‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 131 sur 163 · France protestante , t. i, p. 1G5 à · texte numérisé non relu

France protestante , t. i, p. 1G5 à

« Quoique je ne doute pas (y lisons-nous) que la mort de mon frère Dandelot ne vous ait causé une grande affliction, j'ai pensé toutefois de vous rappeler combien vous êtes heureux d'être fils ou neveux d'un si grand personnage. J'ose assurer qu'il a été un très-fidèle serviteur de Dieu et un très-excellent et célèbre capitaine. La mémoire et l'exemple de ses vertus doivent être constamment devant vos yeux, afin de les imiter autant qu'il vous sera possible... Certes, je n'ai point connu d'homme plus équitable, ni plus pieux et dévoué à Dieu. Je n'ignore pas qu'il ne me serait pas bienséant de publier ses louanges aux étrangers; mais je vous les présente plus librement pour vous inciter et vous aiguillonner à l'émulation de si grandes vertus, que je me propose moi-même pour exemple. En effet, je supplie très-humblement Dieu et notre Seigneur que je puisse quitter cette vie aussi pieusement et heureusement que je l'ai vu mourir.

«J'ai un si vif chagrin de l'avoir perdu, que je vous demande, pour tempérer ma douleur, de faire en sorte que je puisse voir revivre et briller en vous ses vertus. A cet effet, je vous prie de vous adonner de toiit votre cœur à la piété et à la religion , et d'employer, pendant que vous êtes dans l'âge favorable, votre temps à l'étude des saintes lettres

qui vous mettront dans le chemin de la vertu Sur toutes

choses, honorez votre maître et lui obéissez comme à moimême; car je m'assure qu'il ne vous enseignera ni conseillera rien qui ne soit pour votre honneur et pour votre profit. «Au reste, si vous m'aimez, ou plutôt, si vous vous aimez vous-mêmes , tâchez que je reçoive toujours d'agréables nouvelles de vous, et efforcez-vous de croître autant en piété et en vertu qu'en âge et en stature'.»

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