérétiques, et que c'est une action juste, pieuse, utile pour le salut, de les massacrer.

Fanati.'iée par ces prédications, la populace se ruait partout sur les réformés et préludait, par des massacres partiels, à l'extermination générale de l'hérésie. Goligny luimême' se voyait menacé du poignard des assassins, et adressait au roi de sévères remontrances, auxquelles la cour répondait par un ordre d'arrestation.

La troisième guerre civile commença.

C'est alors que Dandelot, qui n'en vit pas la fin, écrivit son éloquente supplique à Catherine de Médicis.

Il ne peut s'empêcher de lui parler une fois de plus du « misérable et calamiteux état » du royaume, d'injustices à « faire dresser les cheveux sur la tête » de tous ceux qui en entendent parler.

Puis, il continue en ces termes : « On ne peut douter que Dieu ne laissera point impuni tant de sang innocent épandu f|ui continue à crier vengeance devant lui, comme aussi sont tant de forcements de femmes et de filles, rançonnements, oppressions et concussions, et, pour tout dire en un mot, toutes sortes d'iniquités. Mais, outre cela, l'on ne peut attendre qu'une bien prochaine désolation et ruine de cet Etat; car, quiconque aura lu aux histoires saintes ou

Page 1