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faisant les plus belles prières à Dieu et admonitions à tous qu'il eût jamais faites, se leva du lit, et puis, s'y étant remis, passa de ce siècle en celui des bienheureux, sans aucune apparence de regret, de peine ni de douleur'».
Nous n'avons que peu de détails sur la mort de Palissy, mais assez pour savoir que , si les dernières années de cet éminent chrétien furent assombries par la détention, la sérénité ne cessa point, pour cela, d'habiter dans son cœur. 11 mourut, en 1590, dans les cachots de la Bastille, fort à propos pour épargner un crime de plus au catholicisme (Haag).
Henri III, selon le récit de d'Aubigné, le visita et lui dit : « Mon bon homme, si vous ne vous accommodez pour le fait de la religion, je suis contraint de vous laisser entre les mains de mes ennemis. » Palissy répondit qu'il était prêt à donner sa vie pour la gloire de Dieu, et qu'il savait mourir. Et encore que le roi ni tous les siens ne sauraient contraindre « un potier à fléchir les genoux devant les statues». Le noble vieillard tint bon. Il mourut, selon Lesloile, de misère, nécessité et mauvais traitement, et avec lui trois pauvres femmes, prisonnières pour la même cause de religion, «que la faim et la vermine étranglèrent». Une tante de Pahssy étant venue le voir, Bussi (un des seize) lui dit que, si elle le voulait voir, elle le trouverait avec ses chiens sur le rempart où il l'avait fait traîner comme un chien qu'il était.
Presque en même temps, un autre vieillard s'éteignait après avoir consacré sa longue et pure vie à la défense de ses convictions de huguenot, le brave, l'excellent La Noue. Le court récit de sa mort, fait par Montmartin entre les
France protestœitc , f. Il, article Bèze.
bras duquel il rendit le dernier soupir (1591), est l'un des plus émouvants que nous connaissions. « Il commença à prier Dieu ardemment, et avec les yeux élevés au ciel, sanglots et soupirs, attirait la miséricorde de Dieu. La parole et la connaissance lui continuèrent jusques un bon quart d'heure devant sa mort, bien qu'il y eût peine à l'entendre, et peu devant mourir pleura, et avec le doigt proche du petit essuyait ses larmes, et du reste de la main les couvrait. Alors lui commencèrent les convulsions, et les agonies de la mort le pressèrent, et ledit sieur de Montmartin lui dit en lui tenant la main: Souvenez-vous, Monsieur, du passage de Job qui dit : je sais que mon Rédempteur vit et qu'il se tiendra le dernier sur la terre, et que mes os et ma chair verront mon Dieu en sa face. Et en le pinçant sur la main , lui dit : Monsieur, vos os et votre chair le verront, ne le croyez-vous pas? Alors il leva la main au ciel et la tint longtemps en l'air, allongeant le maître-doigt , et nous regardant du même œil qu'il nous menait à la guerre et aussitôt rendit l'esprit'. » Ce vieux guerrier pleurant et sanglotant, non de peur, — il ne la connaissait pas, — mais d'émotion d'avoir à quitter ses amis et à paraître devant son Dieu; puis, quand la parole lui fait défaut, levant la main au ciel et la tenant longtemps en l'air pour attester, par ce geste suprême, sa foi en l'immortalité: nous rie connaissons point de scène plus digne d'être reproduite par quelque grand artiste ni plus propre à faire paraître, dans tout leur éclat, les sentiments avec lesquels mouraient nos ancêtres calvinistes.
Mais il y a la mort naturelle et il y a le martyre.
0 glorieux martyrs de l'Église protestante, vous tous qui